SHEILA COPPS

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Copps contre Martin

Difficile retour sur le terrain

Reportages et Hyperliens



JOURNALISTE
Benoît Friceau

Elle a dit...



«Le plus gros défi, à l'heure actuelle, est de faire sortir Paul Martin de sa tanière.»
-avril 2003


Copps contre Martin

Lorsque Jean Chrétien annonce, en août 2002, qu'il ne se représentera pas à la direction du PLC, les hostilités sont engagées pour sa succession. Faisant fi des pronostics qui donnaient Paul Martin largement gagnant avant même le début de la course à la direction, Sheila Copps lance sa candidature la première, dès le mois de février. Elle sera suivie en avril par Paul Martin, qu'elle avait déjà affronté 12 ans plus tôt, et par le vice-premier ministre et ministre des Finances, John Manley.

Pugnace avec ses adversaires politiques, Sheila Copps n'hésite pas non plus à taper sur son propre camp. À peine la crise du SRAS passée au Canada qu'elle s'étonne de ne pas avoir vu davantage la ministre de la Santé, Anne McLellan, monter au créneau. «Je pense que la ministre de la Santé aurait quelques explications à apporter sur les raisons de son absence dans ce dossier», lance-t-elle un jour aux médias, critiquant ouvertement une fidèle du camp Martin.

«Certains pourraient croire que c'est impossible, déclare-t-elle au sujet de sa candidature à la direction du PLC. Je crois en un Canada où rien n'est impossible.» Candidate des gens ordinaires, à l'opposé d'un Paul Martin issu du monde de la finance, elle s'accroche, malgré un soutien qui s'avère très relatif si on le compare à la machine électorale de l'ancien ministre des Finances de Jean Chrétien. Et même lorsque John Manley abandonne la course en juillet 2003, la ministre n'en démord pas et poursuit sa campagne sur des thèmes qui lui sont chers, comme la responsabilisation et le souci à l'égard de la situation des minorités. Sans surprise, le congrès à la direction du Parti libéral de novembre 2003 consacre Paul Martin à sa tête, avec 90 % des votes des délégués.

«Dans ce jeu qu'est la politique, ce n'est pas seulement une question de victoire. C'est aussi une question de promouvoir ses idées pour bâtir un meilleur pays», déclarait-elle le 14 novembre, à l'issue du vote des délégués. Minoritaire au sein du parti, elle perd son poste de ministre du Patrimoine, en décembre 2003, lorsque Paul Martin prend la succession de Jean Chrétien et lui préfère Hélène Chalifour Scherrer.