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Un changement de règles dans les CPE qui dérange

L'animateur de l'émission matinale Par ici l'info, Mathieu Beaumont.
Rattrapage du vendredi 2 décembre 2022

Un changement de règles dans les CPE qui dérange

Virus dans un CPE :  Témoignage d'un père de famille de l'Estrie

Un enfant malade se fait prendre la température à l'aide d'un thermomètre buccal.
Les cas de virus respiratoire syncytial (VRS) sont en augmentation un peu partout au Québec.PHOTO : iStock
L'animateur de l'émission matinale Par ici l'info, Mathieu Beaumont.
Par ici l'infoPublié le 2 décembre 2022

Des parents de l'Estrie ont dû passer par plusieurs étapes d'arriver à recevoir des soins pour leur bébé âgé de 18 mois, atteinte du virus respiratoire syncytial. Et leur histoire est loin d'être un cas isolé.

On a décidé d'aller au CHUS et 10 minutes après notre arrivée, Zoé était sur un lit d'hôpital avec un masque d'oxygène, raconte le papa, Anthony Ducharme.

Mais avant d'être prise en charge, la petite est passée par bien des étapes. Ses symptômes sont apparus un lundi soir du mois de novembre, et la situation s'est rapidement dégradée. Quand elle commence à faire du tirage, le lendemain, ses parents décident de l'emmener à l'Hôpital de Val-des-Sources, où les temps d'attente sont les moins longs parmi les urgences de l'Estrie.

Deux heures après leur arrivée, ils ne sont toujours pas passés au triage. Quand Zoé voit finalement un médecin, la décision est prise de la garder à l'hôpital quelques heures, puis de la renvoyer à la maison, son état étant stable. Le personnel dit à ses parents de s'assurer de continuer à surveiller sa respiration. La nuit n'a pas été facile. On n'a pas beaucoup dormi, se remémore-t-il.

Mercredi matin, rien ne va plus. Son tirage était beaucoup plus prononcé, poursuit Anthony Ducharme. Après avoir tenté de contacter des cliniques sans rendez-vous, en vain, les parents se rendent aux urgences de Sherbrooke. C'est là qu'elle sera finalement prise en charge.

La santé de nos enfants doit être une priorité 

Ce qui choque les parents de Zoé, c'est qu'au même moment, le ministère de la Santé annonçait la levée de toutes les restrictions liées à l'isolement des enfants symptomatiques en CPE, même ceux atteints de la COVID-19. Pour la maman, Amélie Villeneuve, également directrice d'un CPE, c'est une décision qui tombait à un bien drôle de moment. Dans le groupe de Zoé, trois poupons ont été hospitalisés à la même période. Tout ça alors qu'il y a une pénurie de médicaments pour enfants en pharmacie et que les unités de pédiatrie débordent.

C'est un peu un cri du coeur que [ma conjointe] a lancé aux parents. En étant parents, on sait que ce n'est pas facile. Nos enfants sont souvent malades, on manque souvent du travail. On se dit : "elle a juste une toux, ce n'est pas grave, je vais l'envoyer quand même et ça va me permettre de travailler", illustre-t-il.

« Au bout de la ligne, l'important c'est la santé de nos enfants. Des enfants, ça ne guérit pas au CPE, ça guérit à la maison. On devrait les protéger comme on a décidé de se protéger, nous les adultes et les aînés, pendant la COVID. »

— Une citation de  Anthony Ducharme

Pour ce couple, ceux qui le peuvent devraient garder leurs enfants symptômatiques à la maison. À l'heure actuelle, dans les CPE, c'est toutefois le retour aux règles d'avant-pandémie. Seuls les enfants fiévreux sont obligés de rester à la maison. Ils peuvent revenir seulement s'ils ne font pas de fièvre pendant 24 heures.

Pour Anthony Ducharme, toute cette aventure leur aura permis de constater que le système de santé est définitivement brisé, mais que le personnel de soins fait néanmoins sur place un travail exceptionnel.