JOURNALISTE
Florence Meney



« Il faut réduire le budget et le gigantisme des Jeux, avec aussi une technologie moins coûteuse, mais sans toucher aux athlètes et aux sports. »


« Je suis réaliste et pas naïf : je sais très bien que nous ne pourrons jamais vaincre complètement le dopage, mais nous devons nous battre pour donner encore plus de moyens pour la recherche scientifique et renforcer la lutte antidopage par le biais de contrôles plus fréquents hors compétition sous le contrôle de l'Agence mondiale antidopage. »


Un grand athlète et administrateur

En voile, il a participé aux Jeux olympiques de Mexico en 1968, de Munich en 1972 et de Montréal en 1976 (catégorie finn). Il a remporté le titre de champion du monde et a été consacré deux fois vice-champion, en plus de récolter 16 titres de champion de Belgique.

En rugby, il a fait partie de l'équipe nationale belge au poste de troisième-ligne-aile et a remporté le titre de champion de Belgique.

Appelé au comité national belge en 1989 par son ancien président, Raoul Mollet, Jacques Rogge a su s'écrire une feuille de route impressionnante. Depuis son entrée dans le monde du sport olympique, il a connu une ascension irrésistible et un certain nombre de projets fructueux qui ont fait de lui l'un des candidats de choix pour la succession à la tête du CIO.

Il est actuellement président des comités olympiques européens (COE), depuis 1989, ainsi que vice-président de l'ANCO. Il a été président du Comité olympique et interfédéral belge de 1989 à 1992. Il fut aussi chef de mission aux Jeux olympiques d'hiver d'Innsbruck, en 1976, et de Calgary, en 1988, et également aux Jeux de l'olympiade de Moscou, en 1980. Idem pour Los Angeles, en 1984, et Séoul, en 1988.

Jacques Rogge est membre du conseil de l'Agence mondiale antidopage depuis 1999, membre du CIO depuis 1991, membre de la Commission exécutive depuis 1998, président des commissions de coordination des Jeux de la XXVIIe Olympiade, Sydney 2000 (de 1995 à 2000) et des Jeux de la XXVIIIe Olympiade, Athènes 2004. Dans ces occasions, Jacques Rogge a montré immédiatement ses compétences d'organisateur en accomplissant un travail considérable à la tête de la Commission de coordination des Jeux.

Face au problème de dopage...

Il a promis d'assurer « une certaine continuité de l'héritage Samaranch tout en apportant une nécessaire évolution ». Un programme qui suppose de poursuivre les réformes structurelles engagées, d'être attentif à la bonne santé financière de l'institution afin de préserver son indépendance et de renforcer la lutte contre les dérives ou fléaux qui menacent les Jeux olympiques : le gigantisme, la corruption, le dopage et la violence.

Il siège ou a siégé aux commissions suivantes : Mouvement olympique (1990-1999), Solidarité olympique (depuis 1990), Programme olympique (1998), Commission médicale (1992-1993).


Quelques positions

Il n'est pas favorable à la règle de l'alternance des continents dans l'attribution des Jeux.
Il compte faire de la lutte contre le gigantisme des Jeux l'une de ses priorités, notamment en diminuant la part de la technologie dans le budget des comités d'organisation.
Il milite pour une plus grande représentativité de certains pays sous-représentés au sein du cénacle olympique, actuellement dominé par les membres européens.
Selon lui, le CIO doit rester le maître des Jeux, c'est-à-dire maintenir l'équilibre subtil avec les fédérations internationales et les comités olympiques nationaux.



Ce qu'on a dit de lui lors de son élection...

« Le Belge Jacques Rogge, 59 ans, nouveau président du Comité international olympique (CIO), se présente volontiers comme l'héritier de Juan Antonio Samaranch, mais avec une personnalité différente. Plus ouvert que son prédécesseur, il devrait donner une image beaucoup plus moderne du CIO. S'il ne renie pas le développement financier de l'institution auquel s'est attaché M. Samaranch, il devrait mettre à profit la bonne santé économique et l'indépendance dont jouit aujourd'hui l'institution pour l'imposer dans son rôle de référence des valeurs éthiques fondamentales du sport et à l'olympisme. »
- Site des sports de Radio-Canada

« L'élection du belge Jacques Rogge a été accueillie avec déception au Québec, où le montréalais Dick Pound était le favori. »
- La Presse


Un grand perdant, le Canadien Dick Pound

« D'un naturel discret, Jacques Rogge sait qu'il devra battre en brèche l'idée selon laquelle il ne serait pas assez ferme pour diriger un organisme aussi complexe que le CIO. »
- Le Monde, version Internet


Jacques Rogge
Un humaniste sportif