Brent Tyler
« Je ne suis pas un radical »


JOURNALISTE
Florence Meney

 

 

 

 

 

Retour en arrière :
Le Canada défend la loi 101 devant l'UNESCO
(1er juillet 2000)

 

 

 

 

 

Alliance Québec veut des États généraux sur l'anglais
(21 août 2001)

 

 

 

 

 

 

 

En réponse à ceux qui le traitent de radical :
« Je rejette cette étiquette. Si être un tenant de la ligne dure signifie que mes positions se fondent sur la Charte des droits et libertés, alors je plaide coupable. »

Au sujet de la baisse du nombre de membres à Alliance Québec :
« Un grand pourcentage de la communauté anglophone est d'accord avec nous. Selon nos sondages, nous avons des appuis majoritaires. »

 

 

 

 

En 1991, 32 % des francophones, 59 % des anglophones et 47 % des allophones pouvaient soutenir une conversation tant en français qu'en anglais.

Démographie et anglophones
(25 janvier 2001)

 


Ses positions et ses priorités pour l'Alliance

Brent Tyler affirme qu'il n'est pas un radical et rejette cette étiquette. Pourtant, il est l'héritier direct de son mentor et prédécesseur, Bill Johnson, qui n'hésitait pas à attiser les passions, à descendre dans la rue et à jeter de l'huile sur le feu du débat linguistique. Si Brent Tyler affirme vouloir empunter de plus en plus la voie juridique pour faire valoir les droits des anglophones, il ne cache pas sa pugnacité.

 

Voici quelques-unes des positions de Brent Tyler sur des sujets donnés.

 

La loi 101 et la langue d'affichage

Son mandat à la tête d'Alliance Québec s'articule autour d'une vision voulant qu'il y ait contradiction flagrante entre les chartes canadienne et québécoise des droits et la Charte de la langue française (loi 101).

Selon lui, le français doit être exigé dans l'affichage commercial extérieur, point. Par contre, il n'est pas question pour lui d'exiger des normes dans la taille des lettres. « Nous n'avons aucun problème avec le fait que cela prend une législation linguistique au Québec. C'est le seul endroit sur le continent où il y a une majorité francophone. C'est evident qu'on en a besoin. Mais ceci étant dit, quelle législation? C'est la question. La solution saute aux yeux et serait acceptable pour la vaste majorité des Québécois, peu importe leur origine linguistique. On est d'accord pour que le français soit exigé dehors. À l'intérieur, c'est privé, l'État ne devrait pas intervenir. Dehors : la solution est d'exiger le français et de permettre au commerçant son choix dans une autre langue, à taille égale s'il veut. L'idée est de promouvoir le visage actuel du Québec. La Cour suprême a traité de cette question en 1988, elle a parlé de l'importance d'avoir un visage qui reflète la réalité et les démographies du Québec. »

 

Les États généraux de la langue française

Le nouveau président rejette avec véhémence les conclusions de la commission présidée par Gérald Larose. Brent Tyler se propose d'organiser à son tour des États généraux, mais cette fois sur la situation de l'anglais au Québec. Au cours d'un point de presse, le nouveau président d'Alliance Québec a qualifié d'inacceptables les recommandations de la Commission Larose. Il rejette d'emblée l'idée qu'il n'existe qu'un seul peuple québécois et que le français soit la seule langue officielle du Québec. Il s'oppose également à l'instauration d'une citoyenneté québécoise, comme le propose la commission, un concept qui, selon lui, ne vise qu'à satisfaire l'aile radicale du Parti Québécois.

 

L'éducation et le droit de choisir la langue d'enseignement des enfants

Comme son prédécesseur ainsi que l'aile dure d'Alliance Québec, Brent Tyler trouve inadmissible que les parents n'aient pas le choix de la langue dans laquelle étudient leurs enfants. C'est l'un de ses principaux chevaux de bataille.

Brent Tyler affirme que 71 % des Québécois (toutes origines confondues) sont en faveur du choix de la langue d'étude des enfants par les parents. Selon lui, il est fondamentalement inacceptable de lier la langue d'étude des enfants à celle des parents. Il pense plutôt qu'il s'agit d'une question de citoyenneté, et pour lui, la seule citoyenneté reconnue est la citoyenneté canadienne. « C'est carrément inacceptable, il n'y a pas un autre pays sur la planète avec nos restrictions sur les droits et libertés de la personne avec une charte enchâssée dans sa constitution. »

Brent Tyler ne nie pas qu'il faille encourager les immigrants à envoyer leurs enfants à l'école française. Cependant, il a indiqué après son élection qu'il militerait pour l'accès à l'éducation dans la langue de leur choix aux immigrants dont les enfants ont des retards à l'école.

 

Les fusions municipales

La minorité anglophone craint de perdre certains droits acquis ainsi que des services une fois que la fusion sera chose faite. Alliance Québec, Brent Tyler en tête, a promis de jouer le rôle de chien de garde dans ce dossier, pour veiller aux intérêts de la communauté d'expression anglaise. Ce système permettrait aux citoyens qui s'estiment lésés de porter plainte, ce qui pourrait, selon Brent Tyler, se traduire ensuite par des poursuites devant les tribunaux. « Tremblay et Bourque doivent se rappeler qu'ils ont intérêt à respecter leurs promesses. »

 

Pourquoi reste-t-il au Québec s'il s'y trouve en affrontement perpétuel?

« C'est le seul endroit où il y a des lois qui tentent de restreindre de façon expresse les droits d'une partie de la population », déclare-t-il. Mais, en même temps, il reconnaît que le Québec est l'un des rares endroits où l'on peut avoir un débat civilisé sur la question, où l'on peut parler sans en venir aux mains. « C'est un lieu unique sur ce point. » Il se déclare aussi tout à fait francophile.

 

Les difficultés du mouvement, les réponses à ceux qui estiment qu'il ne représente plus la communauté anglophone

Brent Tyler ne répond pas directement à cette question. Il parle de divisions géographiques des communautés anglophones. Il déclare qu'il ne faut pas évaluer la représentativité d'un mouvement à l'ampleur de son effectif, mais plutôt à l'écho que trouve sa vision dans la communauté. Sur ce point, Brent Tyler estime que la grande majorité des anglophones et même des francophones soutient ses positions.

Au lendemain de son élection, l'avocat a indiqué qu'il chercherait à améliorer les relations entre Alliance Québec et les autres groupes anglophones qui se sont éloignés de l'organisme pendant la présidence de Bill Johnson.

Il estime par ailleurs que son mouvement est sous-financé et compte se battre sur ce front.

 

« Les divisions parmi les représentants de la communauté anglo-québécoise n'ont aidé personne. Nous sommes souvent d'accord sur les principes. Nos divergences concernent les tactiques ou le ton. »

Louis Hanrahan, président de La Voix des anglophones du Québec