JOURNALISTE
Florence Meney



« Pensez à ce que serait le Canada si on réinvestissait plutôt dans la santé, si on investissait assez pour rouvrir des hôpitaux, diminuer l'attente dans les urgences et donner aux infirmières des charges de travail et des salaires décents. »
(en campagne électorale, novembre 2000)

« La santé est la principale priorité des Canadiens. »

« Les gens savent que je suis infatigable et que j'ai beaucoup d'énergie. »

 

 

 

 

« Elle reste en excellents termes avec la plupart des gens, parce qu'elle a une personnalité chaleureuse et n'est pas abrasive comme certaines politiciennes pensent devoir l'être afin de survivre. »
Robbie Shaw, son frère

« Elle tire une satisfaction incroyable à faire une différence dans la société. »
Un de ses proches conseillers

« Son sens de l'humour est plus affûté que celui d'autres chefs de parti. Son esprit peut être un véritable scalpel. »
Geoff D'Eon, producteur de This Hour Has 22 Minutes (CBC)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

De son engagement des premières heures, elle dira : « J'étais très désillusionnée par la différence entre les promesses gouvernementales et les injustices existant sur le terrain ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dur dur, la politique

Lorsque Alexa McDonough est élue chef du NPD en Nouvelle-Écosse, les femmes sont tellement rares en politique provinciale dans cette région que le parlement n'a même pas de toilettes pour dames. 

 

 


En bref...

* Née à Ottawa le 11 août 1944.
* Mère de deux fils.
* Maîtrise en travail social (1967).
* Ancien chef du Nouveau Parti démocratique du Canada.


Contexte :

Le 2 juin 2008, la néodémocrate Alexa McDonough annonce qu'elle se retirera de la vie politique à la fin de son actuel mandat. Elle met ainsi fin à sune carrière de plus de 30 ans qui en a fait une des figures de proue de la gauche canadienne.

Le 5 juin 2002, Alexa McDonough annonçait déjà son départ comme leader du Nouveau Parti démocratique, qu'elle dirigeait depuis 1995.

BIOGRAPHIE

Du confort au militantisme

Alexa McDonough a vu le jour à Ottawa le 11 août 1944, pendant que la Deuxième Guerre mondiale faisait rage.

 

Elle est la fille de Lloyd Shaw et de Jean MacKinnon. Si l'on parle de politique, Alexa McDonough est tout à fait une « enfant de la balle ». En effet, son père, un industriel prospère, était aussi un ardent militant de gauche. Il a fait partie de la Cooperative Commonwealth Federation (CCF), ancêtre du Nouveau Parti démocratique (NPD).

Alexa McDonough en compagnie
de son père, Lloyd Shaw

On a souvent reproché à Alexa McDonough son origine plutôt bourgeoise et son enfance dorée (on l'appelait « la socialiste en bas de soie »). Cependant, dans une entrevue accordée au magazine télévisé Le Point en 1995, la politicienne indique que ses parents vivaient simplement et que, pour sa famille, l'argent n'était pas une valeur importante. « J'étais riche, oui, riche de valeurs importantes. Et j'ai toujours compris que la stabilité, la sécurité financière étaient importantes pour un enfant. »

 

Peu après la naissance d'Alexa, la famille retourne dans sa province natale de Nouvelle-Écosse, où Alexa est élevée et instruite. Cette région conservera pour elle une importance fondamentale à l'âge adulte.

Toute petite, Alexa se frotte donc au monde du militantisme de gauche. À la table de ses parents, elle côtoie de grands engagés comme Tommy Douglas (ci-contre).

 

La jeune Alexa est une bonne élève. Elle obtient un baccalauréat ès arts de l'Université Dalhousie à Halifax en 1965 et poursuit ses études à la Maritime School of Social Work, où elle obtient une maîtrise en travail social en 1967. En mai 1995, elle reçoit un doctorat honorifique de droit civil de la University of King's College.

À 14 ans, elle montre pour la première fois son engagement envers les causes sociales en participant à un mouvement pour dénoncer les conditions de vie de la population d'Africville, un quartier pauvre et insalubre de Halifax.

Pendant deux ans, Alexa McDonough exerce son métier de travailleuse sociale aux États-Unis (à Dallas et à Hartford, au Connecticut). Elle évoque souvent cette expérience et indique que ce qu'elle a connu au sud de la frontière canadienne n'a fait que renforcer sa volonté de travailler à la réduction de l'écart entre riches et pauvres.

Dans sa vie personnelle :
Elle se marie avec un avocat de Halifax, dont elle aura deux fils, Justin et Travis. Elle se séparera par la suite. Des années après, alors qu'elle vient d'être nommée chef du NPD fédéral, Alexa rencontre celui qui est toujours son compagnon, l'ancien ministre conservateur David MacDonald. Celui-ci passera au NPD, se présentera sous cette bannière aux élections fédérales, mais sera défait.

Son expérience professionnelle :
Alexa McDonough a travaillé dans le secteur du développement communautaire au ministère des Services sociaux de la Nouvelle-Écosse et en planification sociale à la ville de Halifax. Elle a également enseigné à la Maritime School of Social Work et mené des recherches stratégiques à l'Institut des affaires publiques (collège Henson) de Halifax.

 

 « La fortune appartient à ceux qui se lèvent tôt » est sa devise.
Une journée normale commence dès 6 heures du matin pour Alexa McDonough. Elle adore jouer au racquetball (on dit qu'elle est une adversaire féroce) et au tennis.


Paru dans la Presse canadienne :
« Quiconque connaît la leader du NPD sait qu'elle joue pour gagner, que ce soit en politique ou sur un court de racquetball. »

 

Engagez-vous, réengagez-vous

C'est dans l'arène fédérale qu'Alexa McDonough se lance en politique. Elle est candidate fédérale en 1979 et 1980, mais se heurte à un échec à deux reprises.

Elle a plus de succès sur la scène provinciale. Elle est élue chef du Nouveau Parti démocratique de la Nouvelle-Écosse et devient la première femme du Canada à prendre la tête d'un parti politique reconnu. Elle n'a alors que 36 ans.

Dur, dur, la politique
À cette époque, les femmes sont tellement rares en politique provinciale dans cette région que le parlement n'a même pas de toilettes pour dames.

En 1981, elle remporte le premier siège du NPD en Nouvelle-Écosse (circonscription de Halifax). Elle est réélue en 1984, 1988 et en 1993.

Avant de restaurer le statut de parti officiel au NPD à la législature provinciale (il lui fallait deux sièges), Alexa McDonough a été la seule femme à siéger au Parlement.

Pendant cette période, la jeune politicienne fait sa marque. Elle lutte contre la surfacturation des médecins, travaille d'arrache-pied pour l'amélioration des conditions de travail et de santé des ouvriers, l'équité salariale et les droits de la personne.

Alexa McDonough replonge ensuite dans la politique fédérale. Selon plusieurs sondages de l'époque, elle est alors l'une des personnalités politiques qui recueillent le plus haut taux d'approbation au pays.

 

 

Le Nouveau Parti démocratique, dirigé alors par Audrey McLaughlin, bat de l'aile. Aux élections fédérales, il a vu fondre le nombre de sièges qu'il détenait aux Communes.

En 1995, paradoxalement, Alexa McDonough s'apprête à quitter la vie politique pour aller travailler en Afrique quand le cours de sa vie change du tout au tout : le ministre des Finances du Canada, Paul Martin, dépose un budget dont la teneur la révolte profondément (réductions massives des programmes sociaux, entre autres). « J'ai vu le spectre de l'américanisation sur nos têtes », dira-t-elle. Elle choisit alors de rester.

Alexa McDonough cède son siège au provincial le 20 octobre 1995, après avoir remporté la direction du parti fédéral, dont elle devient le cinquième leader.

Le 13 avril 1997, elle est réélue à la tête de son parti, alors que certains remettent déjà en cause son leadership. Le député britanno-colombien Svend Robinson se présente contre elle, mais il est défait.

Aux élections fédérales de 1997, elle atteint l'un de ses principaux objectifs : rendre à son parti le statut de parti officiel à la Chambre des communes.



Élections de 1993
Élections de 1997

Parti libéral : 177 députés, 41,3 % des voix
Bloc québécois : 54 députés, 13,5 % des voix
Parti réformiste : 52 députés, 18,7 % des voix
NPD : 9 députés, 6,9 % des voix
Parti progressiste-conservateur : 2 députés, 16 % des voix
Indépendant : 1 député

Participation des électeurs : 69,6 %

Parti libéral : 155 députés
Parti réformiste : 60 députés, 19,4 % des voix
Bloc québécois : 44 députés, 10,7 % des voix
NPD : 21 députés, 11 % des voix
Parti progressiste-conservateur : 20 députés, 18,8 % des voix Indépendant : 1 député, 1,6 % des voix

Participation des électeurs :
67 %

 

Sa position sur le débat constitutionnel en décembre 1999
McDonough accuse Chrétien « d'enflammer une situation sans bon sens »

 


Alexa McDonough