Revient sur la scène

 


JOURNALISTE
Florence Meney


 

 

« C'est un gars très sensible et, contrairement à ce qu'on peut penser, facile à vivre. »
- Lucien Bouchard, à propos de Guy Chevrette


En bref :

Il est né le 10 janvier 1940 dans la région de Joliette, au Québec.

Il est titulaire d'un baccalauréat en pédagogie de l'Université de Sherbrooke.

Il a cumulé jusqu'à cinq responsabilités ministérielles. Il a quitté la vie politique le 29 janvier 2002.

 

 

Le 2 octobre 2002, le premier ministre du Québec annonce que l'ancien ministre péquiste Guy Chevrette reprend du service : le premier ministre le nomme conseiller dans le dossier des négociations avec les peuples autochtones. Guy Chevrette représentera le premier ministre auprès des populations blanches pour recueillir leurs commentaires sur les ententes intervenues il y a quelques mois avec les Innus du Québec. Il aura aussi pour mission de leur expliquer les ententes.


Guy Chevrette avait pourtant quitté la scène politique avec fracas en annonçant, le 29 janvier 2002, qu'il démissionnait comme ministre et comme député de la circonscription de Joliette. L'ancien ministre des Transports du Québec est un vétéran de l'Assemblée nationale, où il a passé 25 ans. Quelque temps avant son départ de la vie politique, des rumeurs voulant qu'il soit exclu du Conseil des ministres allaient bon train. Il avait lui-même laissé planer la perspective de son départ depuis des mois.

 

 

 

Biographie :

Guy Chevrette est né à Saint-Côme (Joliette) le 10 janvier 1940, au sein d'une famille très modeste dont le père était bûcheron.

« Mon père acceptait mal que je coûte cher et que je ne rapporte pas », dira-t-il.

Sur les bancs de l'école, sa petite taille lui attirait des railleries. Lorsque, plus tard, il sera devenu politicien, on le surnommera « Ti-coq », car Guy Chevrette a un tempérament pugnace.

Tandis que sa famille trime pour joindre les deux bouts, le jeune Guy fréquente le séminaire de Joliette, puis le pensionnat Montfort de Papineauville.

Il obtient un baccalauréat en pédagogie de l'Université de Sherbrooke en 1960 et devient enseignant au sein de la Commission scolaire régionale de Lanaudière, de 1960 à 1971, ainsi que chargé de cours à l'Université du Québec à Montréal.

Guy Chevrette s'intéresse vite au syndicalisme. En 1972, Il devient négociateur en chef des enseignants du Québec et est élu premier vice-président de la Centrale de l'enseignement du Québec en 1974.

C'est à cette époque qu'il rencontre Lucien Bouchard, alors avocat à Chicoutimi. Ce dernier s'occupe du dossier de la privatisation des séminaires pour les congrégations religieuses, tandis que Guy Chevrette négocie les conditions de travail des enseignants. Les deux hommes deviendront proches, et leur amitié durera des années.

C'est l'action syndicale qui propulse Guy Chevrette dans le monde de la politique : ses talents de négociateur le font remarquer à Joliette.

En 1974, Robert Bourassa crée la Commission Cliche, une commission royale d'enquête sur la liberté syndicale et son exercice dans le monde de la construction. Comme Lucien Bouchard et Brian Mulroney, Guy Chevrette en fera partie.

L'homme a maintenant rejoint les rangs du Parti québécois. Il compte se présenter dans Joliette pour devenir député provincial. Il y a cependant un hic majeur à ce projet : Joliette est le fief de Bernard Landry, alors lui aussi jeune politicien. Ce dernier s'est déjà présenté deux fois comme candidat, mais a été battu par son adversaire libéral, un homme très respecté dans la région.

Pourtant, en 1976, le PQ de René Lévesque opte pour Guy Chevrette.

 

 

Guy Chevrette et Bernard Landry : des relations faites de respect... et de rivalité.

Depuis leurs débuts en politique, il existe une rivalité entre les deux hommes, et elle persistera. Leurs relations sont complexes, selon les observateurs, car leurs responsabilités politiques les ont souvent placés en opposition, surtout pendant les années au pouvoir de Lucien Bouchard. Cependant, chacun respecte le bagage politique et les compétences de l'autre.

 

Guy Chevrette sera ainsi élu pour la première fois comme député de la circonscription de Joliette-Montcalm en 1976. Pourtant, il lui faudra attendre six ans pour accéder à un poste de ministre.

En attendant, il deviendra adjoint parlementaire au ministre du Travail et de la Main-d'œuvre, puis adjoint parlementaire au ministre des Transports et whip en chef du gouvernement.

Réélu député en 1981 dans Joliette, il prendra finalement le portefeuille du Loisir, de la Chasse et de la Pêche en 1982.

Guy Chevrette prend ensuite rapidement du galon. Il devient ministre de la Santé et des Services sociaux en 1984.

C'est un politicien de la « vieille école », qui connaît personnellement beaucoup de ses électeurs. On lui reproche par contre d'être un peu vantard et brouillon, mais il est très efficace dans son travail, aux dires de ses collaborateurs.

Son influence sera grande à la suite du départ de René Lévesque (1985) et après la mort de celui-ci. Il agira comme grand rassembleur d'un PQ désorienté, en particulier lors d'un discours prononcé en tant que chef intérimaire du parti, allocution qui souleva l'émotion de l'assistance.

Une nouvelle fois élu en décembre 1985, il est leader parlementaire de l'opposition officielle, du 10 décembre 1985 au 12 novembre 1987.

Il sera porte-parole de l'opposition en matière de travail, d'approvisionnement et services, et de voirie. Guy Chevrette agira comme chef de l'opposition officielle du 12 novembre 1987 au 3 octobre 1989.

Il devient leader parlementaire du gouvernement et est nommé ministre d'État au Développement des régions, ministre des Affaires municipales et ministre responsable de la Réforme électorale.

Guy Chevrette a cumulé jusqu'à cinq portefeuilles ministériels.

 


 

Il assistera Jacques Parizeau dans ses efforts d'ascension politique. Celui-ci saura lui en être gré une fois qu'il aura pris les rênes du pouvoir.

 

 

 

 

Pendant la campagne référendaire de 1995, Guy Chevrette s'activera sans relâche dans le camp du OUI.

 

 

 

 

Le 30 octobre 1995, l’option souverainiste échoue de justesse en remportant 49,4 % des voix contre 50,6 % pour le camp du NON. Le taux de participation au référendum a dépassé 93 %. Au lendemain de cette défaite, Jacques Parizeau démissionne de son poste de premier ministre du Québec. Le chef du Bloc québécois, Lucien Bouchard, lui succédera à la tête du Parti québécois.

(Extrait de notre dossier La saga constitutionnelle).

 

Ardent partisan du OUI, il sera déçu de la ligne plus douce adoptée plus tard par Lucien Bouchard.


 

L'arrivée de Lucien Bouchard au pouvoir en 1996 marque cependant le début de ce que certains qualifient de ralentissement ou de déclin. Il faut dire aussi que c'est une période de deuil et de difficultés pour Guy Chevrette, qui perd sa femme et son père en l'espace d'un an.

Certaines voix commencent à se faire entendre, laissant penser qu'il serait peut-être temps que le politicien prenne sa retraite.

Certaines décisions de son chef Lucien Bouchard l'ulcèrent : il se fait retirer, par exemple, le poste de leader parlementaire. Bernard Landry aura beaucoup plus d'influence que lui au sein du cabinet Bouchard.

« Parizeau avait besoin du populiste Chevrette alors que Bouchard a davantage besoin de l'économiste qu'est Landry », selon Michel David, cité dans un article paru en 1998 dans l'Actualité.

Le 29 janvier 1996, Guy Chevrette est nommé ministre d'État des Ressources naturelles, ministre responsable du Développement des régions, ministre responsable des Affaires autochtones et ministre responsable de la Réforme électorale et parlementaire. Il est aussi ministre responsable de la région de Lanaudière et de la région Nord-du-Québec. À la suite de la création du ministère des Régions et du rattachement du Secrétariat aux Affaires autochtones au ministère du Conseil exécutif, le 1er avril 1998, il est nommé ministre des Régions et ministre délégué aux Affaires autochtones, tout en conservant ses autres fonctions.

À la tête des Ressources naturelles, c'est lui qui choisira André Caillé pour remettre de l'ordre à Hydro-Québec.

 

 

 

Le 23 septembre 1998, il est nommé ministre d'État des Ressources naturelles, ministre délégué aux Affaires autochtones et ministre responsable de la Réforme électorale.

FInalement, en 1998, Guy Chevrette est nommé ministre des Transports, ministre délégué aux Affaires autochtones et ministre responsable de la Faune et des Parcs.

 

Quelques dossiers récents :

Janvier 2002 : 1,4 milliard de dollars pour les routes du Québec

Décembre 2001 : Le virage à droite au feu rouge

Décembre 2001 : Chevrette veut relancer ses propres projets routiers

Novembre 2001 : Autoroute 30 : Guy Chevrette presse Ottawa

Mai 2001 : La réforme de la carte électorale reportée

Décembre 2000 : La confidentialité des fichiers de la SAAQ mal protégée

 

 

 
 

 

Hyperliens :

Ministère des Transports du Québec

Secrétariat aux Affaires autochtones du Québec

Gouvernement du Québec


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