Claude Ryan

1925 - 2004

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JOURNALISTE
Florence Meney

Il a dit :


« Je suis indépendant d'esprit »

 

 


« La politique a son langage propre, qui n'est pas celui de la vie ordinaire. Contrairement aux autres domaines d'activité, la politique a ceci de propre que l'on y traite autant de perceptions, d'apparences et de sentiments que de faits, de chiffres et d'arguments de raison. »



En politique

Directeur du Devoir, Claude Ryan s'intéresse de plus en plus à la chose politique, même s'il n'hésite pas à déclarer à l'époque que le milieu politique est vicié et que les eaux en sont trop troubles pour lui.

Malgré tout, il fait le saut: c'est à la suite de la défaite libérale de 1976 devant le tout jeune Parti québécois que Claude Ryan plonge en politique. Il choisit la bannière libérale, qui correspond à ses idéaux fédéralistes. Il deviendra chef du Parti libéral du Québec le 15 avril 1978, et sera élu député d'Argenteuil à l'élection partielle du 30 avril 1979. « Il était en campagne 365 jours par année », a dit de lui un attaché de presse, Luc Rhéaume.

Lors du référendum de 1980, il dirige les forces du NON. Au soir des résultats, c'est un Claude Ryan enflammé, triomphaliste, qui clame la victoire.

« Les résultats de ce soir établissent clairement que le camp du NON a remporté une victoire éclatante. »


Pourtant, l'année suivante, Claude Ryan et son parti essuient un échec aux élections générales, avec la réélection du Parti québecois de René Lévesque.

Claude Ryan restera alors chef de l'opposition officielle jusqu'en 1983, quand, contesté, il décide de démissionner. Il redevient alors simple député, mais continue à œuvrer comme homme de confiance auprès de Robert Bourassa. Comme chef de parti, Claude Ryan avait en effet eu du mal à surnager. Outre des problèmes d'image personnelle (on trouve son style démodé, trop carré, trop autoritaire), Claude Ryan ne parvient pas à s'habituer à ne pas tout contrôler. Il dira, a posteriori : « Le public me connaissait sous un jour faux et déformé ».

Les libéraux retrouvent le pouvoir en 1985. Comme ministre au sein du cabinet de Robert Bourassa, Claude Ryan jouera un rôle qui lui convient tout à fait, celui d'éminence grise auprès du premier ministre. Il règne en coulisse et conseille. De lui et de Bourassa, on dira qu'ils forment une « paire dangereuse ». Au fil des ans, il pilotera plusieurs dossiers délicats tels que la loi 178 sur l'affichage bilingue ou le transfert des transports en commun et de la voirie aux municipalités.

Il sera ministre de l'Éducation et ministre de l'Enseignement supérieur et de la Science dans le cabinet Bourassa du 12 décembre 1985 au 5 octobre 1990. Il sera aussi ministre responsable de l'application de la Charte de la langue française du 3 mars 1989 au 11 janvier 1994, ministre de la Sécurité publique du 5 octobre 1990 au 11 janvier 1994, ministre des Affaires municipales dans le cabinet Bourassa, puis dans le cabinet Johnson (Daniel, fils) du 5 octobre 1990 au 26 septembre 1994.

Claude Ryan choisit de ne pas se représenter en 1994. En quittant la vie politique après 16 ans d'activité intense, il déclare ne pas vouloir tourner le dos à la vie publique et à l'engagement.

« Je vais rester engagé socialement et politiquement, ce n'est pas dans ma nature d'être muet et non plus d'être silencieux. »

Claude Ryan est revenu à ses premiers amours en choisissant de devenir professeur à l'Université McGill en études catholiques (depuis janvier 2002). Plus récemment, sa voix un peu frêle mais au timbre unique s'est élevée pour défendre le Parti libéral du Québec, en déroute dans les sondages, et son chef Jean Charest.