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L'impact de la lumière bleue sur la santé humaine

L'animateur de l'émission matinale Par ici l'info, Mathieu Beaumont.
Rattrapage du vendredi 19 août 2022

L'impact de la lumière bleue sur la santé humaine

Le Cégep de Sherbrooke et l'Agence spatiale s'unissent pour étudier la lumière bleue

Voie Lactée - Pollution lumineuse (St-Jérome)

Lac Louise, St-Adolphe d'Howard
Le point le plus gros et plus lumineux au centre sous la Voie Lactée est la planète Jupiter avec à sa gauche, plus petite, Saturne
La pollution lumineuse peut avoir des impacts sur la santé.PHOTO : Radio-Canada / Daniel Thomas
L'animateur de l'émission matinale Par ici l'info, Mathieu Beaumont.
Par ici l'infoPublié le 19 août 2022

Les impacts de la lumière bleue sur la santé humaine sont de plus en plus préoccupants, et de plus en plus documentés. Un physicien et enseignant au Cégep de Sherbrooke, Martin Aubé, a décidé de faire sa part pour mieux comprendre ses effets et a même participé à un projet avec l'Agence spatiale canadienne au cours des dernières semaines pour étudier la pollution lumineuse.

Une étude internationale, publiée en 2018, établit une corrélation entre l’exposition nocturne à la lumière bleue et un risque accru de cancer. C’est le point de départ de tous nos travaux, assure Martin Aubé, qui a participé à la rédaction de cette étude.

Le projet auquel participe Martin Aubé avec l’ Agence spatiale canadienne consistait, cette fois-ci, à faire des tests avec des ballons stratosphériques.

Il faut proposer un projet à l’Agence spatiale, et il y a ensuite une sélection, explique Martin Aubé. Dans mon cas, j’avais fait un projet plus pédagogique avec les élèves de ma classe. On avait lancé un petit ballon de style météo pour faire une expérience de physique dans le cadre d’un cours, et ça s’est su à l’agence spatiale canadienne. On a donc reçu une invitation pour participer à ce projet-là.

Le physicien explique qu’un système sophistiqué de caméras a été installé sur le ballon stratosphérique pour avoir une meilleure connaissance de la pollution lumineuse dans les villes. C’est pour cette raison que l’objectif final est de lancer un satellite, qui prendra des images de nuit.

Les Villes ne savent pas exactement ce qu’ils ont sur leur territoire, et encore pire, l’éclairage privé, des particuliers ou des compagnies. Il n’y a aucune base de données là-dessus, mentionne le physicien.

L’objectif du satellite sera de recueillir cette information, puis, grâce à un logiciel développé par l’équipe de Martin Aubé, d’évaluer la quantité de lumière qui atteint le citoyen.

« On travaille notamment dans mon groupe à essayer de voir les effets de la pollution lumineuse sur la santé humaine, et pour savoir ça, les données de base qu’il nous faut, c’est l’information sur les lumières, surtout où elles sont localisées. Il y a un lien aussi entre ces effets-là et la couleur de la lumière. »

— Une citation de  Martin Aubé, physicien et enseignant au Cégep de Sherbrooke

La lumière bleue est particulièrement néfaste

Certains lampadaires, qui émettent une lumière que l’on perçoit blanche, utilisent des ampoules à Diode électroluminescente qui tentent de reproduire plus fidèlement la lumière blanche du soleil. D'autres ampoules similaires produisent une lumière qui tire sur le jaune, semblable à la lumière des ampoules incandescentes d'autrefois. Cette lumière bleue, nécessaire le jour, peut s’avérer dangereuse si on s’y expose la nuit.

« Ce qu’on a vu, c’est que la quantité de lumière a peu d’influence, bizarrement, mais la proportion de lumière bleue est très importante. Essentiellement, quand on a de la lumière blanche sur notre rue, on a environ, selon les statistiques obtenues, deux fois plus de chances de développer un cancer de la prostate ou du sein. »

— Une citation de  Martin Aubé, physicien et enseignant.

Le physicien souligne toutefois que les recherches sur le sujet en sont encore à leurs débuts. C’est de la recherche de pointe. On en est au stade de voir qu’il y a quelque chose qui se passe, mais c’est une corrélation et non une démonstration de l’effet direct.

Martin Aubé espère tout de même avoir des résultats à publier sur le sujet d’ici six mois à un an en lien avec ses recherches sur les villes canadiennes et françaises.