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Aujourd'hui l'histoire, ICI Première.
Aujourd'hui l'histoire, ICI Première.
La fusillade à l'Assemblée nationale en 1984, avec R. Thibault

La fusillade à l'Assemblée nationale en 1984, avec R.Thibault

La fusillade à l’Assemblée nationale du Québec, en 1984

Publié le 20 mars 2019
Habillé d'un uniforme militaire, Denis Lortie s'est assis sur le siège habituellement occupé par le président de l'Assemblée nationale.
Habillé d'un uniforme militaire, Denis Lortie s'est assis sur le siège habituellement occupé par le président de l'Assemblée nationale.PHOTO : Radio-Canada

Le 8 mai 1984, le caporal Denis Lortie est entré, lourdement armé, dans l'hôtel du Parlement à Québec. Il voulait tuer le premier ministre René Lévesque et ses députés péquistes. Heureusement, les députés ne siégeaient pas ce matin-là. Un carnage a été évité, mais la fusillade meurtrière a tout de même fait des victimes, soit 3 morts et 13 blessés. Richard Thibault, l'auteur de l'ouvrage Comment gérer la prochaine crise (Les Éditions Transcontinental, 2008), raconte le fil des événements.

À l’époque, le spécialiste en gestion de crise Richard Thibault est l'animateur des débats de l’Assemblée nationale du Québec.

« [Il reste] une leçon durement apprise. On ne considérera plus jamais la sécurité à la légère comme on le faisait à une certaine époque. »

—  Richard Thibault

Le Parlement de Québec est le premier au monde qui s’est doté d’un circuit de télévision pour diffuser les débats et les travaux de l’Assemblée nationale. Richard Thibault est embauché pour en expliquer aux gens le déroulement.

Les horaires de l’Assemblée sont variables. Les députés doivent siéger, mais ils cèdent leur place à la Commission de l’Assemblée nationale, qui doit étudier les crédits budgétaires des ministères. Denis Lortie arrive sur place 10 minutes avant le début de la commission, donc le Salon bleu n’est pas encore achalandé à ce moment.

Les caméras fonctionnent, donc Richard Thibault voit tout.

« Tout à coup, j’entends une cavalcade, des bruits. Et je vois un militaire habillé en soldat faire irruption dans le Salon bleu. Ça me prend plusieurs secondes avant de réaliser ce qui se passe. Je suis convaincu qu’on me fait une blague. […] Et là, tout à coup, Lortie s’assoit sur le fauteuil du président [de l’Assemblée nationale] et se met à tirer tout partout. »

—  Richard Thibault

La fusillade fait trois victimes : Camille Lepage, Georges Boyer, deux messagers de l'Assemblée nationale, et Roger Lefrançois, du Directeur général des élections du Québec.

Les corbillards transportant les dépouilles des victimes du caporal Denis Lortie, en 1984.

La Presse canadienne / Hans Deryk

Denis Lortie se rend compte que peu de gens se trouvent sur les lieux. René Jalbert, le sergent d’armes de l’Assemblée nationale, entre alors. Quelques minutes plus tard, il convainc Denis Lortie de laisser sortir les gens et de se déplacer dans son bureau.

« Comme il est d’un grade supérieur, Lortie le respecte tout de suite. Le contact s’établit sur cette base. »

—  Richard Thibault

René Jalbert discute avec Denis Lortie lors de la fusillade du 8 mai 1984 à l'Assemblée nationale, à Québec.

Radio-Canada

La stratégie de René Jalbert est simple : il veut discuter entre militaires, mais dans son bureau, puisque les policiers et le groupe d’intervention tactique sont prêts à passer à l’action. Astucieusement, il flatte Denis Lortie en lui disant que les policiers qui l’attendent veulent saluer son courage et lui faire une haie d’honneur à sa sortie. Il est plutôt arrêté dès qu’il se rend.

À la suite de cette fusillade, Denis Lortie subit deux procès. Le 13 février 1985, il écope de 25 ans de prison ferme. La cour d’appel invalide ce procès. Au deuxième procès, il est condamné le 11 mai 1987 à la prison à perpétuité, mais avec possibilité de libération après 10 ans. En 1993, on juge qu’il ne représente plus une menace pour la société. Il obtient donc une libération conditionnelle en 1995.