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Le réveil Nouveau-Brunswick, ICI Première.
Le réveil Nouveau-Brunswick, ICI Première.
Audio fil du vendredi 23 novembre 2018

Comment parler d'intimidation avec son enfant

Intimidation : 5 conseils aux parents

Publié le 23 novembre 2018
Dans un pièce noire, un enfant autiste de dos la tête baissée.
En milieu scolaire, les difficultés relationnelles des enfants viennent parfois avec de l’intimidation, un autre facteur qui peut aggraver leur sentiment de détresse.PHOTO : iStock / jhandersen

Le plus récent rapport du défenseur des enfants et de la jeunesse du Nouveau-Brunswick indiquait que la moitié des jeunes du Nouveau-Brunswick affirment avoir subi un jour ou l'autre de l'intimidation. Ce pourcentage est même plus élevé chez les Autochtones et immigrants, et chez les jeunes en situation de pauvreté. Que peuvent faire les parents pour protéger leurs enfants?

Alain Bezeau est agent de l’équipe de soutien à l’apprentissage au District scolaire francophone Sud. Il intervient régulièrement pour prévenir les cas d’intimidation.

Pour les parents qui se demandent si leurs enfants en sont victimes, il y a des signes qui ne trompent pas, dit-il.

Si vous voyez un changement de comportement dans votre enfant, par exemple, des activités qu’il aimait faire et qu’il ne veut plus faire, vous voyez que son estime de soi baisse, il y a des endroits où il ne veut plus aller, il va peut-être arrêter de vouloir aller sur Internet [...], ses résultats scolaires aussi peuvent [témoigner de l’intimidation qu’il vit] et ça peut même se rendre jusqu’à avoir des symptômes d’anxiété et même de dépression. Ce sont des signes que les parents peuvent voir si leur enfant ne parle pas.

Aux parents à qui un enfant décide de se confier au sujet de gestes d’intimidation dont il est victime, M. Bezeau offre les conseils suivants :

  1. rester calme, pour que l’enfant se sente en confiance. « Si on réagit fort émotivement, l’enfant, la prochaine fois, ne voudra pas en parler parce qu’il a peur de faire de la peine », explique M. Bezeau;
  2. prendre le temps de l’écouter, le féliciter « parce qu’il faut beaucoup de courage pour en parler »;
  3. ne surtout pas le blâmer;
  4. lui demander de décrire les gestes d’intimidation en détail;
  5. informer l’école de l’enfant pour qu’elle puisse adopter des mesures pour contrer l’intimidation.

Bien outillées, les écoles?

Mais les écoles sont-elles bien outillées pour combattre l’intimidation? Deux mères de Beresford, dans le nord-est du Nouveau-Brunswick, se plaignaient cette semaine de ne pas avoir été prises au sérieux par l’école de leurs fils lorsqu’elles ont dénoncé des actes d’intimidation.

Selon Alain Bezeau, les écoles du Nouveau-Brunswick mettent peu en peu en place des stratégies de prévention de l’intimidation. Elles arriveront rarement à éliminer complètement le phénomène, mais elles obtiennent déjà de bons résultats, selon lui.

Il donne en exemple des interventions menées l’an dernier auprès d’élèves néo-brunswickois, après un sondage qui avait permis de mesurer l’ampleur du phénomène. En faisant de la sensibilisation auprès des nombreux témoins d’actes d’intimidation qui, auparavant, restaient passifs, les autorités scolaires sont arrivées à faire diminuer les cas d’intimidation.

Plus c’est dénoncé, moins il va y en avoir, parce que souvent, ça se fait dans le silence; on ne veut pas se faire prendre donc c’est fait en cachette, jamais devant les adultes, explique M. Bezeau.

Les intimidateurs ont besoin d'aide aussi

Il faut aussi, selon lui, agir auprès des intimidateurs.

Il faut aussi l’écouter parce qu’un enfant qui fait de l’intimidation, lui aussi a des défis, parce que c’est rare que tu es bien dans ta peau et que tu vas aller intimider une autre personne. Si tu le fais, c’est que toi-même, tu as des choses à gérer, tu as peut-être de la difficulté à gérer tes émotions, ta colère, tu as peut-être de la peine pour x raisons, tu as peut-être des difficultés scolaires, et tu essaies de compenser par ce comportement-là.

Les parents qui ont un enfant qui intimide doivent, comme pour l’enfant intimidé, savoir écouter calmement leur enfant, sans réagir fortement, lui expliquer les conséquences de ses actions et prévenir son école qui pourra elle aussi accorder une attention particulière à cet enfant.