Vladimir Vladimirovitch Poutine


JOURNALISTE
Florence Meney

Novembre 2002

Il a dit :

« Il faut frapper le premier, et frapper si fort que votre adversaire ne se relèvera pas. »

« J'étais un pur produit de l'éducation patriotique soviétique. »

« La démocratie, c'est la dictature de la loi. »

« Plus l'État est fort, plus l'individu est libre. »


Des racines ancrées dans la terre noire de Russie

Les origines de Vladimir Poutine sont très modestes, même à l'échelle de la Russie rurale du début du 20e siècle : les grands-parents Poutine étaient des paysans du hameau de Pominovo, district de Tourguinov, dans la province de Tver, une région située au nord de Moscou. Selon un biographe de Vladimir Poutine, le grand-père, Spiridon, fut le premier de la lignée à naître après l'abolition du servage dans l'empire des tsars.

Pourtant, la famille avait un certain lien avec le pouvoir, même s'il était fait de servitude : Vladimir Poutine raconte dans ses mémoires que son grand-père a été un moment cuisinier de Lénine et de Staline.

Les parents de Vladimir Poutine appartenaient à la classe laborieuse, mais leur fils rapporte n'avoir jamais manqué de rien. Le père, ouvrier, avait exercé sporadiquement le métier de journaliste en écrivant dans le journal d'une usine locale. Pour la famille, il n'était pas question que Vladimir ne fasse pas d'études supérieures.

Les Poutine vivaient dans une « komounalka », un appartement communautaire, où plusieurs familles partagent cuisine, salle de bain et casseroles. Ils étaient très loyaux envers l'État soviétique et ils ont beaucoup souffert pendant la Deuxième Guerre mondiale (avant la naissance de Vladimir). Maria, la mère, a survécu aux 900 jours que dura le siège nazi de Leningrad (Saint-Pétersbourg), mais les deux frères aînés de Vladimir y périrent, parmi 64 000 autres victimes.

Le petit Vlad (petit, car il ne dépassera jamais 5 pi 6 po) était turbulent, polisson même, faisant les quatre cents coups dans la cour de l'immeuble où vivaient ses parents. Comme beaucoup d'enfants de petite taille, il apprend à se bagarrer, à ne jamais céder. Un peu plus tard, il aura de mauvaises fréquentations et avouera avoir failli se joindre à la chpana, un milieu de petits criminels organisés. Les arts martiaux (judo, sambo) et une éducatrice influente le remettront dans le droit chemin. En neuvième année, il entrera à l'école 281, celle des meilleurs élèves de la ville.

Il a onze ans quand prend fin la déstalinisation et quand Sakharov et Soljenitsyne
clament tout haut leur dissidence face à l'État. 

 

Adolescent, Poutine lit peu. Par contre, il adore les films à la gloire de la police secrète soviétique. Il poursuit ses études de droit avec l'objectif de se faire engager au sein du KGB. Est-il bon étudiant ? Difficile à dire, car depuis qu'il a accédé aux hautes sphères du pouvoir, son histoire a été pour ainsi dire réécrite et tous ses carnets de notes ont été retirés des archives.

Il choisit, alors qu'il aurait pu y échapper, de faire son service militaire, qui durera deux ans.

 

 

 
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