Mère Teresa

Vers la canonisation?

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Le prix Nobel de la paix

Vers la canonisation?



JOURNALISTE
Jean-Philippe Cipriani

« L'œuvre de ma vie n'est qu'une goutte de délivrance dans un océan de souffrance. Mais si cette goutte n'existait pas, elle manquerait à la mer. »

« Un enfant est un don de Dieu. Si vous n'en voulez pas, donnez-le-moi. »

« Par mon sang, je suis albanaise. Par ma nationalité, indienne. Par ma foi, je suis une religieuse catholique. Pour ce qui est de mon appel, j'appartiens au monde. Pour ce qui est de mon cœur, j'appartiens entièrement au Cœur de Jésus. »

« On ne fait pas de grandes choses, mais seulement des petites choses avec un amour immense. »


 

 


En bref

• Née Agnès Gonxha Bojaxhiu le 27 août 1910 à Skopje, capitale de la Macédoine.

• Entre dans l'ordre des Sœurs de Notre-Dame-de-Lorette en 1928, où elle prend le nom de Teresa, un an avant de se rendre enseigner à Calcutta.

• Quitte son ordre en 1947 pour s'installer dans les bidonvilles de Calcutta, afin de fonder une école et soigner les pauvres, suivant ainsi un « appel de Jésus-Christ ».

• Fonde l'ordre des Missionnaires de la Charité en 1950.

• Lauréate du prix Nobel de la paix en 1979.

• Lauréate de la médaille de la Liberté en 1985, la plus haute distinction civile décernée par les États-Unis.

• Meurt d'une défaillance cardiaque le 5 septembre 1997, six mois après avoir abandonné ses fonctions à la tête des Sœurs de la Charité.

• Béatifiée par le pape Jean-Paul II le 19 octobre 2003.




Le 19 octobre, au lendemain du 25e anniversaire de son Pontificat, le pape Jean-Paul II a prononcé la béatification de mère Teresa de Calcutta. Il a proclamé « bienheureuse » cette religieuse albanaise qui a dédié sa vie aux pauvres et aux mourants avec une foi simple, mais profonde.

Repères biographiques

Agnès Gonxha Bojaxhiu a vu le jour le 27 août 1910 à Skopje. Elle est la cadette des trois enfants d'un entrepreneur albanais, Nikola Bojaxhiu, marié à une femme très pratiquante, Drane. La mort soudaine de son père quand Agnès a huit ans laisse sa famille dans une condition financière difficile. Surnommée « Gonxha » (la fleur), elle s'intéresse dès l'âge de 12 ans à l'idée de devenir missionnaire.

À 18 ans, alors sœur catholique albanaise, elle décide de joindre les rangs des Sœurs de Notre-Dame-de-Lorette, un ordre religieux irlandais. Malgré l'opposition de quelques membres de sa famille, elle part en novembre 1928 pour Dublin afin de commencer sa mission. Après une année de noviciat, elle prend le nom de Marie Teresa (la petite), d'après sainte Thérèse de Lisieux, et est envoyée à Calcutta, en Inde, pour enseigner la géographie au riche couvent de Sainte-Marie. Elle y sera directrice pendant 17 ans.

Elle prononce ses vœux définitifs en 1937, et devient mère Teresa. Mais elle supporte mal de travailler pour les jeunes Indiens riches au milieu de tant de misère. Lors d'un voyage en train en 1946, alors qu'elle se rend dans la ville himalayenne de Darjeeling pour soigner une tuberculose présumée, elle dit avoir reçu « un appel spécial de Jésus-Christ ». Il lui aurait ordonné « de tout quitter pour Le suivre dans les bidonvilles et servir les plus pauvres parmi les pauvres ».

Teresa reprend le train pour Calcutta et demande à la mère supérieure de son couvent la permission de quitter l'ordre pour rejoindre les sans-abri. Malgré l'opposition de l'archevêque de Calcutta, Mgr Ferdinand Periers, le pape Pie XII donne son autorisation, deux ans plus tard, en avril 1948.