Mgr Marc Ouellet

Nouveau prince de l'Église

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De Rome à Québec

Ouvert et conservateur

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JOURNALISTE
Sophie-Hélène Lebeuf

 

Parcours

Né en 1944 à Lamotte, près d’Amos, en Abitibi, Marc Ouellet est le troisième d’une famille de huit enfants. À 20 ans, il obtient son baccalauréat en pédagogie à l’Université Laval. De 1964 à1968, il poursuit ses études théologiques au Grand Séminaire de Montréal et reçoit une licence en théologie de l’Université de Montréal en 1968. Ordonné prêtre pour le diocèse d’Amos en 1968, il devient vicaire de la paroisse Saint-Sauveur de Val-d’Or, de 1968 à 1970. Il se rend ensuite à Rome pour étudier à l’Université pontificale Saint-Thomas d’Aquin, où il obtient une licence en philosophie en 1974. Il complète son éducation par un doctorat en théologie dogmatique de l’Université grégorienne, obtenu en 1983.

Il a enseigné une dizaine d’années dans les villes colombiennes de Bogota (1970-1971), de Manizales (1974-1976) et de Cali (1983-1984), ainsi qu’à Montréal (1976-1978). Il a également été recteur du Grand Séminaire de Manizales (1984 à 1989) avant d’occuper les mêmes fonctions au Grand Séminaire de Montréal (1990-1994), puis au St. Joseph’s Seminary d’Edmonton (1994-1997). Il est devenu évêque en 1998. Il a également présidé le département de théologie dogmatique de l’Institut Jean-Paul II de l’université pontificale du Latran, de 1996 à 2002. En mars 2001, il est devenu secrétaire du Conseil pour la promotion de l’unité des chrétiens, de même que secrétaire de la Commission pour les relations religieuses avec le judaïsme.

Depuis janvier 2003, il est archevêque de Québec, ce qui fait de lui le primat de l'Église canadienne. Le Vatican a annoncé sa nomination au poste de cardinal en septembre. C'est lors du consistoire du 21 octobre 2003 qu'il est officiellement devenu un prince de l'Église.

 

 

« Il est toujours arrivé un peu comme une étoile filante, venant d’ailleurs. Mgr Ouellet surgit où on ne l’attend pas, d’abord comme professeur à Rome, puis comme secrétaire au Conseil pour l’unité des chrétiens. À ma connaissance, il n’avait pas fréquenté beaucoup les milieux œcuméniques. Sa nomination a un peu surpris. Sa nomination comme archevêque de Québec a aussi étonné, même s’il était assez bien connu au Canada dans les milieux responsables de la formation des futurs prêtres, à Montréal et à Edmonton, par exemple. Premièrement, il venait de Rome, et deuxièmement, c’est assez inhabituel que quelqu’un soit nommé à Rome et qu’il soit transféré ailleurs peu de temps après. Sa nomination comme cardinal n’a rien d’étonnant dans un certain sens, mais elle arrive tout à coup, alors que le Canada a deux cardinaux électeurs en vue d’un futur conclave : l’archevêque de Toronto et de Montréal. Compte tenu du fait que le pape veut internationaliser le plus possible le Collège des cardinaux, on pensait que deux cardinaux pour le Canada était une bonne proportion, comparativement à d’autres pays. Tout à coup, un troisième cardinal, cela étonne. »
— Père Alexandre Taché
(Le père Taché est oblat Marie-Immaculée et professeur émérite en droit canonique à l’université Saint-Paul. Il a côtoyé Mgr Ouellet à quelques reprises à Rome.)

 

« Structurellement, il y a un cheminement semblable entre le cardinal Léger [1904-1991] et le cardinal Ouellet, même si ce dernier est beaucoup plus théologien. Mgr Léger était un sulpicien qui avait été en mission au Japon. Mgr Ouellet est un sulpicien qui a été missionnaire en Colombie. Il est lui aussi polyglotte. Tous deux ont été à la curie romaine. Mgr Ouellet est un homme un peu à droite. Le cardinal Léger était aussi conservateur, il s’était plus ou moins modelé sur Pie XII, mais il a joué un rôle plus progressiste au Concile de Vatican II et après. J’ai l’impression que ce sera la même chose avec Mgr Ouellet, même si ça peut aller dans l’autre sens. »
— Jean-Guy Vaillancourt, professeur titulaire au Département de sociologie à l’Université de Montréal
(M. Vaillancourt s’intéresse notamment aux questions religieuses et au catholicisme au Québec.)