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Le bilan

 

Les forces policières unifiées, qui comprenaient celles de la Sûreté du Québec (SQ), de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) et des polices municipales de Québec et de Sainte-Foy, ont dressé le bilan de leurs activités. De leur point de vue, Québec s'en est mieux tirée que Seattle, Nice ou Prague. « Des centaines de personnes étaient présentes à Québec pour déstabiliser les manifestants pacifiques avec l'intention de casser, d'incendier et de blesser. [...] Malgré la présence de ces casseurs, nous avons réussi à minimiser les dommages et les blessures. Nous avons évité le pire et le pire ne s'est pas produit », a déclaré Robert Poéti, porte-parole de la SQ, qui a profité de l'occasion pour offrir ses meilleurs voeux aux policiers d'Argentine, où se tiendra le prochain Sommet des Amériques, en 2005.

De son côté, le ministre de la Sécurité publique du Québec, Serge Ménard, a louangé le professionnalisme des policiers qui ont, dans les circonstances, fait preuve de retenue. « Je crois sincèrement, a-t-il déclaré, que le Québec a établi de nouveaux standards de conduite policière lors de pareilles manifestations dans le monde. À la fin de ce Sommet, nous pouvons dire "mission accomplie". »

Coût des mesures de sécurité

Le ministre de la Sécurité publique du Québec, Serge Ménard, a indiqué que les mesures de sécurité au Sommet des Amériques auront coûté 100 millions de dollars, tous corps policiers confondus. À lui seul, le Québec aura dépensé au moins 38 millions de dollars. De son côté, la Ville de Québec a l'intention de transmettre au gouvernement fédéral une facture d'environ 2,5 millions de dollars pour les inconvénients subis à cause du Sommet. Le maire, Jean-Paul L'Allier, estime à environ 150 000 dollars le coût direct du Sommet pour les contribuables de sa ville.

 

Ce n'est pas l'avis des observateurs de la Ligue des droits et libertés de la personne, qui ont sévèrement blâmé le travail des autorités policières durant le Sommet. Au cours d'une conférence de presse, les porte-parole de la Ligue ont affirmé que 95 % des manifestants présents à Québec étaient « pacifiques et festifs » et qu'ils ne méritaient pas les réactions « brutales et inacceptables » des policiers. Le président de la Ligue, André Paradis, a même déclaré que le comportement des policiers avait incité ou provoqué les débordements.


André Paradis, président de la Ligue des droits et libertés

La Ligue des droits et libertés, qui présentera plus tard un rapport détaillé de ses observations, a également souligné les carences du système judiciaire et les méthodes de détention à la prison d'Orsainville. Elle affirme qu'on aurait violé systématiquement le droit de tout prévenu de demander un avocat et qu'on aurait procédé à des mises à nu incorrectes. Des détenus auraient manqué d'eau et, dans la section réservée aux femmes, les détenues se retrouvaient quatre par cellule avec des matelas installés à même le sol.

Une semaine plus tard, les cinq observateurs indépendants nommés pour surveiller le travail des corps policiers durant le Sommet des Amériques remettaient leur rapport au ministre de la Sécurité publique du Québec, Serge Ménard. De façon générale, les observateurs Marc Brière, Henri Brun, Renée Millette, Nicole Trudeau et Daniel Turp ont conclu que le comportement des policiers, au cours des manifestations et lors d'arrestations, avait respecté les droits fondamentaux des personnes. Les observateurs se sont toutefois demandé si la police avait vraiment besoin de recourir à des balles de plastique ou de caoutchouc et si les forces policières n'avaient pas utilisé une quantité exagérée de gaz pour contrôler les manifestants.

Les observateurs ont dressé un constat plus critique en ce qui concerne la détention des personnes arrêtées, puis transférées à la prison d'Orsainville. Si des droits ont été bien respectés, comme le droit à l'assistance d'un avocat, les observateurs ont dénoncé en particulier la situation qui a prévalu dans la nuit du samedi 21 au dimanche 22 avril dans la zone policière de la prison. Les observateurs disent avoir constaté que des personnes avaient passé la nuit à deux, trois, quatre et parfois cinq dans des cellules dans lesquelles il y avait au plus deux lits. Les observateurs ont également critiqué les autorités d'Orsainville parce que le droit des personnes arrêtées de prévenir des proches sans délai n'aurait pas toujours été respecté.

De façon majoritaire, le comité n'a pas recommandé la tenue d'une enquête publique sur le travail des forces policières au Sommet de Québec parce qu'il n'entre pas dans son mandat de faire des recommandations. Un des cinq observateurs, Marc Brière, juge retraité du Tribunal du travail du Québec, s'est dissocié de cette position et a recommandé la tenue d'une enquête administrative ou publique.

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Le bilan en chiffre

Nombre d'arrestations : 463, dont 280 pour la seule nuit de samedi à dimanche.

Nombre de blessés : 19 chez les policiers (dont deux sérieusement) et environ 150 chez les manifestants (dont une femme atteinte d'une balle de caoutchouc au thorax qui a dû subir une intervention chirurgicale).

Nombre de canettes de gaz lancées par les autorités policières : 3900 par la GRC et 1700 par la SQ.

Nombre de balles de plastique ou de caoutchouc tirées par les autorités policières : 502 par la GRC et 320 par la SQ.

Nombre de manifestants durant le Sommet de Québec : 60 000 (comparé à 40 000 à Seattle).

Nombre de manifestants pour une seule activité : 30 000, un record, durant la Marche des peuples.

Nombre de manifestants prônant l'action directe non violente : entre 1000 et 2000.

Nombre de manifestants prônant l'action directe violente : environ 60 personnes, vraisemblablement affiliées au Black Bloc (comparé à 150 à Seattle).

 


 

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