SHEILA COPPS

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Les sommets de l'État

Copps contre Martin

Difficile retour sur le terrain

Reportages et Hyperliens



JOURNALISTE
Benoît Friceau

Elle a dit...



«Lorsque les travailleurs cherchent un porte-parole fort, ils savent qu'ils peuvent compter sur moi.»
-Presse canadienne, 30 janvier 2004


Les sommets de l'État

L'année 1990 marque un tournant dans son ascension politique au sein du Parti libéral canadien, puisqu'elle devient la première femme à se présenter à la direction du parti. Arrivée troisième, derrière Jean Chrétien et Paul Martin, elle recueille les suffrages de délégués séduits par sa vision politique qui fait d'elle une des représentantes les plus actives de l'aile gauche du parti.

Lorsque Jean Chrétien arrive au pouvoir en 1993, elle est nommée vice-première ministre et ministre de l'Environnement du Canada, avant de devenir, en 1996, ministre du Patrimoine.

Favorite des médias jusqu'au début des années 90, elle en devient parfois la risée, au gré de certaines décisions jugées discutables, comme cette vaste campagne de distribution de drapeaux canadiens, dont le but était de renforcer l'esprit unitaire du Canada dans un contexte budgétaire pourtant marqué par l'austérité. « [La culture], c'est notre capacité de nous exprimer, expliquera-t-elle plus tard. C'est pour ça que je suis la femme des drapeaux, parce que le drapeau me dit beaucoup de choses sur notre identité.» («Deux bagarreuses: la dure à cuire et la séductrice», Suzanne Colpron, La Presse, le samedi 8 mars 1997.)

Habituée des déclarations fracassantes, Sheila Copps s'est retrouvée prise à son propre piège en 1996. Alors que le gouvernement libéral renonce à sa promesse électorale de supprimer la TPS, la ministre, qui s'était engagée en 1993 à démissionner si une telle chose survenait, se voit pressée de mettre ses paroles en acte.

Dans un coup de poker qui n'appartient qu'à elle, elle donne sa démission en même temps qu'elle annonce sa candidature à l'élection partielle qui en découle. Un mois et demi plus tard, elle est réélue dans son comté de Hamilton, non sans avoir perdu une partie de son électorat. Elle réintègre le reste de ses mandats en juin 1996.

Sheila Copps s'était d'abord contentée de reconnaître qu'elle avait parlé «trop vite» au sujet de la TPS. Mais la pression politique et médiatique s'était faite plus virulente, à tel point qu'elle ne pouvait plus «regarder les gens dans les yeux». D'où les nombreuses caricatures qui la représentent avec un sac en papier sur la tête.

Partisane d'une politique sociale, à l'écoute de la jeunesse et des minorités, soucieuse de la place de l'environnement dans la société, Sheila Copps est à l'origine de l'adoption de la Loi canadienne sur la protection de l'environnement. Cette loi, une des plus strictes au monde, confère aux ministres de la Santé et de l'Environnement les pouvoirs de déclarer une substance toxique. On lui doit également la création du Fonds de télévision et de câblodistribution pour la production d'émissions canadiennes. Elle se porte aussi à la rescousse du secteur de l'édition canadienne avec l'adoption de son projet de loi C-55, qui empêche notamment les annonceurs américains d'acheter de l'espace publicitaire dans les éditions canadiennes de magazines américains.