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Le plan de relance de l'Afrique

Conférence ministérielle de l'OMC à Doha

Le Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique (NPDA ou NEPAD, selon l'acronyme anglais) a été présenté pour la première fois aux dirigeants du G8 lors du Sommet de Gênes, en juillet 2001. L'accueil qui lui a été réservé a été si favorable que le premier ministre du Canada a décidé de l'inscrire de façon prioritaire à l'ordre du jour du Sommet de Kananaskis.


Le Nouveau partenariat pour le
développement de l'Afrique

Une importante délégation de dirigeants africains, composée des présidents de l'Algérie, du Mali, du Nigeria, du Sénégal et de l'Afrique du Sud, a rencontré les dirigeants du G8 au Sommet de Gênes pour leur présenter la « Nouvelle initiative africaine » (NIA).

Ce document, qui a depuis été rebaptisé le « Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique », est une synthèse d'idées défendues par le président Mbeki, de l'Afrique du Sud, et de propositions du président Wade, du Sénégal. Le document a reçu l'appui de l'Union africaine, l'ancienne Organisation de l'unité africaine (OUA). Comme le précise l'article 1 du texte, ce plan d'action « est ancré dans la détermination des Africains de s'extirper eux-mêmes, ainsi que leur continent, du malaise du sous-développement et de l'exclusion d'une planète en cours de mondialisation. »

Écoutez une entrevue avec le président Abdoulaye Wade (Le Point, 27 juin 2002)

 

En prévision de cette rencontre, Jean Chrétien a effectué un voyage en Afrique pour discuter avec les dirigeants africains du plan de relance de leur continent. Par ailleurs, le ministre des Finances du Canada, Paul Martin, a annoncé la création d'un Fonds pour l'Afrique doté de 500 millions de dollars dans le budget du 10 décembre 2001.


L'Afrique en quelques chiffres…

Richesses

L'Afrique est le deuxième continent du monde; elle sétend sur une superficie de plus de 30,3 millions de kilomètres carrés.

L'Afrique possède une importante biodiversité et est riche en ressources naturelles, notamment en minéraux, en pétrole et en gaz.

Selon certaines hypothèses scientifiques, l'évolution de l'espèce humaine s'est amorcée en Afrique, « berceau de l'humanité ».

L'Afrique compte environ 818 millions d'habitants.

On y parle plus de 2000 langues, soit 30 % de toutes les langues de la planète.

Pauvreté

Plus de 40 % des 659 millions d'habitants de l'Afrique subsaharienne vivent sous le seuil international de la pauvreté établi à 1 $US par jour.

Le salaire moyen par personne est plus bas aujourd'hui qu'il ne l'était à la fin des années 1960.

La part africaine dans le commerce mondial a chuté et représente maintenant moins de 3 % des échanges.

Un Africain sur cinq est touché par un conflit armé.

Infrastructures

Plus de 250 millions d'Africains n'ont pas accès à l'eau potable.

Plus de 200 millions d'Africains n'ont pas accès aux services de santé. Il n'y a que 16 médecins pour 100 000 habitants par rapport à 253 dans les pays industrialisés.

À l'exception de l'Afrique du Sud, il y a seulement cinq lignes téléphoniques principales par tranche de 1000 habitants, comparativement à 655 au Canada.

Plus de gens sont branchés au réseau Internet dans la ville de New York que dans l'ensemble du continent africain.

Éducation

Plus de 140 millions de jeunes Africains sont analphabètes.

En Afrique subsaharienne, 52 % des femmes sont fonctionnellement analphabètes.

Avec près de 10 % de la population mondiale, l'Afrique subsaharienne ne contribue que pour 0,8 % des publications scientifiques.

Santé

L'Afrique a l'espérance de vie la plus basse du monde (54 ans comparativement à 79 ans au Canada).

L'Afrique a le taux de mortalité infantile le plus élevé du monde (88 décès par tranche de 1000 naissances comparativement à 5,5 au Canada).

L'Afrique a la plus grande croissance démographique prévue, soit 120 % entre 2001 et 2050 (le taux de naissance est de 38 par tranche de 1000 habitants comparativement à 11 au Canada).

La totalité des 21 pays ayant le taux de prévalence de VIH le plus élevé se trouve en Afrique subsaharienne. L'espérance de vie de quatre de ces pays (Botswana, Malawi, Mozambique et Swaziland) est descendue sous la barre des 40 ans.

L'Afrique subsaharienne compte 90 % des 300 à 500 millions de cas cliniques annuels de malaria dans le monde entier.

 


Le NPDA se présente comme une « vision à long terme du programme de développement de l'Afrique par les Africains eux-mêmes » (paragraphe 60). Le plan est ambitieux. Il vise une croissance annuelle d'environ 7 % pour les 15 prochaines années et s'attaque à plusieurs dimensions du problème de sous-développement du continent : infrastructures, santé, éducation, agriculture, environnement, énergie, technologies de l'information, etc. Les moyens envisagés sont le crédit et l'aide publique au développement à court et moyen termes, et les apports de capitaux privés à long terme.

« Tandis que la mondialisation a augmenté le coût de l'Afrique à faire concurrence, nous soutenons que les avantages d'une intégration gérée efficacement présentent les meilleures perspectives pour une prospérité économique et une réduction de la pauvreté dans l'avenir. » (paragraphe 28)

Les auteurs du NPDA s'accordent pour dire que l'aide au développement n'est pas suffisante pour sortir le continent du sous-développement. Ainsi, pour attirer les capitaux privés, le NPDA s'engage à mettre en œuvre des principes de « bonne gouvernance » tels que la primauté du droit, le pluralisme politique, la tenue d'élections démocratiques et le respect des droits de l'homme. Le NPDA a également pour objectif d'obtenir un allègement des dettes africaines en échange de résultats concrets de réduction de la pauvreté.


L'aide au continent africain

De manière générale, l'aide économique versée à l'Afrique par les pays riches a nettement diminué dans le courant des années 1990. Un document du CCCI/Forum Canada-Afrique indique que l'aide totale allouée à l'Afrique subsaharienne par les donateurs du G7 a diminué de 18,8 % entre 1988 et 1999.

Toujours selon le même document, l'aide versée par le Canada a pour sa part chuté de 34,4 % entre 1990 et 2000, ce qui représente une perte de plus de 1,6 milliard de dollars. « Dans ce contexte, le Fonds spécial pour l'Afrique de 500 millions de dollars sur trois années annoncé dans le budget de décembre 2001 ne représente qu'une faible mesure pour rattraper ces pertes », souligne le document.

 

Un plan sévèrement critiqué

Bien qu'il ait soulevé l'enthousiasme des dirigeants occidentaux, le NPDA est sévèrement critiqué par plusieurs ONG et syndicats d'Afrique et d'ailleurs. On peut dire que les critiques s'articulent autour de quatre idées principales.

Premièrement, le NPDA ne s'appuie pas suffisamment sur une approche fondée sur les droits, contrairement aux recommandations de toutes les organisations travaillant dans le domaine du développement international. Ainsi, l'éducation et la santé ne sont pas présentées comme des droits fondamentaux. Au contraire, le NPDA affirme que l'investissement dans les services sociaux a pour but d'aider l'Afrique « à participer au processus de mondialisation » et que la santé « contribue à accroître la productivité et, par conséquent, la croissance économique ».

Deuxièmement, le NPDA est un programme néolibéral qui ne tient pas compte des préoccupations et des besoins des populations africaines elles-mêmes. Ce programme, concocté par une élite africaine, n'intègre pas la société civile. « L'objectif assigné à la nouvelle initiative africaine […] n'est pas de rompre avec le néolibéralisme; au contraire, il préconise une meilleure intégration à la mondialisation à travers un accroissement des exportations et une amélioration de la compétitivité des pays africains. Dès lors, on ne s'étonnera pas de l'accueil enthousiaste réservé à la Nouvelle initiative africaine par les institutions de Bretton Woods et les pays membres du G8, qui ont eu le privilège d'en prendre connaissance avant même les parlements nationaux », écrit à ce sujet Moussa Tchangari, directeur d'Alternatives-Niger.

Troisièmement, le NPDA n'a pas tiré les leçons qu'il fallait des erreurs du passé : les programmes d'ajustement structurel promus par le FMI et la Banque mondiale ont eu des conséquences désastreuses sur les économies, les gouvernements et les populations africaines au cours des 20 dernières années. Ainsi, selon l'ACDI, 28 pays de l'Afrique subsaharienne se sont appauvris entre 1980 et 1996, ce qui correspond à la période de libéralisation du commerce. Selon ces organismes, le NPDA aurait dû exiger que l'allègement de la dette ne soit pas lié aux programmes d'ajustement structurel.

Finalement, le NPDA mise sur une stratégie qui privilégie l'investissement direct étranger mais rien ne garantit l'apport de capitaux privés à la suite des réformes proposées dans le document. Selon l'ACDI, la part africaine de l'investissement direct étranger est passée d'environ 10 % au milieu des années 1990 à moins de 3 % actuellement. Par ailleurs, l'investissement de capitaux privés a tendance à s'effectuer au sein de pays ayant déjà atteint un certain degré de développement, ce qui risque d'aggraver les inégalités entre les pays africains eux-mêmes.


L'aide au développement :
résumé des travaux du G8 effectués à Kananaskis

Importance de réaffirmer l'engagement à l'égard du programme de Doha et du consensus de Monterrey à l'occasion du Sommet de Johannesburg qui se tiendra prochainement; former des partenariats constructifs propres à favoriser le développement durable et l'obtention de résultats mesurables.

Le changement climatique est une question urgente qui demande une solution mondiale (le problème de la déforestation a aussi été abordé).

Financement de la part du manque à gagner de l'initiative renforcée en faveur des PPTE (pays pauvres très endettés); celui-ci pourrait atteindre jusqu'à un milliard de dollars américains.

Série de recommandations pour aider les pays en développement à faire en sorte que l'éducation primaire universelle pour tous les enfants et l'accès équitable à l'éducation pour les jeunes filles deviennent une réalité.

Accroître de façon significative l'aide bilatérale aux pays qui ont montré leur volonté de prendre des engagements politiques et financiers solides et crédibles pour atteindre ces objectifs.

Adoption du plan d'action pour l'Afrique du G8 comme cadre d'action en faveur du NEPAD; mise en oeuvre des partenariats renforcés avec les pays africains dont la performance correspond aux engagements pris dans le NEPAD.

Bon espoir que la nouvelle aide au développement pourrait aller aux nations de l'Afrique qui sont gouvernées avec justice, qui investissent dans leur capital humain et promeuvent la liberté économique.

Consacrer suffisamment de ressources pour éradiquer la polio en Afrique d'ici 2005.

Travailler avec les partenaires africains pour fournir, d'ici 2003, un plan conjoint destiné à renforcer la capacité de l'Afrique à effectuer des opérations de maintien de la paix.

 

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Le Canada a créé en décembre 2001 un Fonds pour l'Afrique doté de 500 millions de dollars.

 

L'aide totale allouée à l'Afrique subsaharienne par les donateurs du G7 a diminué de 18,8 % entre 1988 et 1999.

 

L'aide canadienne à l'Afrique a chuté de 34,4 % entre 1990 et 2000, ce qui représente une perte de plus de 1,6 milliard de dollars.

 

Plus de 200 millions d'Africains n'ont pas accès aux services de santé. Il n'y a que 16 médecins pour 100 000 habitants par rapport à 253 dans les pays industrialisés.

 

La totalité des 21 pays ayant le taux de prévalence de VIH le plus élevé se trouve en Afrique subsaharienne. L'espérance de vie de quatre de ces pays (Botswana, Malawi, Mozambique et Swaziland) est descendue sous la barre des 40 ans.

 

Chefs d'État africains présents à Kananaskis :
Abdoulaye Wade (Sénégal)
Thabo Mbeki
(Afrique du Sud)
Olusegun Obasanjo (Nigeria)
Abdelaziz Bouteflika (Algérie)

 

Écoutez une analyse du plan pour l'Afrique avec Claude Wetta et Abdourahamane Ousmane,
président de l'Industrielle Alliance, sur la mondialisation des marchés (Maisonneuve à l'écoute, 2 décembre 1999)

 

 

« Nous voulons une Afrique sociale qui n'est pas inféodée aux partenaires de développement. »
— Assan Sounmounou, secrétaire général de l'Organisation de l'unité syndicale africaine

 


 

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