Félix Leclerc

Le roi heureux, le fou de l'île, le chanteur engagé

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La consécration française

Félix et l'engagement politique

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JOURNALISTE
Jean-Philippe Cipriani

La consécration française

De passage à Québec en 1950, l'imprésario français Jacques Canetti découvre Félix Leclerc par l'entremise de Jacques Normand, qui lui fait écouter un enregistrement de la chanson Le train du Nord. Après une audition, un contrat d'engagement est signé : cinq ans d'exclusivité chez Polydor, et huit chansons par an.

Félix Leclerc quitte le pays pour Paris six mois plus tard. Vers la fin décembre, il fait ses débuts au théâtre de l'ABC, en première partie des Compagnons de la chanson, sous les éloges d'Édith Piaf et de Maurice Chevalier. Avec ses bottes, sa veste à carreaux et sa guitare, Félix Leclerc, surnommé le Canadien, obtient un succès immédiat, sans changer ses textes ni sa langue.

Au Québec, où l'on se moque parfois de ses allures du terroir, on est partagé entre la surprise et la fierté de voir la chanson québécoise rayonner à l'étranger. Félix Leclerc part à la conquête du Vieux Continent : deux années de tournées où il reçoit même les compliments de jeunes loups comme Jacques Brel et Georges Brassens. Ses livres sont aussi réédités en France.

Il est de retour au Québec en 1953, sous les acclamations de ceux qui le boudaient pourtant avant son départ, et triomphe dans une série de spectacles au Continental de Jacques Norman. Deux ans plus tard, Moi, mes souliers, un récit autobiographique, est publié.

En 1963, il revient au théâtre pour monter L'auberge des morts subites au Gésu, à Montréal. Sa pièce, reprise plus tard au Monument national, sera jouée 153 fois au total.

En 1965, année de la mort de son père, Félix Leclerc rompt ses liens professionnels avec Jacques Canetti pour confier sa carrière à Jean Dufour. Entre-temps, ses relations avec la presse québécoise s'enveniment.

Après l'échec de sa comédie Les temples, présentée à la Comédie canadienne en 1966, Félix Leclerc quitte le Québec et s'installe à Celle St-Cloud, en Suisse, avec sa seconde femme, Gaétane Morin. Ils auront deux enfants, Francis et Nathalie.

L'année 1967 est celle du tour de chant au théâtre Bobino de Paris et d'une autre tournée à travers l'Europe. Félix Leclerc chante aussi à la Place-des-Arts, avec Cora Vaucaire en première partie. De retour au Québec en 1970, il s'installe à l'île d'Orléans dans une maison qu'il bâtit lui-même.

Félix Leclerc a vu son œuvre couronnée par de nombreuses récompenses. En voici quelques-unes :
  • Lauréat du prix de l'Académie Charles-Cros, plus haute récompense de la chanson en France, en 1951, 1958 et 1973;
  • Officier de l'Ordre du Canada en 1971;
  • Prix Calixa-Lavallée pour la musique, remis par la Société Saint-Jean-Baptiste en 1976;
  • Médaille Bene Merenti de Patria de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, remise à un « compatriote ayant rendu des services exceptionnels à la patrie », en 1976;
  • Prix Denise-Pelletier en 1977 pour l'ensemble de son œuvre théâtrale;
  • Doctorat honoris causa de l'Université du Québec en 1980;
  • Grand officier de l'Ordre national du Québec, en 1985;
  • Chevalier de la Légion d'honneur française en 1986;
  • Médaille de l'Académie des lettres du Québec en 1987.

De plus, la Fondation Félix-Leclerc remet, chaque année, les prix Félix-Leclerc pour la chanson depuis 1996, et pour la poésie depuis 1999.