Jean Chrétien
Vocation : politicien


JOURNALISTE
Florence Meney

Les portefeuilles de Jean Chrétien

  • 1965 : Secrétaire parlementaire du premier ministre Lester B. Pearson (juillet)
  • 1966 : Secrétaire parlementaire du ministre des Finances
  • 1967 : Membre du Conseil privé et ministre d'État du ministre des Finances (4 avril)
  • 1968 : Ministre du Revenu national (18 janvier à juillet)
  • 1968-1974 : Ministre des Affaires indiennes et du Nord canadien (assermenté le 6 juillet)
  • 1974-1976 : Président du Conseil du Trésor
  • 1976-1977 : Ministre de l'Industrie et du Commerce (nommé le 14 septembre)
  • 1977-1979 : Ministre des Finances (nommé le 16 septembre)
  • 1980-1982 : Ministre de la Justice, ministre d'État chargé du développement social, ministre responsable des négociations constitutionnelles
  • 1982-1984 : Ministre de l'Énergie, des Mines et des Ressources (10 septembre)
  • 1984 : Vice-premier ministre et secrétaire d'État aux Affaires extérieures (30 juin)

 

 

Le rôle du premier ministre

Le rôle du Cabinet

Le Conseil des ministres

Les premiers ministres du Canada

 

Jean Chrétien est titulaire de doctorats honorifiques en droit de l'Université Sir Wilfrid Laurier à Waterloo (1981), de l'Université Laurentienne à Sudbury et de l'University of Western Ontario à London (1982), du collège universitaire Glendon de l'Université York à Toronto (1986), de l'Université de l'Alberta à Edmonton (1987) et de l'Université Lakehead à Thunder Bay (1988).

Il a aussi reçu des doctorats honorifiques des établissements suivants : Université d'Ottawa (1994), Université de Meiji au Japon (1996), École d'économie de Varsovie en Pologne (1999), Michigan State University (1999), Université hébraïque de Jérusalem (2000) et Université Memorial à St. John's (2000).


L'après-Trudeau : la défaite cinglante

Quand Pierre Elliott Trudeau annonce qu'il se retire de la politique en 1984, Jean Chrétien est fin prêt à faire le saut et à devenir chef du Parti libéral. En fait, il n'en peut plus d'attendre. Après des années de loyaux services dans de nombreux ministères, il se sent aguerri. Cependant, très étroitement associé à l'héritage Trudeau, Jean Chrétien traîne un lourd handicap.

L'homme de Trudeau n'incarne pas le changement, le renouveau nécessaire pour donner un élan au parti. Un autre élément joue contre lui : la règle, implicite, de l'alternance, qui veut qu'un chef de parti anglophone succède à un francophone.

Pourtant, Chrétien est à cette époque au meilleur de sa combativité. Il se dit prêt à se mesurer aux forces du Parti québécois, qui dominent dans cette province : « S'ils veulent négocier avec Chrétien comme premier ministre pour l'indépendance, ça va être le fun ! » (avril 1984, pendant la course au leadership)

C'est la défaite cinglante devant John Turner, une défaite qu'il aura beaucoup de mal à accepter, et qui le plongera un temps dans la dépression.

L'unité du Parti libéral ne se fait pas derrière le nouveau chef et, le 27 février 1986, après deux années dans l'opposition, Jean Chrétien démissionne en réaffirmant sa loyauté à Pierre Elliott Trudeau.

Se retirant un temps de la vie publique, de mars 1986 à juin 1990, Jean Chrétien exerce son métier comme avocat-conseil au cabinet de Lang Michener Lawrence et Shaw, qui possède des bureaux à Toronto, Ottawa et Vancouver. Il occupe aussi le poste de conseiller principal auprès de la Corporation Gordon Capital à Montréal.


Faire peau neuve : la deuxième vie politique de Jean Chrétien

Malgré la défaite, l'appel de la politique — cette seconde nature pour Jean Chrétien — est irrésistible.

La débâcle de John Turner survient plus vite que prévu, aidée, écriront certains, par les alliés politiques de Jean Chrétien qui travaillent dans l'ombre pour préparer son retour. Il revient en effet et, cette fois, tout joue en sa faveur. Bien que ses adversaires le présentent comme un homme du passé, Jean Chrétien affirme incarner un avenir radieux dans un Canada unifié.

« Il faut empêcher que l'échec d'un homme, d'un gouvernement, ne devienne l'échec de tout un pays. » (1990)

Le 23 juin 1990, Jean Chrétien est élu chef du Parti libéral du Canada. Il remporte le siège de Beauséjour, au Nouveau-Brunswick, à l'élection complémentaire du 10 décembre 1990, puis est assermenté comme chef de l'opposition le 21 décembre suivant.

Il est réélu député dans la circonscription de Saint-Maurice le 25 octobre 1993, date à laquelle le Parti libéral remporte une majorité de sièges à la Chambre des communes.

Le Parti libéral du Canada

Le programme et quelques principes

  • Le Canada sera un pays d'avant-garde.
  • Le Canada aura des citoyens en santé et un environnement sain.
  • Le Canada aura des communautés dynamiques.
  • Les Canadiens et les Canadiennes seront de fiers citoyens au Canada et à l'étranger.
Source : site du Parti libéral

 

Le premier mandat

Jean Chrétien est assermenté à titre de premier ministre du Canada le 4 novembre 1993.

Dans son premier mandat, Jean Chrétien revient sur des principes définis pendant la campagne électorale. Dans un revirement, son gouvernement, qui luttait contre l'Accord de libre-échange, finit par embrasser l'entente commerciale avec les Américains.

Le gouvernement s'affairera aussi au nettoyage des finances publiques, un mouvement déjà amorcé par le gouvernement Mulroney.

On crée le programme d'infrastructures : Jean Chrétien promet de ramener les chômeurs au travail en investissant des milliards dans des travaux de voirie, en collaboration avec les provinces.

Mais, diront ses adversaires, deux grandes promesses électorales de Jean Chrétien (abolition de la très impopulaire taxe sur les produits et services, et fin de l'Accord de libre-échange nord-américain) n'ont pas été tenues.

À ce sujet, il a dit : « Je vous le dis. La TPS s'en va. C'est un engagement et je vais m'attirer des problèmes si je ne le respecte pas. » Puis, une fois élu : « Je ne vous ai pas menti, c'est que vous m'avez mal compris. »


Dossier constitutionnel

En 1994, le Parti québécois est porté au pouvoir. Le premier ministre Jacques Parizeau dépose aussitôt un avant-projet de loi sur la souveraineté du Québec. En juin 1995, les forces souverainistes s’organisent. Elles seront composées du Parti québécois, du Bloc québécois et de l’Action démocratique du Québec. Ce deuxième référendum propose aux Québécois un Québec souverain assorti d’un partenariat économique et politique négocié avec le reste du Canada. Le 30 octobre 1995, l’option souverainiste échoue de justesse en remportant 49,4 % des voix contre 50,6 % pour le camp du NON. Le taux de participation au référendum a dépassé 93 %.

Quelques jours plus tard, le premier ministre du Canada, Jean Chrétien, annonce que si le OUI l’avait remporté avec une majorité qu’il aurait jugée trop faible, il aurait volontairement bloqué le processus de sécession du Québec.

Distinction

Le premier ministre Jean Chrétien a reçu, à New York, un prix des Nations unies et du Roosevelt Institute pour les efforts déployés par le Canada à l'égard des personnes handicapées. On a notamment souligné le programme fédéral destiné à améliorer les chances d'emploi, le transport, l'hébergement et l'instruction des personnes handicapées, ainsi que la campagne pour l'interdiction des mines antipersonnel.