TENZIN GYATSO
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JOURNALISTES
Isabelle Montpetit
Stéphane Bordeleau

Extraits d'une entrevue au magazine français Le point, 22 mars 2001

Le Point : Est-ce que l'avortement est […] violence ?
Le dalaï-lama : Tout à fait, et il vaut mieux l'éviter. Par contre, je suis pour les méthodes de contrôle des naissances : la pilule ou le préservatif.
Le Point : Que pensez-vous de l'homosexualité ?
Le dalaï-lama : Cela fait partie de ce que nous, les bouddhistes, appelons «une mauvaise conduite sexuelle». Les organes sexuels ont été créés pour la reproduction entre l'élément masculin et l'élément féminin et tout ce qui en dévie n'est pas acceptable d'un point de vue bouddhiste: entre un homme et un homme, une femme et une autre femme, dans la bouche, l'anus, ou même en utilisant la main.
Le Point : Y a-t-il […] une mode bouddhiste ?
Le dalaï-lama : Il me semble que oui ! Et je suis contre la «mode» bouddhiste. De plus, je crois que les Français, qui sont de culture et d'atavisme chrétiens, devraient rester chrétiens. Il vaut mieux vous en tenir à vos valeurs traditionnelles. Ce n'est que si, après avoir mûrement et longuement réfléchi, vous estimez que le bouddhisme peut vous apporter un plus par rapport à la chrétienté que vous pouvez devenir bouddhiste.

 

 

 


Un destin exceptionnel

Dans la tradition religieuse tibétaine, le dalaï-lama est l'incarnation physique du Bodhisattva de la compassion, le Bouddha en devenir. Le titre de dalaï-lama existe depuis le 14e siècle. Celui qui le détient est le chef spirituel et temporel des Tibétains.

Le terme dalaï-lama signifie «océan de sagesse». Le mot mongol dalaï signifie océan, et le mot indien lama, chef spirituel ou gourou. Autorité politique, philosophique et spirituelle suprême des bouddhistes tibétains depuis six siècles, le dalaï-lama incarne la sagesse, la bienveillance et la force tranquille. Son rôle est de présider aux destinées du peuple tibétain dans le respect de tous les êtres vivants.

 

Son enfance

Tenzin Gyatso a vu le jour dans une famille paysanne le 6 juillet 1935, à Taktser, un petit village du nord-est du Tibet.

Selon la doctrine bouddhiste tibétaine, chaque être se réincarne après sa mort. C'est ainsi qu'au décès du dalaï-lama, le clergé bouddhiste entreprend des recherches afin de retrouver celui ou celle qui en serait la réincarnation. À l'âge de 3 ans, Tenzin Gyatso est reconnu, grâce à une série de signes, comme la réincarnation de ses 13 prédécesseurs. Le 22 février 1940, il est intronisé dalaï-lama à Lhassa, la capitale du Tibet. Il a alors 4 ans.

«On me demande souvent si je crois réellement cela, disait-il en 1991. Il n'y a pas de réponse simple à cette question. Mais [...] considérant mon expérience dans cette vie et mes croyances bouddhistes, je n'ai aucune difficulté à accepter que j'ai un lien spirituel avec les 13 précédents dalaï-lamas [...] et avec le Bouddha lui-même

 

Son éducation

Tenzin Gyatso est maintenant dalaï-lama, mais il lui reste beaucoup à faire avant de pouvoir prendre la direction des affaires de l'État. À l'âge de 6 ans, il devient moine et entreprend l'éducation religieuse et académique qui va le préparer aux tâches qui l'attendent. Il poursuit de hautes études théologiques et philosophiques et obtient avec succès un doctorat en études bouddhiques en 1959. Il accède du même coup au titre de Geshe Lharampa, le rang universitaire le plus élevé.

 

Le bouddhisme tibétain

Le bouddhisme est à la fois une religion et une philosophie. Il a été fondé il y a 2500 ans par Siddharta Gautama, appelé le Bouddha, au nord-est de l'Inde. Depuis, il s'est répandu partout en Asie et fait aujourd'hui de nombreux adeptes en Occident.

L'essence de l'enseignement du Bouddha réside dans ces quatre nobles vérités:

  • La souffrance est universelle.
  • La souffrance résulte des désirs et de l'attachement au «soi».
  • Pour cesser de souffrir, il faut renoncer à ses désirs et à l'attachement au «soi».
  • Pour atteindre le renoncement, il faut suivre les huit préceptes suivants:
    compréhension juste, pensées justes, paroles justes, action juste, moyens d'existence justes, effort juste, attention juste, concentration juste.

Le bouddhisme s'est implanté au Tibet au 7e siècle. Tout en adhérant aux préceptes du bouddhisme indien, le bouddhisme tibétain s'est différencié au fil des siècles et présente certaines particularités.

Dès qu'ils ont eu adopté le bouddhisme, les rois tibétains ont accordé au clergé des revenus et des privilèges supérieurs à ceux de toutes les autres classes sociales, y compris la noblesse. Ces privilèges se sont maintenus, même après la chute de la royauté. On estime qu'avant l'occupation chinoise, jusqu'à 20 % de la population tibétaine faisait partie du clergé.

Les bouddhistes tibétains vénèrent les tulkous, les réincarnations successives d'une même entité (saint, bouddha ou bodhisattva). Le dalaï-lama est un tulkou.

Le mantra «Om mani pémé hung» est la prière la plus récitée par les Tibétains. Voici comment le dalaï-lama en explique la signification: «Les six syllabes OM MANI PÉMÉ HUNG signifient qu'en fonction de la pratique d'une voie, qui est l'union indivisible d'une méthode et d'une sagesse, vous pouvez transformer votre corps, votre parole et votre esprit impurs en corps, parole et esprit purs et glorieux d'un Bouddha. II est dit qu'il ne faut pas chercher la bouddhéité hors de soi; les matériaux pour y parvenir se trouvent à l'intérieur.»