Pierre Elliott Trudeau

(1919 - 2000)

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L'intellectuel voyageur

Le premier mandat (1968-1972) : des années explosives

Les deuxième et troisième mandats (1972-1979) : ce NPD qui défait les gouvernements

Le dernier mandat (1980-1984) : l'unité nationale au menu

Son héritage politique

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Reportages et Hyperliens



JOURNALISTE
Sophie-Hélène Lebeuf

 

 

Les deuxième et troisième mandats (1972-1979) : ce NPD qui défait les gouvernements

En 1972, le gouvernement libéral est réélu, mais il est minoritaire et doit s'appuyer sur le Nouveau Parti démocratique. Pierre Elliott Trudeau nomme Muriel McQueen Fergusson à la tête du Sénat. Elle devient la première femme à assurer la présidence de la Chambre haute. L'année suivante, la Chambre des communes vote une résolution rendant obligatoire le bilinguisme dans la fonction publique fédérale dès 1978.

À la mi-mandat, le NPD s'allie aux conservateurs pour rejeter le budget du ministre des Finances, John Turner : le gouvernement est renversé. En juillet 1974, l'équipe de Pierre Elliott Trudeau remporte suffisamment de circonscriptions pour former un gouvernement majoritaire, mais elle doit composer avec une situation économique difficile. En 1975, pour réduire l'inflation, qui a atteint des taux élevés au pays lors de la dernière décennie, le premier ministre reprend à son compte une promesse du Parti conservateur qu'il avait vivement dénoncée pendant la campagne électorale : il annonce un programme de contrôle des prix et des salaires d'une durée de trois ans. En 1976, le Canada adopte une loi qui abolit la peine de mort.

Cette année voit également l'arrivée au pouvoir du Parti québécois sur la scène provinciale. Les relations entre Pierre Elliott Trudeau et René Lévesque, deux politiciens aux idées diamétralement opposées, seront marquées par la confrontation.

Alors que la guerre froide divise le globe, Pierre Elliott Trudeau tente de distinguer la politique extérieure canadienne de celle de son puissant voisin du Sud. Et ses décisions ne réjouiront pas toujours la Maison-Blanche. En octobre 1973, au cours d'une visite officielle, le premier ministre rencontre le président de la Chine, Mao Tsé-Toung.

Au cours de cette période, il noue également des relations économiques avec l'URSS. Mais, pour Washington, le comble vient lorsque Pierre Elliott Trudeau rencontre Fidel Castro à Cuba, en 1976. L'année précédente, le Canada avait reconnu le gouvernement cambodgien des Khmers rouges, à la tête d'un régime meurtrier qui fera près de deux millions de victimes.

Par ailleurs, en 1977, Ottawa met fin à ses relations commerciales avec le régime d'Afrique du Sud pour protester contre sa politique d'apartheid, discriminatoire envers la majorité noire. En 1978, il plaide devant les Nations unies en faveur de l'interdiction complète des essais nucléaires. Quelques jours plus tard, il appuie cependant un programme de réarmement de l'OTAN.

Peu à peu, les difficultés économiques et la grogne qui se fait sentir dans l'Ouest canadien viennent à bout du gouvernement en place. Lors des élections de mai 1979, les libéraux perdent le pouvoir au profit des conservateurs, qui se retrouvent toutefois à la tête d'un gouvernement minoritaire. Celui-ci se voit aussi forcé de s'allier au NPD. Pierre Elliott Trudeau devient donc chef de l'opposition, mais il annonce rapidement son intention de quitter le parti. Cependant, après un court règne de neuf mois, le gouvernement de Joe Clark, qui perd la confiance du NPD, est à son tour défait en Chambre lors d'un vote sur le budget. Trudeau décide alors de rester aux commandes du Parti libéral pour les élections de février 1980.