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Restructuration à la Laurentienne : des professeurs témoignent de leur situation

Publié le 27 mars 2021
Une rangée de drapeau devant l'un des pavillons de l'Université Laurentienne
L'Université Laurentienne de SudburyPHOTO : Radio-Canada / Yvon Theriault

La situation de l'Université Laurentienne, qui s'est déclarée insolvable au début du mois de février, a fait couler beaucoup d'encre dans les dernières semaines.

Un processus confidentiel de médiation devant les tribunaux se poursuit jusqu’en mai, et doit aboutir à une restructuration, notamment en ce qui concerne l’offre des cours et programmes.

C’est donc un moment de grande incertitude pour les membres de la communauté universitaire.

En particulier pour les professeurs, pour qui c’est toute une carrière qui est en jeu. Le journaliste Zacharie Routhier en a rencontré trois, dont une professeure qui a déjà perdu son poste l’an dernier à la suite d’une restructuration.

Ces professeurs ont partagé leurs témoignages sous condition d’anonymat, craignant des représailles. Radio-Canada a accepté de protéger leur identité.

Pour sa part, l’Université Laurentienne n’offre pas d’entrevues durant cette période de restructuration.

Un environnement de travail tendu

C’est comme si on nous demande de continuer à faire notre travail comme si de rien n’était, lance une professeure.

Elle ajoute que le climat à l’université est tendu, alors que des discussions ont lieu au sein des différents départements sur des questions de restructuration et de coupes.

Évidemment quand on commence cette discussion-là, c’est facile de diviser les gens, parce que chaque personne va avoir des priorités ou des idées différentes qui vont avoir un impact sur les autres.

« Notre confiance envers l'université est vraiment basse, et je pense que ça va prendre beaucoup de temps avant que ça se reconstruise. »

—  Une professeure de l’Université Laurentienne témoigne sous condition d’anonymat

Un autre professeur avance que l’ambiance à l'université était déjà difficile en raison des conditions imposées par la pandémie.

Les professeurs, on est devant des étudiants qui sont déjà démoralisés parce qu’il y a déjà des problèmes avec tout ce qui se passe avec le COVID. Maintenant, leur programme est à risque, lance-t-il.

L’administration de la Laurentienne met beaucoup d’emphase sur les étudiants. Mais où est le support pour les professeurs? Il y en a pas… et qui va payer le prix pour ça? C’est pas l’administration. L’administration, ils se sont protégés dans ce processus. On paye. On paye pour leur mal gestion.

Le professeur cité a indiqué qu’il avance sa candidature pour tous les postes disponibles, alors qu’il ignore si son programme sera réduit ou annulé à la suite du processus de restructuration.

« Je suis dans un mode de survie. »

—  Un professeur anonyme de l’Université Laurentienne
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Diverses images de l'Université Laurentienne à Sudbury prises en mars 2021.

Radio-Canada / Yvon Theriault

J’ai déménagé à Sudbury il y a deux ans. Je suis tombée en amour avec Sudbury. C’était la place où j’étais supposée être, lance une dernière professeure, qui a perdu son emploi à la Laurentienne à la suite de compressions l’an dernier.

C’était dévastant pour moi. J’ai été mise à la porte, toute seule. Une chance que le monde à Sudbury était généreux. Mes collègues étaient formidables avec moi.

La professeure ajoute que l’annonce de la coupure de son poste est venue trop soudainement pour qu’elle puisse se trouver un autre emploi à temps plein pour terminer l’année.

« J’ai perdu l’équivalent de 50 000 $ cette année. Ce qui a été difficile de toutes sortes de façons. »

—  Professeure anonyme

Ayant maintenant une autre charge de cours dans une université ontarienne, elle craint pour ceux qui restent dans l’incertitude en attendant les résultats du processus de restructuration.

J’ai très peur pour les professeurs qui ont donné toute leur vie à cette institution-là et qui peuvent être mis à la porte avec un coup de la plume. Je trouve ça haineux. Je pleure régulièrement pour eux; c’est injuste.