Lucien Bouchard

En bref

De Saint-Cœur-de-Marie à Paris : la formation d’un politicien

L’expérience conservatrice

L’expérience bloquiste

L’expérience péquiste

Le constat d’échec

Quelques livres

Hyperliens

 



JOURNALISTE:
NICOLAS DUGUAY


Rester dans l’ombre



« Je ne vais certainement pas commenter les actions et les décisions du gouvernement. Je ne vais pas non plus commenter les prises de position de l’opposition même si parfois, j’imagine, il y aurait matière à le faire »
- Lucien Bouchard, expliquant qu’il ne comptait pas, une fois retiré de la politique active, commenter les décisions de ses successeurs



L’expérience péquiste

Le 27 janvier 1996, Lucien Bouchard est élu par acclamation à la tête du Parti québécois et, deux jours plus tard, il devient officiellement premier ministre du Québec. Le 19 février suivant, une élection complémentaire dans la circonscription de Jonquière lui permet d’obtenir un siège de député à l’Assemblée nationale.

Dès son arrivée à Québec, Lucien Bouchard relègue la souveraineté au second plan et entame un vaste programme d’assainissement des finances publiques afin de donner au Québec un nouvel essor économique.

Objectif « Déficit zéro »

Lucien Bouchard estime que, pour prétendre à l’autonomie, le Québec doit démontrer qu’il peut avoir à sa tête un « bon gouvernement ». Il convoque donc, en mars et octobre 1996, deux sommets socioéconomiques, desquels émane un consensus en faveur de l’élimination, en trois ans, du déficit budgétaire du gouvernement.

 

Mais s’il a pondéré, temporairement, les aspirations souverainistes de son parti, les militants péquistes sont nombreux à exiger que le gouvernement Bouchard remette la question nationale à l’ordre du jour. C’est dans cette atmosphère d’hésitations entre les impératifs économiques et l’idéal souverainiste que naissent, à la fin 1996, les fameuses « conditions gagnantes » nécessaires pour la tenue d’un autre référendum.

À l’automne 1998, Lucien Bouchard se présente pour la première fois dans des élections générales québécoises, mais ne réussit qu’à remporter une demi-victoire, victime en partie de ses politiques d’austérité économique et de ses hésitations sur la question nationale.

Avec une majorité de sièges à l’Assemblée nationale (75 contre 48), mais une minorité de voix (42,94 %, contre 43,61 % pour les libéraux de Daniel Johnson), le Parti québécois obtient le mandat de gouverner, mais ne peut compter sur suffisamment d’appui dans la population pour se diriger vers un autre référendum.

Le premier ministre Bouchard, voyant dans ces résultats mitigés la preuve que les « conditions gagnantes » ne sont pas encore réunies, maintient l’objectif du « déficit zéro ». Il parvient finalement à atteindre son objectif d’assainissement des finances à la fin de l’année budgétaire 1999, non sans avoir soulevé la grogne des milieux de la santé et de l’éducation.

En 2000, tandis que les militants du parti lui accordent un vote de confiance sans équivoque lors du 14e congrès du PQ, Lucien Bouchard doit affronter une population québécoise déchirée sur la question des fusions municipales, une question qui se clôt finalement, en décembre de la même année, avec l’adoption du projet de loi 170.