Bernard Landry

Deux obsessions : souveraineté et économie
 


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Un échec difficile

Le premier ministre

Hyperliens

Journaliste :
Jean-Philippe Cipriani

« Quel est le plus grand drame social pour un individu? De ne pas travailler. […] La dignité de la vie se trouve dans le travail, à moins d'être très malade ou très inapte. Une société qui tolère que 8,4 % de sa main-d'œuvre potentiellement active soit en chômage a du chemin à faire. »

« Je vous souhaite tout simplement d’avoir un chef ou une chef, capable, décidé, qui a l’énergie, qui a la force requise pour diriger un parti comme le nôtre. Et je suis certain que vous y arriverez. »

 

Le premier ministre

Malgré l'assainissement des finances publiques, une des « conditions gagnantes » de Lucien Bouchard en vue d'un éventuel référendum, l'option souverainiste stagne dans l'opinion publique. Aigri par cette situation ainsi que par l'affaire Yves Michaud, Lucien Bouchard annonce sa démission du poste de premier ministre le 11 janvier 2001.

Bernard Landry entame dès le lendemain une campagne interne pour obtenir l'appui de ses collègues du gouvernement, damant rapidement le pion à Pauline Marois. Il est élu par acclamation au poste de président du Parti québécois le 3 mars 2001, et est assermenté premier ministre du Québec cinq jours plus tard.

Toujours convaincu de la pertinence de la souveraineté pour le Québec, il met en avant un argumentaire basé sur le contrepoids nécessaire au processus de mondialisation. Son gouvernement poursuit également ses projets sur les fusions municipales, les garderies à 5 $ et les baisses d'impôt, et il rabroue la montée éphémère de l'Action démocratique du Québec dans les intentions de vote.

Le chef de l'opposition

Entamant la campagne électorale favori dans les sondages, le Parti québécois vogue prudemment en tête jusqu'au débat des chefs, où Jean Charest déstabilise Bernard Landry sur des commentaires controversés de l'ancien chef, Jacques Parizeau. Le chef du PQ ne s'en remettra pas.

Le Parti québécois est battu par les libéraux aux élections du 14 avril 2003. N'empêche, Bernard Landry conserve la fonction de chef de l'opposition officielle.

Sa popularité connaît un second souffle lors de la sortie du documentaire À hauteur d'homme, de Jean-Claude Labrecque, qui a suivi Bernard Landry tout au long de la campagne électorale. Dépeint comme un politicien à couteaux tirés avec les médias, le chef du Parti québécois ressort pourtant grandi de l'exercice, le film traçant un portrait humain et attachant de l'homme derrière la façade politique.

La sortie

À l'été 2004, lors du conseil national du Parti québécois, certains militants, dont la députée Pauline Marois, réclament une course à la direction. Bernard Landry sévit contre l'une des partisanes de Mme Marois, Nicole Léger, qui perd son poste de whip adjointe.

Mais la sanction n'apaise pas la crise, et les déchirements au sein du parti refont les manchettes dans les semaines qui suivent. Tandis que François Legault exige que le parti reconnaisse ses erreurs, le député Jean-Pierre Charbonneau demande carrément au chef de quitter son poste.

En février 2005, le mouvement d'appui s'inverse, lorsque les jeunes députés Nicolas Girard, Elsie Lefebvre et Stéphane Bédard s'unissent en faveur de Bernard Landry. Ils sont appuyés par la leader parlementaire Diane Lemieux et de vieux loups comme l'ancien ministre Guy Chevrette.

Au fil des mois, la tension s'apaise, et les candidats non déclarés à l'éventuelle succession de M. Landry, Pauline Marois et François Legault, se rallient derrière leur chef en vue du vote de confiance lors du congrès de juin.

Mais les militants infligent un camouflet à Bernard Landry, lui offrant un faible appui de 76,2 %, soit encore moins qu'à Lucien Bouchard en 1996. Immédiatement, Bernard Landry annonce sa démission à titre de chef du Parti québécois et de député de Verchères.

« Je suis un homme de cause, je ne suis pas un individualiste et je pense en mon âme et conscience que je ne pourrais pas servir la société comme je voudrais le faire avec ce niveau d'appui », déclare-t-il. Il met ainsi fin à 40 ans de vie politique.