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Les affrontements entre policiers et manifestants

 


Activiste antimondialisation

Après Seattle, Prague et Washington, Québec aura été à son tour le théâtre de scènes d'affrontement parfois brutales entre forces de l'ordre et activistes antimondialisation qui accompagnent dorénavant, depuis la fin 1999, les grandes rencontres économiques internationales.

Dès le début de la semaine, les autorités policières ont effectué des rafles qui ont mené à l'arrestation de sept individus âgés d'une vingtaine d'années, parmi lesquels on compte un réserviste de l'armée canadienne. Au terme de cinq mois d'enquête de la Sûreté du Québec et de la Gendarmerie royale du Canada, les policiers ont indiqué que ces individus appartenant à la « cellule Germinal » se préparaient à commettre des actes violents lors du Sommet des Amériques. Les suspects se défendent de telles accusations, qu'ils estiment largement exagérées, et ont plaidé non coupables. Ils étaient en possession de cagoules, de lance-pierres, de bombes fumigènes, de frondes et de billes en acier, de bâtons de baseball et de masques à gaz.

La Cour supérieure a rejeté la requête de l'avocat Marc Tremblay, qui demandait qu'on lui reconnaisse le droit de manifester à l'intérieur du périmètre de sécurité mis en place à Québec pour le Sommet des Amériques. Le juge a rejeté les prétentions de Me Tremblay, qui soutenait que l'ampleur des mesures de sécurité brimait ses droits fondamentaux. Le tribunal estime que, même s'il porte effectivement atteinte à la liberté d'expression, le périmètre de sécurité était justifié dans les circonstances.


Le jeudi soir 19 avril, environ 2000 personnes ont participé à la Marche aux flambeaux organisée par le Comité d'accueil du Sommet des Amériques (CASA) et la Convergence des luttes anticapitalistes (CLAC). Les manifestants ont évité de s'approcher du périmètre de sécurité afin de ne pas provoquer les forces de l'ordre. Aucun incident n'a été signalé et la marche s'est plutôt déroulée dans une ambiance carnavalesque.


Québec aura été à son tour le théâtre de scènes d'affrontement parfois brutales

En revanche, les choses se sont envenimées durant la journée du vendredi. En après-midi, environ 2000 manifestants rassemblés devant le périmètre de sécurité près du Grand Théâtre de Québec ont réussi à abattre en quelques minutes une section d'une trentaine de mètres du « mur de la honte ». Ils ont également lancé des pierres, des bouteilles, des canettes et... des animaux en peluche sur les forces de l'ordre, qui ont riposté avec des gaz lacrymogène et des balles de plastique. Quelque 150 policiers anti-émeute, armés de gourdins et protégés par des boucliers, ont alors formé un cordon et marché en direction des manifestants pour les forcer à reculer. Un véhicule des médias a été saccagé par les manifestants dans le cours de l'action.

Les affrontements se sont poursuivis durant toute la soirée, la fumée des gaz lacrymogènes donnant à la ville de Québec des allures de zone de guerre. Au même moment, le chef de l'État cubain, Fidel Castro, transmettait un message de solidarité aux manifestants antimondialisation de Québec. Étant un pays jugé non démocratique, Cuba a été exclu du Sommet des Amériques sous la pression des États-Unis, même si la plupart des pays du continent sont favorables à l'inclusion de cet État dans le processus des Amériques.

L'arrestation de Jaggi Singh

L'arrestation du militant de la Convergence des luttes anticapitalistes (CLAC) Jaggi Singh a également soulevé de nombreuses questions. Il marchait dans une zone calme en compagnie d'amis lorsqu'il a été arrêté par quatre policiers habillés en civil.

Le 3 mai, Jaggi Singh, détenu à la prison d'Orsainville, plaide non coupable aux accusations de bris de conditions, mais la Cour supérieure refuse de lui accorder une libération sous caution. Le 7 mai, le juge Laurent Dubé, de la Cour du Québec, ordonne finalement sa libération, estimant que l'activiste ne représente pas une menace pour la société. Jaggi Singh subira son procès le 4 juin sous divers chefs d'accusation allant de participation à une émeute, possession d'une arme offensive et bris de condition. L'arme en question est une catapulte qui a servi à lancer des oursons en peluche aux policiers. Il a été démontré que Singh n'était pas impliqué dans l'utilisation de la catapulte. Pour sa libération, le juge a exigé une caution de 3000 dollars que les amis de Singh ont payée sur-le-champ. Jaggi Singh pourra participer à des manifestations, mais il devra garder la paix et ne devra pas utiliser un porte-voix pour diriger ou haranguer des manifestants.

Jaggi Singh a été arrêté plusieurs fois au cours des dernières années : au Sommet de l'APEC en 1997 à Vancouver, lors de l'Opération SalAMI en 1998 à Montréal, à Westmount en mai 2000 et de nouveau à Montréal en octobre suivant lors d'une réunion des ministres des finances du G-20.

 


Les policiers ont utilisé des canons à eau pour éloigner
les manifestants

La journée du samedi 21 avril a également été riche en événements. Pendant que la Marche des peuples se déroulait pacifiquement dans la basse-ville, des milliers d'activistes convergeaient vers la haute-ville pour faire face aux forces de l'ordre. Les affrontements ont duré toute la journée. Pour disperser les protestataires, les policiers ont fait périodiquement des sorties à l'extérieur du périmètre et ont utilisé une quantité importante de grenades fumigènes et lacrymogènes, ainsi que des canons à eau et des balles de plastique. En après-midi, un groupe de manifestants a tout de même réussi à ouvrir de nouveau une brèche dans le périmètre de sécurité, renversant sur une centaine de mètres la clôture située près du cimetière de l'ancienne église anglicane St. Matthew's, rue Saint-Jean. Ce point du périmètre était situé à environ 200 mètres du Centre des congrès, où se réunissaient les participants du troisième Sommet des Amériques.


La nuit du samedi au dimanche a été particulièrement agitée

La nuit du samedi au dimanche a été particulièrement agitée. Les affrontements se sont poursuivis jusqu'à environ 4 heures du matin, heure à laquelle les forces de l'ordre ont décidé de battre en retraite. Mais une bande de casseurs a alors commencé à ravager des commerces du quartier Saint-Roch. Pavés arrachés, bouteilles, balles de golf, rondelles de hockey ont fusé de toutes parts. Des poubelles et des barrières en bois ont été brûlées. Des vitrines de commerces et des voitures ont été saccagées. Vers 5 heures, les policiers sont revenus à la charge de façon plus musclée, tirant des balles de caoutchouc. Ils ont procédé à quelques arrestations avant que les manifestants ne se dispersent. Plus tôt dans la nuit, des manifestants s'étaient rassemblés sous l'autoroute Dufferin pour allumer un immense feu et tenir un rave. Le dimanche matin, une trentaine d'entre eux étaient arrêtés.

Dimanche après-midi, un petit groupe de protestataires continuait de manifester près du Grand Théâtre de Québec, en bordure du périmètre de sécurité, tandis qu'environ 200 membres de la CLAC marchaient jusqu'aux bureaux du ministère de la Sécurité publique pour protester contre la détention de manifestants à la prison d'Orsainville. Des dizaines d'autobus remplis de manifestants quittaient Québec alors que les cols bleus de la ville s'affairaient à faire le grand ménage des rues.

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« Nous ne nous opposons pas à une libéralisation des marchés. Nous nous opposons au modèle de mondialisation néolibéral actuel. [...] Nous voulons bâtir des Amériques démocratiques, équitables et solidaires. »
— Délégués du Sommet des peuples

 


Les délégués du Sommet
des peuples

 

« L'idée d'accorder un régime juridique autonome aux entreprises, sur le même pied que les gouvernements, est un régime inacceptable. La souveraineté appartient aux États, aux peuples. Ça ne devrait pas appartenir aux entreprises. »
— Dorval Brunelle, du Groupe de recherche sur l'intégration continentale, au sujet du brouillon de chapitre sur les investissements de la ZLEA

 


 

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