La mondialisation

Les Sommets du G8
Le Sommet Kananaskis 2002
 
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Références
La croissance économique mondiale

Fidèles à leurs habitudes, les dirigeants du G8 ont discuté des questions liées à la croissance économique mondiale. En 2002, la situation économique était assombrie par le malaise des marchés boursiers, qui venaient de retomber à leurs niveaux enregistrés juste après les attentats du 11 septembre, et la baisse du dollar, qui se trouvait à son plus bas niveau depuis 16 mois par rapport à l'euro.

La baisse des marchés boursiers aurait été liée à la crise de confiance provoquée par les scandales financiers aux États-Unis, dont celui du courtier en énergie Enron. Les experts estimaient que cela « pourrait compromettre la relance économique mondiale en décourageant la consommation des ménages et les investissements des entreprises ». Quant à la dévaluation du billet vert, elle inquiétait les Européens, qui craignaient un ralentissement de leurs exportations.


Les économies du G8 représentent 48 % de l'économie mondiale, 49 % du commerce mondial et 80 % de l'activité économique des pays en développement.

 

Les dirigeants du G8 se sont aussi penchés sur l'aide au développement et l'endettement des pays pauvres. Au cours de la réunion préparatoire des ministres des Finances du G7, qui s'était tenue à Halifax les 14 et 15 juin, un plan de réforme de la politique d'aide de la Banque mondiale aux pays pauvres avait été adopté. Ainsi, il a été décidé que la part de l'aide accordée sous forme de dons, plutôt que sous forme de prêts, passerait de 5 % à 18 % et 21 %. Cette question divisait les Américains, qui souhaitaient augmenter cette part de dons jusqu'à 50 %, et les Européens, qui craignaient que cette augmentation ne se traduise par une baisse de l'aide au développement.

Mais le système économique actuel, qui privilégie ce qu'on appelle communément la « mondialisation des marchés », est de plus en plus ouvertement contesté.


« Le commerce international recèle un véritable paradoxe. Dans le monde globalisé du début du XXIe siècle, il représente l'une des forces les plus puissantes qui régissent nos vies. Il est également une source sans précédent de croissance des richesses. Cependant, des millions de personnes parmi les plus pauvres du monde sont laissées-pour-compte. La prospérité croissante des nations industrialisées est allée de pair avec une pauvreté massive et l'accroissement des inégalités entre pays riches et pays pauvres. Le commerce mondial peut devenir un puissant moteur de la diminution de la pauvreté et de la croissance économique, mais ce potentiel n'est pas mis à profit. Le problème n'est pas engendré par une opposition fondamentale aux besoins et aux intérêts des pays pauvres, mais les règles qui régissent les échanges sont faussées en faveur des pays riches. »

 

Cette citation est tirée d'un rapport qu'Oxfam a présenté en avril 2002 à Hong Kong. Dans ce rapport, l'organisme accuse les pays riches et les grandes institutions internationales, comme le FMI et la Banque mondiale, de tenir un discours libre-échangiste tout en pratiquant en réalité un protectionnisme à l'égard des pays pauvres. Ainsi, le rapport d'Oxfam révèle que le coût global des barrières douanières pour les pays en développement s'élève à 100 milliards de dollars américains par année, ce qui est exactement le double de l'aide que les pays riches se vantent régulièrement de donner aux pays pauvres. Par ailleurs, le rapport d'Oxfam indique qu'une augmentation de 5 % des exportations en provenance des pays en développement leur procurerait des revenus d'environ 350 milliards de dollars, soit sept fois plus que l'ensemble de l'aide qu'ils reçoivent.

Toujours selon le rapport d'Oxfam, le système économique mondial doit être réformé, car « de grandes parties du monde en développement deviennent des enclaves de désespoir ». L'organisme international plaide en faveur du commerce équitable, notamment par l'entremise de l'ouverture des marchés aux pays pauvres et de la fin du cycle de surproduction agricole subventionnée et du dumping à l'exportation par les pays riches. Le FMI et la BM doivent également cesser d'imposer aux pays pauvres des conditions de prêts impliquant la libéralisation de leur économie, sans égard aux conséquences sur leurs populations.


Croissance économique mondiale :
résumé des travaux du G8 effectués à Kananaskis

Confiance dans l'économie des pays du G8 et les perspectives de croissance mondiale.

Appui aux économies de marché émergentes, y compris le Brésil et d'autres pays d'Amérique latine, dans leurs efforts pour mettre en oeuvre des politiques économiques saines.

Résistance aux pressions protectionnistes et volonté de travailler avec les pays en développement afin que le Programme de Doha pour le développement soit couronné de succès d'ici le 1er janvier 2005.

 

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Écoutez une entrevue
avec Paul Celluci
,
ambassadeur américain au Canada, sur la position des États-Unis face aux grands enjeux du Sommet de Kananaskis
(Le Point, 26 juin 2002)

 

« Peu importe la réponse à long terme, il est clair qu'à court terme, la mondialisation crée des perdants et des gagnants. »
- Philippe Le Prestre, Observatoire de l'écopolitique internationale de l'UQAM

 

 

Selon Oxfam, le coût global des barrières douanières pour les pays en développement s'élève à 100 milliards de dollars américains par année, ce qui est exactement le double de l'aide que les pays riches se vantent régulièrement de donner aux pays pauvres.

 


 

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