Bernard Landry

Deux obsessions : souveraineté et économie
 


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Un échec difficile

Le premier ministre

Hyperliens

Journaliste :
Jean-Philippe Cipriani

« Pour nous, le mot de pays est le seul qui convient pour désigner
notre patrie. »

 

« La question nationale du Québec ne peut se régler que par un référendum sur cette question. »

 

« Le Québec est un pays en devenir, un pays à parachever qui doit prendre sa place dans le concert des
nations. »


« La souveraineté n'est plus seulement une question de survie, de prospérité et de rayonnement international des peuples, c'est la qualité même de leur vie démocratique qui est mise en cause par cette nouvelle donne que constitue la mondialisation. »

 

 

Un échec difficile

Après la démission de René Lévesque en 1984, Bernard Landry tente sa chance à la direction du Parti québécois. Il se présente comme le seul candidat capable de battre Robert Bourassa sur son terrain, l'économie.

Ce sera son premier échec : Landry manque d'appui et devra abandonner la course, qui sera remportée par Pierre-Marc Johnson. La défaite fait très mal, d'autant plus qu'il est également battu aux élections de 1985, alors qu'il se présentait dans la circonscription de Laval-des-Rapides. Malgré le départ de Pierre-Marc Johnson en 1986, Bernard Landry reste discret, le successeur du chef étant tout désigné : Jacques Parizeau.

Écarté de l'Assemblée nationale, Bernard Landry fait une brève incursion dans le monde des médias en 1986, à titre de coanimateur de l'émission d'affaires publiques Le Monde magazine, au réseau TVA. Réputé pour ses qualités intellectuelles, il entame parallèlement une carrière de huit ans comme professeur au Département des sciences administratives de l'Université du Québec à Montréal. Il sera aussi professeur invité en France, au Mexique et en Afrique.

Il poursuit son engagement politique au sein du Parti québécois en y occupant le poste de vice-président de 1989 à 1994. Cette dernière année, il est fondateur et premier titulaire de la Chaire en mondialisation des marchés agroalimentaires de l'UQAM.

Le retour au pouvoir

Au retour du Parti québécois au pouvoir, en 1994, Bernard Landry est élu dans la circonscription de Verchères. Il est nommé vice-premier ministre par Jacques Parizeau, en plus de prendre en charge le ministère des Affaires internationales, de l'Immigration et des Communautés culturelles.

Bernard Landry reste néanmoins dans l'ombre de son chef jusqu'à la difficile défaite référendaire de 1995. La démission de Jacques Parizeau, au lendemain de la victoire du NON, trace le chemin pour Lucien Bouchard à la tête du Parti québécois.

Même si les deux hommes se connaissent peu, le nouveau premier ministre s'assure de la loyauté des péquistes en faisant de Bernard Landry le ministre le plus puissant de l'histoire du Québec : vice-premier ministre, il cumule également les ministères des Finances, du Développement économique, de l'Industrie et du Commerce, et celui de la Science et de la Technologie.

En 1996, Bernard Landry flirte avec l'idée d'un référendum sur la notion de peuple et de nation. Il est vite ramené à l'ordre par Lucien Bouchard, qui proclame qu'un éventuel plébiscite portera sur la souveraineté du Québec, et rien d'autre.

La mort de sa femme, en juillet 1999, affecte particulièrement Bernard Landry. Il multiplie alors les activités partisanes et gouvernementales de toutes sortes, de son propre aveu pour se perdre un peu dans son travail. Il monte sur toutes les tribunes pour dénoncer la « faillite du fédéralisme canadien, qui nie l'existence de la nation québécoise ».

À l'aise devant les auditoires, il est le seul ministre à donner de longs discours sans aucune note, en français et en anglais, comme en espagnol. Aux yeux de la population, cette visibilité inédite le place encore plus comme l'homme de confiance de Lucien Bouchard.

Tenant d'un fort interventionnisme de l'État, Bernard Landry conserve des politiques fortement axées sur cette vision. Grâce à de généreuses subventions, il met notamment au monde la Cité du multimédia et la Cité du commerce électronique, à Montréal. Ses critiques lui prêtent une vision passéiste de l'économie, basée sur celle qui était la bonne dans les années 70.

En 1999, Bernard Landry réussit, à coup de restrictions budgétaires, à atteindre le déficit zéro, si cher à Lucien Bouchard, ce qui lui permet d'annoncer d'importantes réductions d'impôt.

Toutefois, même au sein du Parti québécois, les compressions qu'il a fallu absorber pour réaliser cet objectif laissent une vive cicatrice, certains membres ne reconnaissant plus le caractère social-démocrate du parti dans leur gouvernement. Bernard Landry est même qualifié de néolibéral et d'homme de droite par une certaine frange du parti.