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Entente Ottawa/Netflix  :  Inquiétudes des producteurs indépendants

Le réveil Nouveau-Brunswick, ICI Première.
Audio fil du jeudi 28 septembre 2017

Entente Ottawa/Netflix  :  Inquiétudes des producteurs indépendants

Le cinéaste Phil Comeau très critique de l’entente entre Ottawa et Netflix

Phil Comeau, cinéaste, scénariste et auteur
Phil Comeau, cinéaste, scénariste et auteurPHOTO : Radio-Canada
Le réveil Nouveau-Brunswick, ICI Première.
Le réveil / Nouveau-BrunswickPublié le 28 septembre 2017

L'entente intervenue entre Ottawa et Netflix stimulera à peine le secteur canadien de la production audiovisuelle selon le cinéaste acadien Phil Comeau, qui préside le Front des réalisateurs indépendants du Canada.

Le populaire service de télévision en contenu s’est engagé à dépenser au moins 500 millions de dollars d’ici cinq ans sur des productions canadiennes. En contrepartie, Ottawa renonce à taxer les abonnements à Netflix.

Phil Comeau estime que le géant américain s’en tire à bon compte. « C’est beaucoup moins d’argent (500 millions) que s’ils devaient payer des taxes étant donné que déjà, 41 % des Canadiens écoutent Netflix, donc ce serait mieux des taxes. »

Il estime qu’il est loin d’être certain, d’autre part, que Netflix dépensera les 500 millions de dollars promis sur des productions véritablement canadiennes.

« Y’a aucune indication de qui ils vont engager sur ces productions-là, y’a rien à date qui dit que ça va être des réalisateurs canadiens [...], des acteurs et des actrices canadiennes [...], donc ça se peut que ça va être dans leur vague de faire des films à l’américaine même si c’est filmé au Canada. »

Une crise de la production canadienne

Selon Phil Comeau, l’industrie canadienne de la production audiovisuelle est en crise en grande partie à cause de Netflix. Les Canadiens se désabonnent à un rythme soutenu des câblodistributeurs au profit de Netflix.

À la valdrague est la première télésérie acadienne 100 % acadienne.

Radio-Canada

Or, une taxe imposée aux abonnés du câble permet de financer en partie le Fonds des médias du Canada dans lequel puisent les productions canadiennes. Résultat de la désertion des abonnés du câble : l’argent disponible dans ce fonds a diminué de 20 millions de dollars depuis un an.

« C’est une crise dans le milieu parce qu’il faut faire des films aussi bons qu’avant, mais avec moins d’argent »

— Une citation de  Phil Comeau, cinéaste

Ils y arrivent, dit-il, en réduisant le temps de tournage et de postproduction.

Les productions francophones sont particulièrement touchées, ajoute-t-il. « Notre culture est menacée, notre culture francophone entre autres, par toutes ces émissions et séries de mentalité américaine. »

Le Comité permanent du patrimoine canadien avait recommandé en juin dernier d’imposer à Netflix une taxe qui serait versée au Fonds des médias du Canada. Le premier ministre Justin Trudeau avait tout de suite rejeté l’idée, affirmant ne pas vouloir augmenter le fardeau de la classe moyenne par une taxe que les consommateurs se verraient refiler.

Cécile Chevrier de Phare Est Média est sceptique

Cécile Chevrier, présidente de Phare média.

Radio-Canada / Michel Nogue

Cécile Chevrier de Phare Est Média croit que tout nouvel argent dans le système est une bonne chose, mais ce qui l’interpelle le plus, c’est la question de la langue.

« Si ça avait été une taxe, il y aurait eu une obligation de répartir l’argent dans les deux marchés, anglophone et francophone, mais là, Netflix ne va pas choisir des projets francophones juste par bonté d’âme. »

Madame Chevrier va suivre de près le dossier, elle est sceptique devant la promesse de Netlfix qui entend appuyer le contenu canadien en français sur sa plateforme en s'engageant dans une stratégie de développement du marché pour le Canada doté d'une enveloppe de 25 millions de dollars.