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Aujourd'hui l'histoire, ICI Première.
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La vie et l'oeuvre de Mercedes Sosa, avec M.-C. Blais

La vie et l'oeuvre de Mercedes Sosa, avec M.-C.Blais

Mercedes Sosa, la grande voix dissidente d’Amérique latine

Publié le 4 octobre 2019
Mercedes Sosa chantant sur scène, le regard et la main tendus vers le ciel.
Mercedes Sosa sur scène en 2000PHOTO : AFP/Getty Images / YURI CORTEZ

En actualisant le répertoire argentin et en mettant en musique les mots des grands auteurs sud-américains, la chanteuse s'est levée contre les dictatures et a donné une voix aux pauvres, aux fermiers, aux jeunes et aux travailleurs hispanophones. Marie-Christine Blais, journaliste culturelle, raconte à Jacques Beauchamp comment, malgré un exil forcé, la voix unique de cette grande dame s'est élevée au-dessus du bruit des armes.

Photo en noir et blanc de Mercedes Sosa dans les années 1960.

Mercedes Sosa dans les années 1960

Annemarie Heinrich

À l’adolescence, elle se fait découvrir grâce à un concours organisé par une station de radio. Ses débuts sur disque, avec l’album La voz de la zafra (1962), s’inscrivent dans le mouvement de la nueva canción (nouvelle chanson), qui consiste en un mélange de folklore argentin et de musique populaire.

L’artiste s’impose grâce à sa voix grave. Elle est aussi très proche de ses racines aymaras, un peuple autochtone du nord de l’Argentine vivant aux frontières du Chili et de la Bolivie. Selon Marie-Christine Blais, une telle appartenance était mal vue.

Plus tard, on la surnommera La negra (la noire), à cause de sa chevelure et de sa peau sombres.

« C’est important dans son histoire. Elle est près de la cordillère des Andes. C’est là où elle est née, c’est là que l’indépendance [de l’Argentine] est prononcée. On est vraiment dans les montagnes, le monde rural. C’est ce qui la fait et la façonne. »

—  Marie-Christine Blais

La puissance dans les mots d’autrui

Son deuxième album, Canciones con fundamento (1965), cimente sa notoriété, mais c’est dans les années 1970, lorsqu’elle se met à chanter les textes de poètes et d’auteurs comme Pablo Neruda, qu’elle entre dans la légende.

En 1971, elle chante Gracias a la vida, de feu Violeta Parra, qui deviendra le morceau le plus connu de son répertoire.

« Violeta Parra l’écrit en 1964, 1965; l’année suivante, elle se suicide. Sa chanson [dit] : "Adieu la vie, mais merci pour tout ce que j’ai reçu." Quand Mercedes Sosa la reprend, c’est : "L’avenir est à nous, merci à la vie de nous permettre d’être encore là, et nous allons continuer." Elle redonne espoir aux gens. »

—  Marie-Christine Blais

Le prix de la contestation

À l’époque, la chanson est un véhicule efficace pour la dissidence politique, si bien que le chanteur chilien Victor Jara est assassiné sous le régime Pinochet.

Mercedes Sosa passe près de connaître un destin semblable en 1979, lorsqu’elle est arrêtée en plein concert, en même temps qu’une partie de ses spectateurs. Grâce aux pressions internationales, elle est libérée, mais contrainte à l’exil.

Mercedes Sosa sur scène avec Shakira, en 2008.

Au cours de sa carrière, Mercedes Sosa a chanté avec Shakira, Pavarotti, Sting et Francis Cabrel, entre autres.

AFP/Getty Images / JUAN MABROMATA

Elle vit à Paris, puis à Madrid jusqu’en 1982. Elle clame alors n’avoir eu de permission à demander à personne pour revenir, mais selon Marie-Christine Blais, cela a pu être entendu avec le régime comme preuve d’ouverture.

À la mort de Mercedes Sosa, en 2009, l’Argentine observe trois jours de deuil national.