SHEILA COPPS

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JOURNALISTE
Benoît Friceau

Elle a dit...



«Je suis une femme agressive. [] Chez un homme, c'est vu comme une qualité de chef. Mais chez une femme, ça devient un mot de cinq lettres.»

En bref

  • Née le 27 novembre 1952 à Hamilton (Ontario);
  • Titulaire d'un baccalauréat ès arts spécialisé en français et en anglais;
  • Remporte son premier mandat en 1981 aux élections provinciales dans sa circonscription de Hamilton-Centre;
  • De 1984 à 1993, alors dans l'opposition, elle se distingue au sein du célèbre Rat Pack;
  • Première femme à se présenter à la direction du Parti libéral du Canada en 1990;
  • Nommée vice-première ministre et ministre de l'Environnement en 1993;
  • Démissionne de son poste de députée en 1996 après avoir promis de laisser sa place si le gouvernement Chrétien n'abolissait pas la TPS. Est réélue un mois plus tard;
  • Candidate malheureuse à la direction du Parti libéral du Canada en 2003;
  • Connue pour son franc-parler.
  • Le 14 mai 2004, elle annonce son retrait de la vie politique sans fermer la porte à un éventuel retour


Deuxième d'une famille de quatre enfants, Sheila Copps baigne dans la politique dès son plus jeune âge. Son père, Victor Copps, ancien maire de Hamilton, a été un des principaux soutiens à la candidature de Paul Martin père lors de la course à la direction du PLC, en 1968. Enfant et adolescente, elle le suit en campagne électorale.



Mais la chose politique reste encore bien floue pour cette jeune fille déjà rebelle, qui rêve de devenir actrice, d'entamer des études de droit ou de journalisme. Amoureuse de la langue de Molière, elle s'inscrit finalement en langues à Western, en Ontario, et termine son cursus en France, à l'université de Rouen. À son retour, elle satisfait son goût pour le journalisme en travaillant pour The Ottawa Citizen et The Hamilton Spectator, entre 1974 et 1976.

L'attrait pour la politique l'emporte en 1977, lorsqu'elle décide de se présenter aux élections générales sous la bannière du Parti libéral provincial. Malgré un échec, la machine est lancée, et très vite, elle commence à gravir les échelons. Élue députée du Parti libéral de l'Ontario en 1981, elle devient également députée fédérale dans sa circonscription de Hamilton en 1984, mandat qu'elle renouvellera en 1988, 1993, 1997 et 2000.

Dans l'opposition entre 1984 et 1993 sous le cabinet conservateur de Brian Mulroney, elle se fait alors une solide réputation d'empêcheuse de gouverner en rond. C'est l'époque du Rat Pack, où, épaulée par Don Boudria, Brian Tobin et John Nunziata, elle se livre à des attaques en règle contre la majorité en place. Il en reste plusieurs images mémorables, dont celle d'une Sheila Copps juchée sur sa chaise pour exiger la démission du ministre Sinclair Stevens.

«Je ne suis la belle de personne»

Méprisée par les conservateurs, Sheila Copps fut la cible, à plusieurs reprises, d'attaques misogynes. Il en fut ainsi aux Communes, le 4 juin 1985, lorsque le ministre John Crosbie lui a lancé: «Calmez-vous ma belle!» («Just quieten down, baby»). Ce à quoi elle a aussitôt répondu: «Je suis membre du Parlement, j'ai 32 ans [], je ne suis pas sa belle ni la belle de personne.» Quelques jours après, le ministre des Finances de l'époque, Michael Wilson, a surenchéri avec un «Sortez d'ici, ma belle.» Un an plus tard, elle intitulera son autobiographie Nobody's baby: a survival guide to politics.