JOURNALISTE
Florence Meney


 

 


« Mon pays, c'est le Canada, ma province, c'est le Québec, ma langue, c'est la langue française, et il n'y a absolument rien d'incompatible dans tout ça. » (6 avril 1990)

« Je reconnais, comme c’est le cas dans toute démocratie, que beaucoup de Canadiens ont voté pour d’autres partis. Dans certaines provinces, nous ne comptons pas autant de membres que nous le souhaiterions. Je vous promets aujourd’hui que ce gouvernement va écouter tous les Canadiens, où qu’ils habitent au Canada. Nous allons gouverner dans l’intérêt de tous les Canadiens, sans égard au parti pour lequel ils ont voté. » (après les élections fédérales)

« J'étais en politique depuis assez longtemps pour connaître les petites guerres d'influence, savoir marcher le dos au mur, les coudes levés, avec un grand sourire aux lèvres : ceux qui n'apprennent pas cela sont vite éliminés ! Dans l'arène politique, on doit sans cesse combattre pour survivre. » (1984)

« Les gens qui se prennent pour d'autres, ces roturiers qui deviennent des connaisseurs de vin mais refusent de dire d'où ils viennent, ces nouveaux riches, ils ne m'épatent pas. »


EN BREF

  • Né le 11 janvier 1934 à Baie-de-Shawinigan (Québec).
  • Avocat de formation.
  • Marié en 1957 à Aline Chaîné (née en 1936).
  • Il a une fille, France, et deux fils, Hubert et Michel, un jeune Inuit adopté en 1969.
  • Jean Chrétien a quitté ses fonctions de premier ministre et de chef du Parti libéral du Canada le 12 décembre 2003.



Le p'tit gars de Shawinigan... au-delà des clichés

Une date hautement symbolique pour lui

L'anniversaire de naissance de Jean Chrétien, le 11 janvier, coïncide avec celui de Sir John A. Macdonald, qui fut premier ministre du Canada de juillet 1867 à novembre 1873, et d'octobre 1878 à juin 1891.

Joseph Jacques Jean Chrétien est le fils de Wellie Chrétien et de Marie Boisvert-Chrétien. Plus précisément, il est le 18e des 19 enfants de cette famille. Fait notable, et hautement représentatif de la condition des familles à cette époque, seuls neuf de ces enfants vécurent jusqu'à l'âge adulte.

Malgré l'image populiste que l'on a de Jean Chrétien et que lui-même s'est plu à entretenir durant son long cheminement en politique, on vivait plutôt bien dans la famille Chrétien, à Baie-de-Shawinigan. On était loin de la gêne. La maison de brique était confortable et le potager fournissait de nombreux légumes.

Le père, Wellie, avait un bon emploi comme machiniste dans une usine de papier de Shawinigan. Il s'adonnait en plus à plusieurs petits métiers pour améliorer l'ordinaire de sa famille, et il était secrétaire de sa municipalité.

Dans son autobiographie, * Dans la fosse aux lions, Jean Chrétien explique que, très tôt, il a baigné dans un monde où la politique faisait partie intégrante de l'existence. Wellie Chrétien était organisateur libéral. Selon Jean Chrétien, sa famille a toujours été « pure », c'est-à-dire libérale dans la vraie tradition anticléricale des libres penseurs du XIXe siècle. Son grand-père, François Chrétien, avait été militant et maire. Dès l'âge de 15 ans, le jeune Jean distribue des tracts politiques et assiste à des assemblées.

Grâce à la vaillance des parents, tous les enfants de la famille Chrétien ont pu faire de bonnes études, y compris Jean, qui pourtant, au départ, n'obtenait que de modestes résultats scolaires.

Pendant ses jeunes années, Jean Chrétien passe par une phase rebelle. Il raconte même avoir été un temps le mouton noir de la famille, souvent mêlé à de mauvais coups avec deux de ses frères. Il attribue en partie ses difficultés scolaires de l'époque à une paralysie partielle qui le prive de son oreille droite et lui déforme la bouche.

Pour plaisanter, son père disait souvent que, pour obtenir un bulletin scolaire aux notes potables, il devait additionner ceux de ses trois plus jeunes fils.

Après avoir fréquenté les collèges classiques de Shawinigan, de Joliette et de Trois-Rivières, Jean Chrétien fait ses études de droit à l'Université Laval, où il se joint au Club des étudiants libéraux.

En 1957, il épouse celle qui sera d'un appui précieux dans sa vie, Aline Chaîné, originaire de Shawinigan.

Reçu au Barreau en 1958, il ouvre son cabinet dans le quartier populaire de Shawinigan-Nord.

En 1962-1963, il devient directeur du Barreau de Trois-Rivières.

 

* Dans la fosse aux lions, Jean Chrétien, autobiographie, Éditions de l'Homme, Montréal, 1985.

 
 
Jean Chrétien
Vocation : politicien
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