Boris Eltsine

Nouveau prince de l'Église

Accueil

Ascension au sein du Parti communiste

Le début de la fin

La présidence de la Russie

Vers l'autonomie

L'affrontement ouvert

La fin de l'URSS

La Russie de Boris Eltsine

Politique extérieure et intérieure

Un président malade

La résurgence communiste

La ronde des premiers ministres

La crise du Caucase

Boris Eltsine quitte le pouvoir

Hyperliens et bibliographie



JOURNALISTE
Richard Raymond

Ils ont dit...



« Il est le grand responsable de la situation catastrophique où se trouve la Russie : le délabrement économique avec la moitié de la population en dessous du seuil de pauvreté, les mafias, l’échec de la transition… C’est un homme d’échec ! »

Jean-Christophe Romer, professeur à l’Université de Strasbourg et spécialiste de la Russie.




 

 

 

La fin de l'URSS

En août 1991, les conservateurs font une tentative de coup d'État pendant les vacances de Mikhaïl Gorbatchev.

Le 19 août 1991, les chars soviétiques envahissent les rues de Moscou

Les conjurés veulent empêcher la signature du traité d'Union prévue pour le 20 août, qui annonce la fin de l'URSS. De plus, Boris Eltsine veut faire nommer le premier ministre russe à la tête d'un gouvernement central réduit à coordonner les relations entre les républiques. Enfin, les conservateurs soupçonnent Gorbatchev de vouloir liquider le Parti communiste. La menace de ce coup d'État pèse depuis un an. Le 19 août, les putschistes prononcent l'incapacité du président soviétique, tandis que les chars et véhicules blindés envahissent la capitale. Or, le président russe a des amis et des partisans au sein des forces de sécurité soviétiques, ce qui lui permet d'échapper à son arrestation et de parvenir sans encombre jusqu'au Parlement russe, malgré les chars qui l'entourent. Eltsine harangue la foule, monté sur un blindé, et appelle les Russes à la désobéissance civile et à la grève générale.

Boris Eltsine harangue les Moscovites devant le parlement de la Russie

Le soir du 20 août, trois hommes sont tués dans une altercation entre les militaires et la foule. Le lendemain, le nombre de morts s'élève à une dizaine. Aux yeux des Moscovites, les maîtres du coup ont conduit l'armée à tirer sur le peuple. Le soir du 21 août, les putschistes qui ne se sont pas suicidés sont envoyés en prison.

Le président russe voudrait tirer profit de l'aventure en plaçant ses hommes aux leviers de commande de l'État fédéral. Gorbatchev le sait et s'empresse de remplacer les putschistes. Le 23 août, le président soviétique affronte le Parlement russe. Devant les caméras de télévision, il tente de disculper ses ministres, mais Eltsine force le président de l'URSS à lire un document prouvant que tous ses ministres, sauf un, soutenaient le coup d'État. Tout le Cabinet soviétique est alors remplacé par les hommes d'Eltsine.

Boris Eltsine force Mikhaïl Gorbatchev à lire le procès verbal de la réunion au cours de laquelle tous ses ministres, sauf un, se sont prononcés en faveur d'un coup d'État

Le 25 août 1991, Boris Eltsine suspend les activités du PCUS et confisque ses biens. La suspension sera transformée en dissolution le 6 novembre. Enfin, le sort du Soviet suprême est réglé du 26 au 29 août. Le 5 septembre, c'est le Congrès des députés du peuple de l'URSS qui se saborde.

Le 28 octobre, le président russe dénonce un accord économique signé par les présidents de huit républiques et Gorbatchev, alors qu'il présente son programme économique devant le Parlement de Russie. Le 1er novembre, une réforme de la Constitution russe accorde des pouvoirs renforcés au président. Le 15 novembre, Boris Eltsine décide de cumuler les fonctions de président et de premier ministre.


L'Union soviétique vit ses dernières heures. Les Ukrainiens votent en faveur de l'indépendance au cours d'un référendum tenu le 1er décembre. Le président russe reconnaît l'indépendance de l'Ukraine avant de retrouver les présidents des deux autres républiques slaves en Biélorussie, le 8 décembre, pour constater la « disparition de l'URSS » et créer une « communauté d'États indépendants », la CEI.

Les présidents des républiques de la CEI se réunissent le 21 décembre pour signer les documents officiels

Gorbatchev tente de s'y opposer, mais ce sera en vain. Le 20 décembre, le gouvernement russe s'empare de la Banque centrale soviétique. Les présidents de 11 ex-républiques soviétiques, dont Eltsine, se rencontrent le 21 décembre. Ils adhèrent à la CEI, ce qui consacre la fin de l'Union soviétique et supprime le poste de président de l'URSS. Tous s'entendent pour que le siège de membre permanent au Conseil de sécurité de l'ONU que détenait l'URSS revienne à la Russie. Eltsine et Gorbatchev se rencontrent une dernière fois l'avant-veille de Noël. Le 25 décembre 1991, Gorbatchev annonce sa démission et le président russe prend le contrôle des 27 000 armes nucléaires de l'Union soviétique. Boris Eltsine est désormais le maître de la Russie, mais d'une Russie malade sur les plans économique et politique.