Pierre Bourgault

1934 - 2003

 


En bref

Une carrière diversifiée

Réactions

Écrits et références

Hyperliens


« L'indépendance, ce n'est pas une récompense,
c'est une responsabilité. »


« J'ai souvent passé pour un extrémiste parce qu'on croyait que l'indépendance était une solution extrémiste. C'est tout à fait ridicule. Dans ce cas, tous les pays indépendants seraient extrémistes. Seuls les colonisés peuvent traiter d'extrémistes ceux qui parlent de l'indépendance. »


« On m'a demandé l'autre jour : "Qu'est-ce qu'un Québécois?" J'ai répondu : "C'est quelqu'un qui veut l'être. Quelqu'un qui assume le passé, le présent et l'avenir du Québec." »


« Sauver le monde, ramasser les chiens écrasés. Voilà la plus grande partie de moi.»


« On est un 
peuple qui ne discute plus. »


« Ce que j'aurais aimé le plus? Être une femme à la maison, élever des enfants, faire le repassage, décorer, faire la cuisine, changer les couches. »


« D'abord, j'ai vécu dans la misère jusqu'en 1976. Entre 1964 et 1976, j'ai gagné 2800 $. À la fin, j'étais sur le bien-être social [sic].»

 

 

Une carrière diversifiée

L'homme de spectacle

Brièvement officier d'artillerie de l'armée canadienne au début des années 50, Pierre Bourgault montre des dispositions pour la scène très tôt : il monte quelques pièces au collège puis, entre 1954 et 1956, il se joint à la bande du Père Legault, qui donne des représentations à l'Oratoire. Au cours des années 50 et 60, on le voit à la télé, notamment dans Côte de sable, La boîte à surprise, Le Grand Duc, Ouragan, CF-RCK et Rue de l'anse. Plus récemment, en 1991, il a incarné un dompteur de vers de terre, personnage composite inspiré à la fois de lui et d'André Petrowski, de L'ONF, dans le film Léolo de Jean-Claude Lauzon. Pierre Bourgault est également le scénariste du téléfilm Marco ou la fable du pouvoir, réalisé en 1992 par Jean-Yves Laforce.

L'homme des médias

La voix de Pierre Bourgault aura résonné dans de multiples tribunes, et sa pensée agile, résolument lapidaire, se sera exprimée sur une foule de sujets, des plus philosophiques aux plus triviaux. En ondes comme dans la vie, il admet librement son homosexualité et revendique en toutes choses le droit à la différence, comme celui de fumer, par exemple.

Au milieu des années 50, Pierre Bourgault devient annonceur, d'abord à la radio CHLN, à Trois-Rivières, puis à la radio de Sherbrooke. Il passe ensuite à la télé, devenant annonceur et régisseur à CBOFT, une station d'Ottawa, vers 1957.

En 1959, il obtient un poste de régisseur à la télévision de Radio-Canada, à Montréal, poste qu'il quittera en 1960 pour un séjour de six mois en Europe. À son retour, il est embauché au quotidien La Presse et devient rédacteur de la section magazine jusqu'en 1964. Il est également animateur de l'émission 20 ans express, à la télé de Radio-Canada, vers les années 1962-1963.

Entre 1964 et 1976, il connaît d'importantes périodes de chômage et reproche alors aux médias d'exclure les indépendantistes. Il collabore à L'Indépendant et dirige, de 1970 à 1971, le magazine indépendantiste Point de Mire. Il est également pigiste pour Le Jour.

Après 1976, il travaille de nouveau pour les stations de radio. Il est morning man à la station CKCV à Québec en 1986, animateur, avec Marie-France Bazzo, de l'émission Plaisirs à Radio-Canada, et il travaille à CKAC au début des années 90. À la télévision, il collabore à l'émission Studio libre à Radio-Canada, et il anime Point de vue à Télé-Québec vers 1997. En parallèle, il collabore à divers périodiques.

Le professeur

Pierre Bourgault devient professeur au Département des communications de l'UQAM en 1976, un poste qu'il occupera jusqu'en 2000. Des générations d'étudiants se souviennent de son style incisif, parfois provocant, mais jamais ennuyeux.

Le militant infatigable

Pierre Bourgault, lors d'une manifestation pour un Québec français, en 1971.

Pierre Bourgault a marqué son temps de bien des façons, mais c'est sans doute comme militant qu'il se sera le plus fait entendre et remarquer. Jeune homme, il adhère au Rassemblement pour l'indépendance nationale (RIN), en 1960, quelques semaine après sa fondation par André D'Allemagne et Marcel Chaput. Il devient président du mouvement, alors devenu parti politique, de 1964 à 1968.

Candidat du RIN dans le comté de Duplessis aux élections de juin 1966, il perd par 2 % des voix.

En 1968, Pierre Bourgault est l'artisan du sabordage du RIN, qui fusionne avec le MSA (Mouvemement souveraineté-association) pour devenir bientôt le Parti québécois. Devenu membre du PQ, il tente sans succès de se faire élire à l'exécutif national du PQ en 1970, puis se porte candidat du PQ dans Mercier aux élections d'avril 1970. Robert Bourassa remporte le scrutin. Élu membre de l'exécutif national du PQ en mars 1971, il partira en janvier 1973, en conflit avec René Lévesque sur la politique linguistique du parti.

Au référendum de 1980, malgré son profond désaccord avec la question référendaire, il fera campagne en faveur du Oui. Sanguin et ennemi du compromis, il claque la porte du Parti québécois en 1981. Dans une lettre brutale publiée le 18 décembre 1981 dans Le Devoir, Pierre Bourgault incite les péquistes à choisir entre René Lévesque et l'indépendance.

Finalement, Pierre Bourgault effectue un retour en politique active à l'automne 1994 pour le référendum de 1995, devenant alors le conseiller spécial en communication de Jacques Parizeau. Son commentaire, suggérant qu'il serait dangereux qu'une très grande majorité de Québécois francophones votent pour le Oui, mais perdent quand même le référendum à cause du vote négatif d'un groupe spécifique et identifiable de Québécois (les anglophones et les allophones), sème l'embarras parmi les troupes souverainistes. Pour calmer la controverse, Bourgault doit démissionner en janvier 1995.

Pierre Bourgault : les grandes étapes de sa vie. Le reportage de Claude Desbiens.
Décès de Pierre Bourgault : les reportages de Luc Chartrand et Alain Picard (Le Point).