JOURNALISTE
Florence Meney

 


 

 

 

 

 

 

Service parlementaire :
Élu pour la première fois à la Chambre des communes en 1980. Réélu en 1984, 1988 et 1993.
Secrétaire parlementaire du ministère des Pêches et Océans en septembre 1981.
Critique de l'opposition officielle pour les questions d'ordre forestier, en novembre 1984, et critique adjoint pour les questions de transport. Critique pour l'Expansion industrielle régionale et pour la Privatisation, en janvier 1987.
Porte-parole pour les Transports et président du caucus libéral national (février 1989).
Porte-parole pour l'Emploi (1990). Démissionne de la Chambre des communes le 25 janvier 1996.
Élu pour la première fois à la Législature de Terre-Neuve lors de l'élection générale de 1996.
Réélu lors de celle de 1999.
Réélu à la Chambre des communes lors de l'élection générale de l'an 2000.

 

Postes ministériels :
Membre du Conseil privé et ministre des Pêches et Océans, du 4 novembre 1993 jusqu'à sa démission du Cabinet fédéral, le 8 janvier 1996. Le 17 janvier 1996, il devient chef du Parti libéral provincial de Terre-Neuve et du Labrador.
Est élu premier ministre de Terre-Neuve et du Labrador et ministre provincial des Affaires intergouvernementales, le 26 janvier 1996.
Nommé ministre de l'Industrie le 17 octobre 2000.

 

 

 

 

 

 

 

 


En bref...

• Né en 1954
• Ancien ministre fédéral de l'Industrie (vient de démissionner)
• Premier ministre de Terre-Neuve de 1996 à 2000
• Marié en 1977 et père de trois enfants : Heather, Adam et John

Contexte : Lundi, 14 janvier 2002, Brian Tobin annonce qu'il quitte la vie politique pour des raisons qu'il dit purement personnelles. Âgé de 47 ans, Brian Tobin était pourtant considéré comme l'un des candidats favoris à la succession du premier ministre Jean Chrétien. Vingt ans après avoir été élu une première fois aux Communes, Brian Tobin avait effectué un retour sur la scène fédérale en 2000, après avoir été premier ministre de Terre-Neuve pendant quatre ans.

« Ce n'est pas une décision stratégique ou qui a une couleur politique, je le fais pour ma famille. »

 

« C'est un fonceur, un frondeur qui n'a pas la langue dans sa poche. Mais il est aussi calculateur, connaît les ficelles de la vie publique, parle bien et d'une façon fort imagée, don qu'il pousse cependant trop souvent jusqu'à l'exagération. »
La Presse, 1995


Brève biographie :

Brian Tobin est né le 21 octobre 1954 à Stephenville, Terre-Neuve. Sa famille comptait neuf enfants. Il fait des études à l'Université Memorial de Terre-Neuve, sans toutefois les terminer, et exercera brièvement le métier de journaliste.

Il se lance en politique très jeune (il a à peine 25 ans) et servira d'adjoint politique à l'ancien leader libéral de Terre-Neuve, Bill Rowe. Puis, Brian Tobin est élu pour la première fois à la Chambre des communes en 1980, renversant l'élu néo-démocrate de sa région.

Pierre Trudeau le nomme, en 1981, secrétaire parlementaire du ministre des Pêches et Océans.

Brian Tobin représente le comté de Humber-Sainte-Barbe-Baie verte. Il est réélu successivement en 1984, 1988 et 1993.

Après le départ de John Turner en 1988, Jean Chrétien remarque le jeune politicien plein de fougue qui a fait partie du « rat pack », un groupe de députés libéraux qui, au début des années 80, se faisait remarquer par ses critiques du gouvernement conservateur qui était alors au pouvoir. (Brian Tobin s'est, par exemple, fait expulser du parlement après avoir traité Brian Mulroney de menteur.) Brian Tobin accordera alors son appui sans restriction à Jean Chrétien, qui saura s'en souvenir.

En 1987, il se rallie, à la dernière minute, à l'accord constitutionnel du lac Meech.

Quand les libéraux prennent le pouvoir, Brian Tobin s'est déjà fait remarquer. Il deviendra ministre des Pêches et Océans le 4 novembre 1993.

Brian Tobin montre vite qu'il a des ambitions politiques et cultive ses rapports avec les médias.

Il doit aussi gérer le changement de cap d'Ottawa en matière de pêches, Ottawa ayant conclu que l'État n'avait plus les ressources financières pour soutenir l'industrie de la pêche en déclin. Il a la charge d'annoncer, en avril 1994, un plan de cinq ans pour inciter 30 000 pêcheurs et travailleurs d'usine à se recycler ou à déménager.

Au printemps 1995, la guerre du flétan le propulsera à l'avant-scène et en fera le chéri des médias. Haut en couleur, maniant la parole avec verve, peu soucieux des nuances, il défend en chambre et sur le terrain les droits de pêche du Canada face à L'Union européenne. La dispute porte alors sur la répartition des quotas de flétan noir dans la zone réglementaire de l'Organisation des pêches de l'Atlantique Nord-Ouest (OPANO). Le Canada et l'Union européenne parviennent finalement à un accord qui prévoit l'application des règlements et la conservation des stocks.

L'arraisonnement de l'Estai :


Le 9 mars 1995, au cœur de la dispute, le Canada arraisonne un navire espagnol, l'Estai. Brian Tobin est au centre de cette tempête politico-médiatique; il en sort triomphant et plus populaire que jamais.

 

Brian Tobin participera aussi très activement aux ralliements pour l'Unité canadienne qui ont précédé le référendum de 1995 au Québec.

 

Il gagnera le surnom de Capitaine Canada ou de Tobinator

En 1996, il se tourne de nouveau vers sa province natale, Terre-Neuve, où il devient premier ministre par acclamation (le sixième de cette province). Il y formera deux gouvernements, dont le dernier lors des élections provinciales de 1999.

Extrait de La revue de l'année de Radio-Canada, février 1999 :
BRIAN TOBIN REPORTÉ AU POUVOIR :
Le premier ministre de Terre-Neuve dirigera un gouvernement majoritaire. Les libéraux perdent cependant quatre députés. Globalement, 32 libéraux sont élus, contre 12 conservateurs et 2 néo-démocrates; les libéraux obtiennent près de 50 % des voix, contre 40 % pour les conservateurs et près de 10 % pour les néo-démocrates

 

Comme premier ministre de Terre-Neuve, Brian Tobin s'illustrera dans ses batailles souvent menées devant les médias pour faire reconnaître les droits de sa province.

Il réussira aussi à imposer une réforme du système scolaire qui ôtera à l'Église catholique sa mainmise sur le réseau d'éducation de la province.

19 juin 2000 : La guerre de la crevette continue

 

 

 

Il provoquera par contre l'ire des autochtones par ses déclarations (juin 2000). Le chef de l'Assemblée des Premières Nations, Phil Fontaine, accusait alors le premier ministre terre-neuvien de perpétuer le mythe raciste selon lequel les autochtones sont des alcooliques et des paresseux. Brian Tobin avait déclaré que les problèmes sociaux et les suicides qui affligent les communautés autochtones du Labrador ne disparaîtraient pas tant que les leaders de ces réserves ne règleraient pas leur propre problème d'alcoolisme.

 

Un projet ambitieux : Churchill Falls
En mars 1998, Lucien Bouchard et Brian Tobin annonçaient leur projet hydroélectrique conjoint des chutes Churchill, une entreprise de 12 milliards de dollars. On voulait alors construire une mégacentrale de 3000 mégawatts, nécessitant la dérivation de deux rivières québécoises, la Romaine et la Saint-Jean. À l'automne 2000, Québec avait abandonné toute participation dans le développement de Churchill Falls. Terre-Neuve, pour sa part, avait annoncé qu'elle irait de l'avant seule avec un projet plus modeste, de près de quatre milliards de dollars, qui excluait désormais le détournement de rivières.

 

Août 2000 : Brian Tobin est le premier ministre provincial le plus populaire

À l'automne 2000, Brian Tobin, avait démissionné de son poste de premier ministre de Terre-Neuve pour joindre les rangs du Parti libéral fédéral. Brian Tobin quittait Terre-Neuve avant d'avoir réalisé les deux grandes promesses de son programme de la campagne de février 1999. Il s'était alors engagé à conclure des ententes avec le Québec sur le projet d'hydroélectricité de Churchill Falls, et avec Inco sur le projet minier de Voisey's Bay.

3 février 2001 : Terre-Neuve a un nouveau premier ministre

Le Parti libéral de Terre-Neuve, réuni en congrès en banlieue de Saint-Jean, avait alors élu son nouveau chef, qui devenait du même coup premier ministre de la province. Roger Grimes l'avait emporté au deuxième tour avec une majorité de seulement 14 voix sur son adversaire John Efford. Il succédait ainsi à Brian Tobin. Roger Grimes héritait aussi de projets comme Voisey's Bay et le développement hydroélectrique de la rivière Churchill, qui n'ont jamais été menés à bien par le gouvernement Tobin.

 

Les critiques de Joe Clark :

Peu après l'annonce du départ de Brian Tobin de la scène provinciale, le chef du Parti progressiste-conservateur, Joe Clark, avait reproché à Brian Tobin d'avoir « vendu Terre-Neuve et le Labrador ». M. Clark accusait alors l'ancien premier ministre terre-neuvien d'être responsable des compressions budgétaires fédérales subies par les travailleurs saisonniers de l'île. M. Clark a mis Brian Tobin en cause au sujet de plusieurs des politiques publiques mises de l'avant par le gouvernement Chrétien, dont la fermeture de bases militaires et les compressions budgétaires dans le développement régional et la recherche en matière de pêcheries. « Toutes ces décisions ont été prises alors que M. Tobin était un membre du gouvernement libéral fédéral », avait-t-il insisté. Joe Clark avait aussi fustigé M. Tobin parce qu'il n'avait pas tenu sa promesse, faite lors de sa campagne électorale provinciale, de rester au poste de premier ministre de Terre-Neuve pour toute la durée de son mandat.

 

Un bon soldat pour Jean Chrétien : Aux élections fédérales de novembre 2000, Brian Tobin avait relevé avec brio le défi qu'il s'était imposé de revenir en politique fédérale et de redonner au Parti libéral la majorité qu'il avait perdue dans cette région du pays aux élections de 1997. Lui-même facilement élu dans la circonscription de Bonavista-Trinity-Conception, Brian Tobin avait vu un vent libéral souffler sur l'est du pays, ce qui a permis aux libéraux de réaliser sept gains aux dépens des conservateurs et des néo-démocrates.

 

Le 17 octobre 2000, Jean Chrétien nomme Brian Tobin ministre de l'Industrie. Il est également réélu au siège de député fédéral de Bonavista-Trinity-Conception le 27 novembre de la même année.

 

Brian Tobin, candidat pressenti à la succession de Jean Chrétien :

Le départ de Brian Tobin surprend plus d'un observateur de la scène politique fédérale. Avec les Paul Martin et autres Allan Rock, il semblait vouloir être sur les rangs des candidats à la succession de Jean Chrétien. Certains voyaient même en lui le dauphin naturel de Jean Chrétien.

Lors du départ de Lucien Bouchard de la scène politique, Brian Tobin avait commenté ce départ en disant comprendre cette décision, étant lui-même père de jeunes enfants.
Il avait salué aussi le démocrate en Lucien Bouchard, malgré leurs divergences idéologiques sur l'avenir du Québec.

 

En août dernier, lors du caucus libéral fédéral qui avait lieu à Edmonton, Brian Tobin s'était fait remarquer par sa toute nouvelle maîtrise de la langue française. Il s'était alors fait demander si cela avait un rapport avec son intention de succéder à Jean Chrétien. M. Tobin avait alors affirmé que ses progrès en français n'étaient pas liés à ses ambitions politiques.

Ce départ a donc l'effet d'une bombe et laisse certains observateurs perplexes. Cependant, des sources libérales indiquent que Brian Tobin aurait décidé d'abandonner la course à la succession de Jean Chrétien après avoir constaté qu'il ne disposait pas des appuis nécessaires et n'avait aucune chance de l'emporter face à Paul Martin. Une autre étoile montante, John Manley, semble aussi vouloir se placer en deuxième position derrière Paul Martin, amincissant d'autant les chances de succès de Brian Tobin.

Jean Chrétien menace les candidats à la succession trop zélés
15 juin 2001

 

Hyperliens :

Industrie Canada

Gouvernement de Terre-Neuve

Parti libéral de Terre-Neuve

 

Brian Tobin
22 ans de vie politique