ROMÉO DALLAIRE

Un général dans la tourmente rwandaise

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La mission au Rwanda

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JOURNALISTE
Sophie-Hélène Lebeuf

Il a dit:

«Je suis un officier de la guerre froide. L'expérience de guerre pour tous ceux de ma génération c'est, à l'étranger, la crise du Congo dans la première moitié des années 60 et l'invasion de Chypre en 1974, et, à l'intérieur, la crise d'Octobre et Oka. Puis, en 1991, les guerres de paix ont commencé... Pendant 14 mois, en 1993-1994, j'ai commandé des troupes dans une zone de guerre.»
- La Presse, 17 septembre 2000

 

«La colère, la rage, la douleur et la solitude qui vous séparent de votre famille, de vos amis et du quotidien dans la société en général sont tellement puissantes que l'autodestruction devient réelle et attirante.»
- La Presse, 5 juillet 2000



Sa carrière

Né en 1946 à Denekamp, aux Pays-Bas, d'un père québécois et d'une mère hollandaise, Roméo Dallaire passera la majeure partie de sa vie dans l'armée canadienne. À 14 ans, il s'enrôle dans les Cadets de l'Armée canadienne, puis dans la Force de réserve, et enfin, dès 1964, dans les Forces armées canadiennes, dans lesquelles il assume divers postes de commandement au fil des ans.

Après avoir étudié au Collège militaire royal de Saint-Jean, au Québec, il obtient un baccalauréat ès sciences au Collège militaire royal du Canada à Kingston, en Ontario, en 1969.

Après quelques années en Allemagne, il devient commandant du 5e Régiment d'artillerie légère du Canada à Valcartier, au Québec. Il obtient ensuite le grade de colonel. En 1986, il est muté à Ottawa. Trois ans plus tard, il est nommé brigadier général, avant d'assumer le commandement du Collège militaire royal de Saint-Jean. En 1991, il devient commandant du 5e Groupe-brigade mécanisé du Canada à Valcartier.

En 1993, il est nommé commandant en chef de la Mission d'observation des Nations unies Ouganda-Rwanda (MONUOR) et de la Mission des Nations unies pour l'assistance au Rwanda (MINUAR), une expérience qui le marquera profondément. Il reste un an au Rwanda (août 1993 à août 1994). Il est promu major général au cours de sa mission.

 

De retour au pays, il devient commandant de la 1re Division du Canada et commandant adjoint du Commandement de la Force terrestre à Saint-Hubert, au Québec, puis commandant du Secteur du Québec de la Force terrestre. En 1996, il est nommé chef d'état-major du sous-ministre adjoint (Personnel), avant de devenir sous-ministre adjoint (Ressources humaines - Militaires), en 1998. En octobre 1998, le stress post-traumatique l'oblige à prendre un congé de maladie. Depuis son retour, il a fait quelques tentatives de suicide.

«La colère, la rage, la douleur et la solitude qui vous séparent de votre famille, de vos amis et du quotidien dans la société en général sont tellement puissantes que l'autodestruction devient réelle et attirante.»
- La Presse, 5 juillet 2000

En 1999, il devient conseiller spécial du chef d'état-major de la Défense (perfectionnement professionnel des officiers).
Après 35 ans dans les Forces armées canadiennes et après avoir servi dans de nombreux endroits du globe, il est licencié, en avril 2000, pour des raisons médicales.



Depuis, le lieutenant général à la retraite agit comme conseiller spécial pour l'Agence canadienne de développement international (ACDI) sur les questions liées aux enfants victimes de la guerre. Il a rédigé plusieurs articles sur les droits de la personne, sur la résolution de conflits ainsi que sur l'aide humanitaire. Il fait régulièrement des exposés aux quatre coins du globe, notamment dans les universités canadiennes et américaines. Il prône une réforme des Forces canadiennes, préconisant notamment des améliorations au système de santé mentale de l'armée et sensibilisant le public au syndrome de stress post-traumatique.


Il vit aujourd'hui à Québec. Il est marié à Elizabeth Roberge et a trois enfants. Il est l'auteur du livre J'ai serré la main du diable - La faillite de l'humanité au Rwanda, un ouvrage sur la guerre civile et le génocide au Rwanda.


Le lieutenant général Dallaire est un des soldats canadiens les plus décorés. Il a reçu plusieurs honneurs: prix Vimy de la Conférence des associations de la défense (1995), Fellow de la Ryerson Polytechnic University de Toronto (1995), médaille de la Légion du Mérite décernée par les États-Unis (1996), Croix du service méritoire du gouvernement canadien (un des honneurs militaires les plus prestigieux au pays). Il est également le premier récipiendaire du prix Aegis pour la prévention des génocides, décerné par le Beth Shalom Holocaust Centre du Royaume-Uni (2002). Plusieurs universités lui ont décerné un doctorat honoris causa, dont l'Université de Sherbrooke, l'Université d'Ottawa, Western Ontario, Waterloo, York, Cape Breton et St. Francis Xavier. La gouverneure générale du Canada l'a nommé officier de l'Ordre du Canada en octobre 2002. Le Carr Center for Human Rights Policy (de la Kennedy School of Government de l'université Harvard), lui a remis une bourse afin qu'il poursuivre ses recherches sur le règlement des conflits.