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Aujourd'hui l'histoire, ICI Première.
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La vie de Simone Weil racontée par Catherine Foisy

La vie de Simone Weil racontée par Catherine Foisy

Simone Weil, une étoile au firmament de la philosophie

Publié le 9 janvier 2019
Une femme avec des lunettes rondes regarde la caméra.
Simone WeilPHOTO : Domaine public

La vie de la philosophe Simone Weil a été brève, mais elle a été vécue de manière unique et fascinante. Cette femme engagée considérait que pour vraiment comprendre l'injustice, il fallait en faire soi-même l'expérience.

Pour Catherine Foisy, professeure au Département des sciences des religions de l’Université du Québec à Montréal (UQAM), Simone Weil est « un être humain hors du commun, une femme tout à fait intransigeante, […] qui est marquée par un sentiment permanent de révolte contre toutes les oppressions, pas seulement contre le monde ouvrier ».

Née en 1909, à Paris, dans une famille juive bourgeoise, Simone Weil grandit dans un milieu où l’éducation et la culture priment par-dessus tout.

« À l’âge de 8 ans, elle a des conversations en grec ancien avec son frère de manière courante. »

—  Catherine Foisy, professeure au Département des sciences des religions de l’UQAM

La philosophie entre dans sa vie par la grande porte : le légendaire Alain (Émile-Auguste Chartier) lui enseigne au Lycée Henri-IV. Par la suite, elle intègre la prestigieuse École normale supérieure (ENS), au moment où Simone de Beauvoir et Raymond Aron y sont également. Sa personnalité singulière et intransigeante s’affirme. « Elle se refuse toutes formes de plaisir, même l’amour », raconte Catherine Foisy.

Après l’obtention de son diplôme en philosophie, elle part enseigner dans la région minière du Puy-en-Velay, en Haute-Loire. Peu de temps après son arrivée dans la région, elle milite dans le mouvement syndical des mineurs et, en 1934, elle travaille pendant quelques mois dans des usines.

« Pour [Simone Weil], la philosophie, c’est aussi chercher à comprendre. Pour comprendre, il faut expérimenter. Il faut vivre dans sa propre chair ce que des hommes et des femmes expérimentent au quotidien. »

—  Catherine Foisy, professeure au Département des sciences des religions de l’UQAM

Des voix s’élèvent contre l’engagement sur le terrain d’une philosophe. Simone Weil en fait fi et poursuivra l’expérience sur une ferme plus tard.

Sa rencontre avec Dieu

À partir de 1935, Simone Weil se sent prédisposée au christianisme, et une expérience marquante l’en convainc en 1939, lorsqu’elle vit une expérience mystique. Dès lors, Dieu fait partie de sa vie.

Elle demeure cependant très critique vis-à-vis de l’Église, puisqu’elle n’a pas besoin d’un groupe pour communier avec Dieu.

Après l’usine, les armes

En 1936, au début de la guerre civile espagnole, elle s’enrôle dans la colonne Durruti. Ce groupe anarchosyndicaliste se bat au côté des républicains contre les forces nationalistes de Franco.

Simone Weil durant la guerre civile espagnole.

Domaine public

Simone Weil participera à un autre conflit, la Seconde Guerre mondiale, en intégrant la France libre, le régime de résistance à Londres. La santé de Simone Weil, qui est tuberculeuse, décline au cours de cette période et elle choisit de se laisser mourir de faim, à seulement 34 ans.

Son œuvre philosophique est publiée après sa mort, lorsque ses parents colligent ses cahiers et ses écrits décrivant sa pensée philosophique.