Mère Teresa

Vers la canonisation?

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D'institutrice à infirmière

Le prix Nobel de la paix

Vers la canonisation?



JOURNALISTE
Jean-Philippe Cipriani

« La vie est un défi à relever, un bonheur à mériter, une aventure à tenter. »

« Si vous ne pouvez pas nourrir cent personnes, nourrissez-en au moins une. »

« Ce qui compte, ce n'est pas ce que l'on donne, mais l'amour avec lequel on donne. »

« La plus grande souffrance est de se sentir seul, sans amour, abandonné de tous. »

 

« Si tu juges les gens, tu n'as pas le temps de les aimer. »


« Ne laissez personne venir à vous et repartir sans être plus heureux. »

 

 


D'institutrice à infirmière

La religieuse, naturalisée Indienne, quitte alors son costume de sœur pour adopter le célèbre sari bleu et blanc indien. Sa nouvelle vie commence dans le quartier de Moti Jihil, où elle enseigne à des enfants de familles trop pauvres pour aller à l'école. Mère Teresa anime ses classes dans la rue, utilisant la boue des caniveaux comme tableau noir : elle y trace avec un bâton les problèmes mathématiques et les caractères de l'alphabet bengali.

Le sari bleu et blanc

Le sari est celui des femmes indiennes. Le blanc représente la couleur des pauvres. Les bandes bleues symbolisent l'humilité et l'effacement de la Vierge Marie. Une ceinture en corde d'alfa représente la pureté angélique. La croix de bois sur l'épaule gauche est le signe de l'amour des sœurs pour le Christ. Les sandales rappellent la liberté de leur choix.


Alors qu'augmente le nombre de ses étudiants, un riche paroissien catholique lui fournit tout un étage de sa maison pour faire la classe. Ce bâtiment deviendra le premier siège de son nouvel ordre, les Missionnaires de la Charité, qu'elle fonde en 1950.

Les Missionnaires de la Charité

En 1950, mère Teresa crée les Missionnaires de la Charité à Calcutta. En plus de ceux de pauvreté, de chasteté et d'obéissance, l'ordre impose un quatrième vœu, celui de l'aide aux pauvres. Le pape Pie XII reconnaît officiellement l'ordre, et en 1965, Paul VI le place directement sous son autorité.

Au début des années 60, mère Teresa commence à envoyer ses sœurs dans d'autres régions de l'Inde, puis elle crée des fondations à Rome et en Tanzanie. Dès 1980, et au cours des années 90, elle ouvre des maisons dans presque tous les pays communistes, y compris dans l'ex-Union soviétique, en Albanie et à Cuba.

Mère Teresa fonde aussi les Frères missionnaires de la Charité en 1963, la branche contemplative des sœurs en 1976, les Frères contemplatifs en 1979, et les Pères missionnaires de la Charité en 1984. Elle forme aussi les Coopérateurs de mère Teresa et les Coopérateurs malades et souffrants, réservés aux personnes de fois et de nationalités différentes.

En mars 1997, mère Teresa bénit la nouvelle supérieure générale des Missionnaires de la Charité, sœur Nirmala, récemment élue. La religieuse de 64 ans est une hindoue convertie au catholicisme.

L'année de la mort de mère Teresa, les Missionnaires de la Charité comptent 650 centres, dont 169 en Inde, répartis dans 123 pays, aussi bien à Beyrouth, en Arménie et en Albanie qu'à New York. Ils sont tenus par 4000 sœurs et volontaires.

Entre-temps, Teresa passe d'enseignante pour les pauvres à infirmière. En 1949, un incident dans la rue — la rencontre d'une femme blessée agonisant sur un trottoir, les pieds rongés par les rats — incite mère Teresa à entreprendre l'une des tâches pour lesquelles elle a été le plus admirée : les soins aux mourants.

Elle s'occupe de l'agonisante jusqu'à sa mort. Bouleversée par cette histoire, mère Teresa demande à la municipalité de lui confier un bâtiment où elle pourrait prendre soin de ceux qui sont trop pauvres pour payer un lit d'hôpital. La Ville de Calcutta lui donne un ancien hôtel, utilisé par des pèlerins hindous pour visiter un temple à proximité. Elle y ouvre Nirmal Hriday (Cœur pur), un établissement où elle accueille des mourants.

En 4 décennies, plus de 30 000 personnes y mourront. Pour mère Teresa, assurer « une fin digne » à ceux qui ont « vécu comme des bêtes » est un devoir essentiel, une victoire sur la mort.

Accusée par des groupes hindous de forcer les agonisants à se convertir au christianisme, mère Teresa fait taire les critiques en recueillant un vieux prêtre hindouiste jusqu'à son décès. Désormais acceptée, elle ouvre des cliniques dans tout le pays avec l'appui du gouvernement. Elle fonde aussi l'orphelinat Sishu Bhavan, où plusieurs centaines d'enfants sont hébergés en permanence avant d'être, dans de nombreux cas, adoptés par des couples étrangers.