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Aujourd'hui l'histoire, ICI Première.
Aujourd'hui l'histoire, ICI Première.
Lise Payette, la femme-orchestre des médias québécois

La vie médiatique de Lise Payette, avec André Lavoie

Lise Payette, la femme-orchestre des médias québécois

Publié le 27 février 2020
Lise Payette.
Lise Payette dans les années 1980PHOTO : Radio-Canada

Animer, interviewer, commenter, produire, faire des chroniques... Avant et après sa carrière politique, la grande féministe a fait tout cela et bien plus, tant à la radio qu'à la télévision ou dans les journaux, marquant les esprits avec l'émission de variétés Appelez-moi Lise, le concours du plus bel homme au Canada et le téléroman Des dames de cœur. André Lavoie, critique de cinéma, explique à Jacques Beauchamp que, quoi qu'elle faisait, Lise Payette savait créer la rencontre et mettre en valeur les femmes.

Louise Rémy, Andrée Boucher, Michel Rossignol, Lise Payette Sylvie Payette et Luce Guilbeault.

Lise Payette entourée de la distribution des Des dames de cœur en 1986

Radio-Canada / André Le Coz

Lise Payette naît Lise Ouimet en 1931 dans le quartier Saint-Henri de Montréal. Sa mère et sa grand-mère l’incitent à faire des études, mais son père, relativement absent et d’avis que les femmes n’ont pas besoin d’une longue éducation, interrompt son cours classique.

Apprendre sur le terrain

Son mariage au journaliste André Payette luit permet d’élargir ses horizons. À ses côtés durant ses affectations dans différentes villes, elle s’implique dans des stations de radio et des syndicats, et apprend le métier de journaliste.

En 1958, André Payette devient correspondant à Paris et Lise Payette y fait ses premiers pas comme animatrice à la barre d’Interdit aux hommes. Elle y reçoit les plus grandes figures culturelles de l’époque et y développe ses talents d’intervieweuse.

De retour à Montréal, elle anime Place aux femmes à la radio de Radio-Canada. L’émission est diffusée devant public et lui donne l’occasion de déployer son sens de l’improvisation et de la performance.

La reine des ondes

De 1972 à 1975, c’est le tour d’Appelez-moi Lise, son plus grand succès télévisuel. La quotidienne est diffusée à 23 h, mais est quand même regardée chaque soir par environ 1 million de personnes. Outre la diversité de ses invités, l’émission attire les téléspectateurs en raison des coups d’éclat de son animatrice, qui n’hésite pas à jouer la gardienne de buts pour le Canadien ou à mettre au jour une statue de Maurice Duplessis cachée au parlement.

Le concours du plus bel homme du Canada, qu’elle tient en ondes chaque année depuis Place aux femmes, est l’une de ses réalisations les plus connues.

Lise Payette, micro à la main dans un studio.

Lise Payette en 1966

Radio-Canada / André Le Coz

« Elle faisait du militantisme féministe joyeux et ironique. C’était ça, au fond, le gala du plus bel homme. C’était aussi une façon de dire aux hommes : "Écoutez, vous ne cessez d’objectiver le corps des femmes, alors, nous, on va faire la même chose." […] Les hommes en nomination étaient terrorisés à l’idée de se pointer dans ce gala, et les conjointes des personnes en nomination étaient furieuses contre Lise Payette. »

—  André Lavoie
Lise Payette en habit de hockey du Canadien, devant un filet sur la patinoire du Forum de Montréal.

Lise Payette habillé en gardien de but du Canadien pour Appelez-moi Lise, en 1973

Radio-Canada / Toto Gingras

À l’écran autrement

Avant de faire son entrée en politique dans le premier gouvernement de René Lévesque, elle anime également Lise libre. Après cette parenthèse dans sa carrière, elle désire retrouver le public, mais sent qu’elle ne peut plus le faire comme animatrice. C’est alors qu’elle se tourne vers l’écriture de téléromans comme La bonne aventure et Des dames de cœur.

Dans les années 1990, elle fonde la compagnie de production Point de mire, qui se spécialise dans le documentaire. Elle termine sa carrière à l’écrit avec des chroniques dans Le Journal de Montréal, puis au Devoir.

Pour une autodidacte, Lise Payette a eu une carrière étonnamment fructueuse, selon André Lavoie. En dépit de quelques controverses, le bilan de cette dernière est remarquable.