Mgr Marc Ouellet

Nouveau prince de l'Église

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Ouvert et conservateur

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JOURNALISTE
Sophie-Hélène Lebeuf

Il a dit...



« Je ne suis pas pour le mariage des prêtres. Ils ont librement fait le choix du célibat au moment de s’engager dans cette vocation. »
(Le Soleil, 16 novembre 2002)


 

 

Ouvert et conservateur

Ceux qui le connaissent le décrivent comme un homme intelligent, déterminé et chaleureux. Outre le français, il parle l’anglais, l’italien, l’espagnol et l’allemand. Plusieurs notent des ressemblances avec Jean-Paul II, de qui il est proche. Tout comme celui qui l’a nommé, le nouveau cardinal polyglotte se démarque par son ouverture sur le monde, son dialogue avec les grandes religions et son expérience de voyageur.

 

Depuis mars 2001, il était d’ailleurs secrétaire de la Commission pour les relations religieuses avec le judaïsme, de même que secrétaire du Conseil pour la promotion de l’unité des chrétiens, des concepts chers à Jean-Paul II. À ce titre, il a organisé, dans la foulée des attentats du 11 septembre 2001, une journée mondiale de prière pour la paix qui réunissait des représentants des grandes religions du monde.

Son engagement œcuménique amène plusieurs à le voir comme un homme de gauche.

Il a dit…
« J’ai été choisi pour être au Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens parce que je suis un homme d’unité et de dialogue. »
(Le Soleil, 26 janvier 2003)

Mais d’autres observateurs voient plutôt en lui un prélat à droite de l’échiquier. Pour plusieurs, ses positions morales conservatrices ne sont pas étrangères à son ascension rapide. Alors que nombre de prêtres québécois ont, dans les dernières années, affiché des positions jugées avant-gardistes par le Vatican, le cardinal Ouellet est resté fidèle au message traditionnel de Rome par rapport à l’ordination des femmes, au mariage homosexuel, au contrôle des naissances ou au mariage des prêtres, par exemple.

Il a dit…
« Si nous n'avons pas des familles solides, qui durent, qui sont fondées sur le mariage, qui sont ouvertes à la vie et qui donnent des enfants, il n'y a pas d'avenir, non seulement pour l'Église, mais pour la société. »
(Second Regard, 5 octobre 2003)

« La culture moderne gomme les différences. Elle insiste sur la tolérance envers les autres, mais elle a peur de la différence, en particulier la différence sexuelle, tellement fondamentale. On cherche à la supprimer et ça ne me semble pas tout à fait sain. » (Le Soleil, 26 janvier 2003)

 

« C’est un homme de théologie, de morale ferme, prudent, diplomate et qui parle plusieurs langues. Il est connu à Rome et il a fait bonne impression. Je ne pense pas qu’il soit réactionnaire, bien que les conservateurs aussi y voient leur chance. Ça ne veut pas dire que c’est réciproque, mais il est peut-être plus tolérant, plus indulgent envers les catholiques plus à droite. Ce n’est toutefois pas un conservateur buté qui pourrait faire des gestes irrémédiables, comme interdire les femmes dans le chœur et les filles pour servir la messe, comme d’autres l’envisagent. J’ai confiance qu’il deviendra un cardinal important dans l’Église canadienne. »

 

« Mgr Ouellet est un peu charismatique. Il pense que l’Église va attirer les jeunes pour autant qu’elle ait un message moral fort. Et il y a effectivement des jeunes que ça pourrait rejoindre. Ils arrivent avec toutes sortes d’expériences, dans des sectes par exemple. Il y a une fascination pour le spirituel et le religieux. Je pense qu’il peut avoir une certaine influence sur eux. »
— Jean-Guy Vaillancourt, professeur titulaire au Département de sociologie à l’Université de Montréal
(M. Vaillancourt s’intéresse notamment aux questions religieuses et au catholicisme au Québec.)