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Par ici l'info, ICI Première.
Par ici l'info, ICI Première.
Rattrapage du vendredi 12 mars 2021

Flambée des prix du bois de construction

Producteurs de bois d'oeuvre : moins de profits malgré la hausse des prix

Publié le 12 mars 2021
Du bois de construction
Du bois de constructionPHOTO : Radio-Canada / Michel Nogue

La demande pour le bois de construction a été très forte l'an dernier en raison de la pandémie, et les prix ont littéralement explosé. Malgré tout, les producteurs forestiers assurent qu'ils sont loin d'avoir profité de cette manne, et ils estiment même que leurs revenus ont souvent diminué. Le président du Syndicat des Producteurs forestiers du Sud du Québec André Roy était au micro de Par ici l'info pour en parler.

« Ce qui se vendait il y a un an à peine 500 $, maintenant, flirte avec les 1350,1400 $. Cette augmentation-là, ce sont les industriels qui l’ont empochée. Les producteurs [de bois] n’ont pas touché encore à cette augmentation. »

—  André Roy, président du Syndicat des Producteurs forestiers du Sud du Québec

Selon lui, le quasi-monopole des industries de transformation du bois explique cet écart.

On a connu, dans les années 2007, 2008 et 2009, une longue crise qui, dans l’industrie forestière, a été énormément dommageable. Beaucoup d’usines ont fermé, et celles qui ont survécu sont devenues plus grosses et ont acheté leurs concurrents, souligne-t-il.

« Nous, on fait principalement affaire avec trois usines. Dans un contexte où, il y a 25 ans, on pouvait faire affaire avec une vingtaine d’usines, la concurrence a été réduite comme peau de chagrin. »

—  André Roy, président du Syndicat des Producteurs forestiers du Sud du Québec

André Roy souligne qu'une planche de huit pieds pouvait rapporter deux dollars au producteur en 2006, alors que l'industriel touchait de 70 à 75 cents de plus. Aujour'hui, la marge du producteur a fondu à 1,50 dollar, et l'industriel récolte près de 5 dollars de plus par planche. Pendant ce temps-là, les coûts de production ont monté, déplore-t-il.

« Nous, ce qu’on dit, dans un contexte comme ça, il faut utiliser les pouvoirs conférés par la loi et négocier collectivement le prix du bois. »

—  André Roy, président du syndicat des producteurs forestiers du Sud du Québec

Produire plus, pas une solution

Produire plus de bois ne va pas non plus mettre fin à la hausse des prix au Québec, selon André Roy.

Faut comprendre une chose : le marché du bois d’oeuvre québécois n’existe pas. C’est un marché nord-américain, et notre bois transige dans le nord-est de l’Amérique du Nord. C’est un marché de 125 à 150 millions de consommateurs. [...] C’est pas le fait qu’on récolterait plus au Québec qui changerait la situation dans le nord est de l’Amérique du Nord [...] C’est énorme comme marché. La solution n’est pas nécessairement de produire plus, analyse-t-il.

Il souligne par ailleurs qu'il attend avec impatience que les prix « en orbite » engendrés par la pandémie redescendent.