Le plaisir des parents de se retrouver

Par Diane Sauvé

« On dira ce qu'on voudra, les autres parents ne peuvent pas comprendre notre situation », explique Geneviève Duval, mère de Vincent.

« On dira ce qu'on voudra, les autres parents ne peuvent pas comprendre notre situation », explique Geneviève Duval, mère de Vincent.

« On se fait souvent cataloguer : "On sait bien! Ce sont des enfants-rois. Ce sont des mal élevés!" parce qu'ils ont des réactions différentes des autres. Alors c'est difficile, le regard des autres sur nous. On se fait juger beaucoup comme parents, et notre enfant aussi. »

« Mais de pouvoir communiquer avec d'autres parents, avec qui on peut jaser de n'importe quoi, qui comprennent notre situation, c'est vraiment, vraiment aidant. »

Des parents d'enfants différents sont réunis les samedis matin, dans les estrades de l'aréna municipal. Ils n'ont pas souvent l'occasion de partager leur réalité. Ici, pas besoin d'expliquer. Les confidences viennent plus facilement.

« On a peur de leur réaction, mais souvent eux, ils sont bien là-dedans, raconte Nancy Paradis. Souvent, c'est nous autres, c'est pas eux qui se mettent des barrières. C'est nous qui leur mettons des barrières. Et quand on les voit aller, on est tellement fiers. Pourquoi on se met des barrières? La peur de ce que les autres vont dire, le regard sur nos enfants. »

Cette mère est bien fière de son Xavier. Après tout, on lui avait dit que fiston ne marcherait peut-être jamais. Aujourd'hui, il joue au hockey.

L'heure est à la bonne humeur pour ces parents, d'abord contents d'avoir trouvé une activité qu'affectionnent leurs enfants. Mais c'est aussi pour ces familles une occasion de se sentir moins isolées.

« C'est un petit cadeau pour tout le monde le samedi matin, autant pour les parents que pour les enfants », lance Geneviève Duval.

On sent au fil des conversations que certains parents ont peut-être hésité avant de tenter l'aventure du hockey adapté, même si la plupart de ces jeunes rêvaient de faire comme les autres, de pouvoir jouer au hockey.

Des parents réunis

Difficile de s’y retrouver

L'offre d'activités pour enfants avec troubles du spectre autistique n'est pas énorme et varie aussi selon les régions du Québec. Si elles répondent à un besoin, ces activités sont parfois mal affichées.

Annick Pimparé et son conjoint Gino Généreux ont su par hasard qu'il y avait du hockey et du patinage à Boisbriand pour leur fils Alex. Pourtant, ils en cherchaient depuis longtemps.

« Il [Alex] en pleurait à chaque mois de septembre », raconte cette mère de famille qui souhaite que ces activités soient mieux publicisées.

« Il disait : "Moi aussi je veux jouer au hockey." Avoir su, ça ferait longtemps qu'on l'aurait inscrit. Ça faisait deux ou trois ans que nous, on voulait créer une association ou du moins des heures de glace à Saint-Eustache. Mais on n'arrivait pas à trouver l'énergie. »

Annick Pimparé, Gino Généreux et leur fils Alex

Boisbriand n'inclut pas seulement des enfants autistes dans son groupe, pour éviter « la ghettoïsation de ces jeunes », explique Bernard Oligny, directeur général de l'Association régionale de loisirs pour personnes handicapées des Laurentides.

Ce psychoéducateur de profession dirige l'activité avec deux étudiants en psychoéducation. Il y a un code de vie expliqué avant chaque session, des minuteurs et sabliers pour donner des repères aux enfants.

C’est une activité qui enchante Caroline Bacon, maman de Louis-Philippe, un enfant autiste « atteint assez sévèrement », dit-elle. Le défi pour elle n'est pas seulement de trouver quelque chose que son fils aimera, mais une activité qui correspond à ses limitations.

« Il n'y a pas un si grand choix d'activités offertes pour les enfants handicapés assez sévèrement. Parfois, les enfants sont trop autistes même pour un groupe d'autistes. Ce n'est pas évident. Mais ici, il [Louis-Philippe] a trouvé son équipe, son équipe championne. »

Devant les progrès de fiston, Caroline Bacon s'est promis de se mettre à la recherche d'autres activités adaptées pour lui.

« De se rendre compte qu'il y a des éducateurs, qu'il y a des coachs, qu'il y a des gens bénévoles qui ont le goût de travailler avec des enfants difficiles, ça rassure les parents beaucoup, parce qu'on est toujours un peu inquiets de qui va prendre soin de nos enfants. »

Une phrase que cette maman a peine à terminer. Les sanglots étranglent sa voix.

« Ce n'est pas facile. Non. Mais en même temps, il nous apporte aussi beaucoup. Ce qu'on ne voyait pas quand il était petit, là, oui [on le voit]. »

Bernard Oligny, directeur général de l'Association régionale de loisirs pour personnes handicapées des Laurentides

Organismes du Grand Montréal offrant des cours adaptés

Hockey adapté

Karaté adapté

Natation adaptée

Soccer adapté

Activités en gymnase

À noter que Radio-Canada n'est aucunement responsable du contenu des sites externes.