Visages du Nord

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Chroniques web

Bruno Maltais

Bruno Maltais

Depuis 45 ans, la petite communauté d'Iqaluit,
au Nunavut, organise une foule d'activités pour
marquer le retour du soleil.
C'est le Toonik Tyme, le festival du printemps.

Dans ces chroniques web, je vous propose de
découvrir non seulement ce festival,
mais plus largement cette région du Nord canadien.

Je vous invite à m'envoyer vos questions,
commentaires et suggestions dans la section
« Commentaires » au bas de chaque chronique.

7AVR

Quelques réponses à vos questions

Un court billet (qui ne cesse de s'allonger!) pour répondre à quelques questions reçues par courriel et dans la section « commentaires » des chroniques.

Le Toonik Tyme aura bel et bien lieu... Je vous en reparle après la cérémonie d'ouverture qui a lieu mercredi soir.
Le Toonik Tyme aura bel et bien lieu... Je vous en reparle après la cérémonie d'ouverture qui a lieu mercredi soir.



Quelle est la langue la plus utilisée?

L'anglais. L'inuktitut est parlé à la maison par la majorité des familles inuites, mais les jeunes parlent de plus en plus anglais (l'influence d'Internet et de la télévision y est sans doute pour quelque chose).

Les habitants venus d'ailleurs apprennent-ils la langue locale?

Très peu. Selon ce que j'ai vu (et entendu!) jusqu'à maintenant, la majorité inuite parle beaucoup mieux anglais que les minorités anglophones et francophones parlent inuktitut.

Des habitants d'un village voisin (Kimmirut) arrivent à Iqaluit à la veille du Toonik Tyme.
Des habitants d'un village voisin (Kimmirut) arrivent à Iqaluit à la veille du Toonik Tyme.


Quelle est la proportion Blanc/Inuit là-bas?

Selon les derniers chiffres officiels, il y a environ 85 % d'Inuits et donc près de 15 % de Blancs. Cela dit, j'ai vu quelques Noirs et des immigrants du Maghreb. Il y a aussi une petite communauté des Philippines.

Existe-t-il des activités qui ont pour but de favoriser un rapprochement entre les Blancs et les Inuits?

Oui, notamment les activités de l'Association des francophones du Nunavut. Mais tout le monde ici me dit que la population est divisée : les Inuits d'un côté et les Blancs du Sud, anglophones et francophones, de l'autre.

Quels sont les loisirs pour les jeunes?

Jusqu'à maintenant, j'ai vu des parcs pour les tout-petits, et les plus vieux sont beaucoup sur la motoneige. On m'a dit plusieurs fois qu'il n'y avait pas suffisamment d'activités pour les adolescents.


Le fan du Canadien, qui vous suit où que vous soyez dans le monde.
Le fan du Canadien, qui vous suit où que vous soyez dans le monde.

Y a-t-il là aussi un vieillissement de la population?

La population est très jeune. J'ai lu à plusieurs reprises que la moitié de la population a moins de 25 ans. Était-elle encore plus jeune avant? J'essaierai d'obtenir la réponse. Chose certaine, le taux de natalité est plus élevé ici que dans le Sud.


Des maisons qu'on surnomme « blocs Lego ».
Des maisons qu'on surnomme « blocs Lego ».


Quels sont les trois secteurs qui fournissent le plus d’emplois?

La fonction publique fédérale et le gouvernement du Nunavut sont des employeurs très importants. En ce sens, Iqaluit a des airs de Québec ou d'Ottawa; on croise à peu près juste des fonctionnaires! Le secteur des services est aussi très important. Et ici, les candidats trilingues (inuktitut, anglais et français) ont une bonne longueur d'avance! Cela dit, il y a une pénurie de main-d'oeuvre, donc il est assez facile de trouver de l'emploi pour les travailleurs qualifiés. Les Inuits ont un niveau de scolarité inférieur et ont plus de difficulté à se trouver des emplois, surtout des emplois bien rémunérés.

Quels sont les plats locaux qui vous sont offerts au restaurant?

Des hamburgers, des fish and chips, des fajitas... mais aussi du caribou et de l'omble chevalier (un poisson). La nourriture est deux à trois fois plus chère qu'au sud du pays, que ce soit à l'épicerie ou au restaurant. Les comptoirs de fruits et légumes sont moins garnis qu'au Sud, mais on y trouve à peu près de tout. Suffit de payer!

La température est-elle habituelle?

Il fait -11 degrés au moment d'écrire ces lignes. Sans regarder les données météorologiques sur le site Internet d'Environnement Canada, je peux vous dire que les habitants d'Iqaluit trouvent qu'il fait particulièrement chaud pour la période de l'année, et on ne manque jamais l'occasion d'ajouter qu'ici, les changements climatiques, on n'en parle pas, on les vit.


Quant aux autres questions (notamment celles de Catherine), je devrai passer un peu plus de temps avant de pouvoir y répondre...!

Je vous redonne des nouvelles un peu plus tard; je dois me rendre au concours de Guitar Hero qui commence dans quelques minutes!



7AVR

Quand c'est le Sud qui dépayse


J'ai profité du vol entre Montréal et Iqaluit pour demander à quelques passagers pourquoi ils allaient à Iqaluit.

Dans l'extrait ci-dessous, Marie-Josée Joyal parle de son expérience dans le Nord. Elle habite à Iqaluit depuis trois ans. Elle travaille au ministère de l'Éducation du Nunavut comme conseillère en développement de carrière.

Elle explique notamment qu'au début, elle trouvait plus difficile de retourner dans le Nord après ses vacances au Québec, mais qu'avec le temps, c'est plutôt le retour à Montréal qui est devenu déstabilisant.

Mon entrevue avec Marie-Josée Joyal


Ce matin, j'étais à l'émission de Christiane Charette pour parler de ce blogue.