Lucien Bouchard

En bref

De Saint-Cœur-de-Marie à Paris : la formation d’un politicien

L’expérience conservatrice

L’expérience bloquiste

L’expérience péquiste

Le constat d’échec

Quelques livres

Hyperliens

 



JOURNALISTE:
NICOLAS DUGUAY


Rester dans l’ombre



« Je ne vais certainement pas commenter les actions et les décisions du gouvernement. Je ne vais pas non plus commenter les prises de position de l’opposition même si parfois, j’imagine, il y aurait matière à le faire »
- Lucien Bouchard, expliquant qu’il ne comptait pas, une fois retiré de la politique active, commenter les décisions de ses successeurs



L’expérience conservatrice

Après avoir passé près de trois ans comme diplomate à Paris, Lucien Bouchard est rappelé au pays en 1988. Le nouveau secrétaire d’État du Canada hérite du projet de loi C-72 sur le bilinguisme dans les entreprises, et ce, au moment où le Québec est plus que jamais divisé sur la question linguistique.

Élu député progressiste-conservateur une première fois lors d’élections complémentaires dans la circonscription de Lac-Saint-Jean, Lucien Bouchard est réélu cinq mois plus tard lors des élections générales du 21 novembre 1988. Le nouveau député – c’est la première fois en effet que Lucien Bouchard se présente personnellement lors d’une élection générale – est nommé en janvier 1989 à la tête du ministère de l’Environnement. À ce poste, il entreprend un vaste et ambitieux « plan vert » d’investissements en matière environnementale évalué à 10 milliards de dollars.

« Veux-tu donc me présenter chez les ours polaires? »
- commentaire de Lucien Bouchard à Brian Mulroney, qui lui offrait la circonscription de Lac-Saint-Jean (son lieu de naissance) pour les élections de 1988

Il n’a cependant pas le temps de mener à bien son projet, sa carrière de politicien fédéraliste prenant abruptement fin, en mai 1990, à la suite du dépôt par Jean Charest, alors député en disgrâce dans le gouvernement Mulroney, d’un rapport modifiant l’accord constitutionnel du lac Meech.

Pour Lucien Bouchard, le rapport Charest consacre l’impossibilité de réformer la fédération canadienne, et, convaincu que l’avenir du Québec ne trouvera sa voie que dans l’accession à la souveraineté, il démissionne de ses fonctions de ministre et de député progressiste-conservateur le 22 mai 1990. En claquant la porte du PPC, Lucien Bouchard perd deux amis, Brian Mulroney et Jean Charest.

 

« Seul un État québécois, démocratiquement nanti d’un mandat clair, fondé sur la récupération de ses pleines attributions, disposera de l’autorité politique nécessaire pour négocier l’association canadienne de demain […] »
- Lucien Bouchard, dans sa lettre de démission du Parti progressiste-conservateur

L’accord du lac Meech meurt peu de temps après, définitivement enterré par le refus du Manitoba et de Terre-Neuve de ratifier l’entente.