Boris Eltsine

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JOURNALISTE
Richard Raymond

Il a dit...



« Je veux vous dire, je ne partirai nulle part, je ne démissionnerai pas. Je vais travailler comme prévu jusqu'à la fin de mon mandat constitutionnel, et en l'an 2000, un nouveau président sera élu. Je ne prendrai pas part à cette élection. »


 

 

Le début de la fin

Le 21 octobre 1987, le comité central du Parti communiste décide d'abattre l'arrogant Boris Eltsine

Le début de la fin, selon l'expression même de Boris Eltsine, commence à une séance du comité central, le 21 octobre 1987. L'ordre du jour de la réunion porte essentiellement sur le rapport que Gorbatchev doit présenter le 2 novembre, lors des célébrations du 70e anniversaire de la révolution d'Octobre. Boris Eltsine demande la parole pour dénoncer les lenteurs de l'appareil du comité central et du secrétariat, qui ruinent toutes ses tentatives pour assainir la situation dans la capitale. Il accuse aussi le secrétariat national, et nommément Egor Ligatchev, le numéro deux du parti, d'intervenir dans le choix des responsables de la ville et des arrondissements. Il clame : « Les corrompus, les pourris sont ici même, parmi nous, et vous le savez parfaitement! ». Son intervention provoque un tollé. Ligatchev adopte le ton de celui qui a été injustement accusé. Suit une offensive généralisée. On accuse Boris Eltsine de tous les crimes. Ceux qui ne prennent pas le micro lui crient leur hostilité de leur place. Le camarade Eltsine est forcé de faire son autocritique et sort de cette séance complètement démoralisé. Plusieurs sources attestent qu'il a eu un malaise cardiaque à la suite de cette réunion et qu'il a dû être hospitalisé.

Le 11 novembre, la sanction tombe. Au cours d'une réunion du comité moscovite du parti, Boris Eltsine est démis de ses fonctions. Depuis l'arrivée de Gorbatchev à la tête du comité central, de nombreux membres du parti ont été renvoyés, mais c'est la première fois qu'un homme nommé par le secrétaire général — et qui est, de plus, un ardent défenseur de la perestroïka — est limogé. L'éviction de Boris Eltsine représente une victoire pour les conservateurs, qui résistent au changement. Le 18 novembre, le disgracié est nommé vice-président du comité pour la construction, ce qui correspond à un poste ministériel. Boris Eltsine reste membre suppléant du Politburo. Le 18 février 1988, il est « libéré » de ce poste.

Le purgatoire de Boris Nikolaïevitch ne dure pas longtemps. Le 1er mai 1988, on le retrouve sur les tribunes du défilé de la place Rouge. Un mois plus tard, il accorde une entrevue à la chaîne de télévision américaine CBS, et une autre à la BBC de Londres. Il réclame la démission d'Egor Ligatchev, qu'il accuse d'être le « principal responsable » du retard de la perestroïka et de s'opposer à la diminution des privilèges pour les membres de l'appareil.

Le peuple russe se choisit un défenseur

Le 14 janvier 1989, un pas important est franchi en vue de son retour en politique. Une foule en délire dans un district de Moscou choisit Boris Eltsine comme son candidat en vue des élections au « congrès des députés du peuple », ou Soviet suprême. Peu après son élection comme candidat à la députation, il se prononce en faveur du multipartisme, que Mikhaïl Gorbatchev a dénoncé un mois plus tôt. Ses déclarations lui valent de plus en plus de popularité. Boris Eltsine s'attire bientôt la sympathie des intellectuels.

Le 26 mars, 89,44 % de l'électorat moscovite vote pour Boris Eltsine au cours des premières élections libres depuis l'avènement du régime communiste. Ce scrutin est marqué également par une poussée des candidats réformateurs et la défaite de nombreux conservateurs. Au milieu du mois de juillet, l'URSS est paralysée par les grèves et menaces de grève. Boris Eltsine et Andreï Sakharov, élu lui aussi, forment, avec les 269 députés du Soviet suprême qui favorisent une accélération des réformes, un groupe parlementaire appelé Groupe interrégional, pour faire entendre leurs voix. C'est une première en URSS depuis le début des années 1920. En avril 1990, Boris Eltsine publie Jusqu'au bout!. Deux mois avant la sortie de ses mémoires, journaux et magazines en publient des extraits, faisant leurs choux gras de ses démêlés avec Mikhaïl Gorbatchev.