Boris Eltsine

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JOURNALISTE
Richard Raymond

Ils ont dit...



« Eltsine se distingue surtout par ce qu'il n'a pas fait : il n'a pas supprimé la liberté de parole, pas annulé les
élections. »


Nicolas Troitski.


 

 

 

La ronde des premiers ministres

À peine de retour au travail, Boris Eltsine limoge le gouvernement Tchernomyrdine au complet le 23 mars 1998. Il nomme Sergueï Kirienko premier ministre par intérim. Cette nomination déclenche une guerre avec la Douma, dominée par les communistes, qui refuse par deux fois d'entériner la nomination de Kirienko à cause de son inexpérience. Malgré ce bras de fer avec la Chambre basse, Eltsine rencontre le premier ministre du Japon. Finalement, c'est par une majorité écrasante que la Douma confirme Sergueï Kirienko dans ses fonctions le 25 avril. Son gouvernement n'aura qu'un an avant les élections législatives pour remettre les finances du pays sur les rails.

Sergueï Kirienko est un homme d'affaires sans expérience politique au moment de sa nomination

Entre-temps, des milliers de Russes manifestent dans plusieurs villes pour réclamer leurs arriérés de salaire. D'après les syndicats, 20 % de la population russe perçoit son salaire ou sa pension en retard.

Suit une grave crise budgétaire et financière. Le gouvernement menace de mettre en faillite une vingtaine de grandes sociétés qui ne paient pas leurs impôts. Des mineurs russes bloquent le Transsibérien tandis qu'à Moscou, plus de 1000 manifestants réclament la démission du président Eltsine. Le 14 septembre 1998, après une semaine noire pour les marchés russes, qui inquiètent la communauté internationale, le président Eltsine affirme que toute dévaluation du rouble est exclue. Le 17 septembre, le rouble subit une forte dévaluation. La bourse ouvre avec trois quarts d'heure de retard et accuse un recul de plus de 5 %. Le gouvernement indique que les taux de change du rouble ont été révisés pour protéger les citoyens russes contre les spéculateurs. Le remboursement des crédits étrangers est suspendu pour 90 jours. Les communistes tiennent Eltsine responsable de la crise, et la Douma réclame sa démission.

Le 24 septembre, dans un geste-surprise, le président renvoie Sergueï Kirienko, et rappelle le lendemain Viktor Tchernomyrdine.

Viktor Tchernomyrdine est rappelé par Boris Eltsine

Ce geste n'empêche pas le rouble de poursuivre sa dégringolade. Tchernomyrdine propose de prendre des mesures draconiennes pour sortir la Russie de la crise. La Douma reprend son bras de fer avec Eltsine et refuse deux fois de confirmer la nomination de Viktor Tchernomyrdine. Cette fois, elle a gain de cause, et Boris Eltsine est forcé de nommer Evgueni Primakov, qui s'empresse de promettre que la Russie honorera toutes ses dettes.




Evgueni Primakov remplace Viktor Tchernomyrdine

Boris Eltsine signe avec le président des États-Unis, Bill Clinton, une déclaration d'intention prévoyant que les deux pays retireront de leurs stocks militaires 50 tonnes de plutonium utilisé dans les ogives atomiques. Le 7 octobre 1998 a lieu une nouvelle manifestation de mécontentement. Des dizaines de milliers de Russes descendent dans les rues pour protester contre le non-paiement des salaires et exiger la démission du président Eltsine.

Encore une fois, le président est malade. Le 13 octobre, il se retire dans sa maison de campagne pour se remettre d'une broncho-trachéïte. Sa maladie est qualifiée de honte nationale par la classe politique et l'opinion publique, qui exigent sa démission. Ses médecins le condamnent au repos le 26 octobre parce qu'il souffre de dépression et de faiblesse générale, ce qui l'empêche de participer au sommet entre l'Union européenne et la Russie. Le président russe est hospitalisé de nouveau le 24 novembre, cette fois pour une pneumonie. Il ne reparaîtra au Kremlin que le 26 décembre, pour signer avec son homologue du Bélarus une déclaration historique sur la création d'un « État unifié des deux frères slaves ».

Boris Eltsine et son homologue du Bélarus s'entendent sur la création d'un « État unifié des deux frères slaves »

Le lendemain, il écarte toute possibilité de déclencher une élection présidentielle anticipée, une idée répandue dans les milieux politiques en raison de sa santé fragile. Mais il disparaît encore de la vie publique au début de janvier 1999. Le 31 janvier, à la veille de célébrer son 68e anniversaire, il reçoit son congé de l'hôpital, où il a été soigné pour un ulcère à l'estomac. Ce dernier malaise relance les rumeurs sur sa capacité à diriger le pays. Il est encore hospitalisé moins d'un mois plus tard à cause de cet ulcère. En raison de ses nombreux problèmes de santé, le président russe n'assure plus ses fonctions qu'à mi-temps, et c'est le premier ministre Evguéni Primakov qui gère les affaires courantes de la Russie.

En mars 1999, la Chine et la Russie demandent la fin des frappes de l'OTAN contre la Yougoslavie.

Les avions de l'OTAN bombardent par erreur l'ambassade de Chine à Belgrade

Boris Eltsine se dit profondément indigné par cette agression et demande une réunion d'urgence du Conseil de sécurité des Nations unies. Pendant ce temps, sa popularité reste au plus bas. Un sondage révèle que 8 Russes sur 10 voudraient qu'il démissionne avant les élections de l'an 2000.

En mai, le débat historique sur une éventuelle destitution de Boris Eltsine reprend à la Douma, mais le Parti communiste ne réussit pas à convaincre les deux tiers des députés de destituer le président.

Boris Eltsine limoge son premier ministre et le remplace par Sergueï Stépachine, tout en critiquant l'intensification des bombardements sur la Yougoslavie.

Sergueï Stépachine remplace Evgueni Primakov, limogé par Boris Eltsine

À la mi-juin, après la victoire des forces de l'OTAN au Kosovo, les négociations sur la participation des Russes à la force de la KFOR jettent un froid entre Boris Eltsine et Bill Clinton. Les Russes réclament leur propre secteur, qu'ils obtiendront finalement. Le Sommet du G8 à Cologne, en Allemagne, permettra le rapprochement entre Clinton et Eltsine. Le 10 août, Boris Eltsine se défait encore une fois de son premier ministre et remplace Stépachine par Vladimir Poutine.

 

Vladimir Poutine remplace Sergueï Stépachine

Selon le Kremlin, la gestion du conflit entre la Yougoslavie et l'OTAN et la défense des intérêts russes dans les Balkans sont la cause du limogeage de Sergueï Stépachine. Cette fois, il n'y pas d'affrontement entre la Douma et le président. La Chambre basse du Parlement entérine, le 17 août, la nomination de Poutine, qui devient le 5e premier ministre russe en 17 mois. D'après l'opposition libérale, la Russie a besoin d'un gouvernement pour faire face à la crise au Daguestan, où des combattants islamistes venus de Tchétchénie revendiquent la création d'un État indépendant.