La mondialisation

Les Sommets du G8
Le Sommet Kananaskis 2002
 
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Références
Kananaskis Village

Le Canada assumait la présidence du G8 en 2002. À ce titre, il était responsable du sommet. Depuis son entrée dans le groupe, en 1976, le Canada a accueilli à trois reprises les sommets du G7 : à Ottawa-Montebello en 1981, à Toronto en 1988 et à Halifax en 1995.

Le site

En 2002, la rencontre devait initialement se tenir à Ottawa mais, prenant acte des violences ayant entouré le Sommet de Gênes, le premier ministre Jean Chrétien a préféré le déplacer à Kananaskis pour des « raisons de sécurité ». Cette station de montagne, située dans les Rocheuses à environ 120 kilomètres de Calgary, dans le sud-ouest de l'Alberta, est en effet plus isolée et plus difficile d'accès pour les manifestants que la capitale nationale. En outre, sa capacité d'hébergement est de 350 places seulement, ce qui est conforme à la volonté exprimée par les dirigeants du G8 de tenir des sommets plus « modestes ».

La sécurité

Comme à Québec et à Gênes, un périmètre de sécurité a été établi dans un rayon de 6,5 kilomètres autour de Kananaskis Village pour tenir les manifestants à l'écart des activités du Sommet. Il est cependant plus difficile d'écarter les ours, cougars et chèvres de montagnes qui peuplent la région. La demi-douzaine de grizzlis du secteur ont donc été munis de colliers émetteurs, ce qui devait permettre aux responsables de la faune de suivre leurs déplacements afin d'éviter de malencontreux face-à-face...

Quelque 1500 agents de la GRC et de la police de Calgary, ainsi que 5000 soldats de l'armée canadienne, ont été mobilisés pour l'événement, soit la force de sécurité la plus importante de l'histoire du pays. En comparaison, ils étaient environ 6000 pour le Sommet des Amériques de Québec. Les autorités canadiennes ont cependant précisé que les soldats de l'armée n'interviendraient qu'en cas de force majeure.

Par ailleurs, l'espace aérien au-dessus de Kananaskis était fermé à l'aviation civile tandis que les avions de chasse de l'armée patrouillaient la zone d'exclusion aérienne, qui s'étendait sur 155 kilomètres. La défense nationale avait également mis en place des ADATS, des missiles sol-air ayant un rayon d'action d'une dizaine de kilomètres. C'est la première fois que ce type de défense antiaérienne était déployé au Canada dans le cadre d'un sommet politique. Les campings et les installations récréatives étaient fermés au public et les voitures circulant sur les routes avoisinantes pouvaient faire l'objet de fouilles.

Neuf mois après les attentats du 11 septembre aux États-Unis, les autorités canadiennes pensaient - avec raison - que les risques d'attentats étaient minimes à Kananaskis.

La contestation

Les groupes antimondialisation de l'Ouest canadien n'ont pas eu la tâche facile pour organiser leurs actions de protestation au Sommet de Kananaskis. Non seulement le site était difficile d'accès et barricadé derrière un périmètre de sécurité, mais les autorités de Kananaskis et de Calgary avaient refusé de collaborer pour accueillir les manifestants. Les groupes antimondialisation ont en effet cherché pendant plusieurs mois un site pour établir un « village de solidarité » d'où ils pourraient coordonner leurs activités et héberger les militants. « Je crois que cela fait partie d'une stratégie plus large visant à nous marginaliser, nous et notre message », a déclaré avant le Sommet Sarah Kerr, dirigeante d'un mouvement de protestation.

Un Sommet des peuples s'est tout de même tenu à Calgary du 21 au 25 juin. Le Group of Six Billion (G6B ou Groupe des six milliards, la population du monde) a rassemblé 1200 délégués qui ont discuté pendant quatre jours des solutions de rechange à la mondialisation. Leurs conclusions, présentées sous forme de recommandations aux dirigeants du G8, ont été dévoilées en présence de Bill Graham, ministre des Affaires étrangères, et de Susan Whelan, ministre de la Coopération internationale. Ainsi, le G6B recommande aux dirigeants du G8 de ne pas seulement tenir compte des affaires commerciales qui concernent les grandes entreprises. Les leaders du G8 devraient plutôt s'attaquer à la crise du sida en Afrique et ratifier le protocole de Kyoto sur la réduction des gaz à effet de serre.

Plusieurs manifestations antimondialisation ont également eu lieu toute la semaine dans le centre-ville de Calgary. Une centaine de manifestants rassemblés devant un magasin de vêtements GAP n'ont pas hésité à se dévêtir pour dénoncer les pratiques commerciales de l'entreprise, qui ferme des usines en Amérique du Nord pour donner des contrats en sous-traitance à des usines du tiers-monde. Dans ces pays, les employés des usines de GAP touchent des salaires dérisoires, ce qui les maintient dans la pauvreté. De plus, des militants antimondialisation ont tenu un « die-in » en se couchant, immobiles, sur le sol afin de sensibiliser l'opinion aux ravages du sida dans les pays pauvres.

De leur côté, les groupes antimondialisation de l'est du pays avaient préparé des activités de protestation à Ottawa sous le thème « À l'assaut du capital, prenons la capitale! ». « Les bureaux gouvernementaux, les forces de l'ordre, les grandes compagnies et les groupes de lobby qui imposent le consensus capitaliste et impérialiste du G8 sont situés à Ottawa. Pour cette raison, des activistes de l'Ontario, du Québec, des Maritimes et de la Nouvelle-Angleterre prendront la capitale pendant que le G8 ira se cacher à Kananaskis », a expliqué avant le Sommet Lisa Freeman, une manifestante originaire de la région.

La journée du 26 juin était consacrée à une série d'actions autonomes, comme les marches en ziga-zag dans les rues du centre-ville et la manifestation anti-impérialisme devant l'ambassade américaine. Vers midi, une échauffourée lorsque des policiers à vélo ont cherché à se mêler aux manifestants. Un des manifestants a été arrêté et pourrait être accusé de voies de faits. Le 27 juin, une marche intitulée « Personne n'est illégal : la marche des 1000 drapeaux de la résistance » a rassemblé sous la pluie environ 4000 personnes pour dénoncer la criminalisation des immigrants et des réfugiés.

Le programme politique

Le programme inscrit à l'ordre du jour du Sommet de Kananaskis s'articulait autour de trois grandes priorités : la croissance économique mondiale, la lutte au terrorisme et le Nouveau partenariat de développement pour l'Afrique (NPDA ou NEPAD, selon l'acronyme en anglais). Chacune de ces priorités est détaillée dans les sections suivantes.

Les dirigeants du G8 ont également effectué un suivi des objectifs contenus dans la Déclaration du millénaire, notamment la promotion de l'éducation primaire universelle et la lutte contre la propagation du VIH/sida. L'endettement des pays pauvres a aussi été au menu des discussions. Le programme d'allègement de la dette s'appelle « Initiative pour les pays pauvres très endettés » (Initiative PPTE).

Initiative pour les pays pauvres très endettés

L'« Initiative pour les pays pauvres très endettés » (Initiative PPTE) est un programme du FMI et de la Banque mondiale lancé en septembre 1996, puis modifié en 1999, qui « vise à garantir qu'aucun pays ne soit confronté à une charge d'endettements intolérable ». Pour avoir droit à ce programme d'allègement de la dette, « les pays doivent s'engager à poursuivre leurs efforts d'ajustement macro-économique et de réformes politiques sociales ». Une fois approuvées par le FMI et la Banque mondiale, ces politiques d'ajustement structurel doivent être mises en pratique pendant trois ans.

Quarante et un pays sont admissibles à l'Initiative PPTE : Angola, Bénin, Bolivie, Burkina Faso, Burundi, Cameroun, Comores, Congo, Côte d'Ivoire, Éthiopie, Gambie, Ghana, Guinée, Guinée-Bissau, Guyana, Honduras, Kenya, Libéria, Madagascar, Malawi, Mali, Mauritanie, Mozambique, Myanmar, Nicaragua, Niger, Ouganda, République Centrafricaine, République démocratique du Congo, RDP Iao, Rwanda, Sao Tomé et Principe, Sénégal, Sierra Leone, Somalie, Soudan, Tanzanie, Tchad, Togo, Vietnam et Zambi.

Jusqu'à présent, 26 pays, dont 22 pays d'Afrique subsaharienne, ont bénéficié de ce programme. L'allègement global de la dette de ces pays représente 40 milliards de dollars US, soit plus de 60 % de leur dette totale, selon le FMI. Actuellement, 17 pays pauvres très endettés doivent environ 1,5 milliard de dollars au Canada. En septembre 2000, le gouvernement fédéral réclamait un moratoire sur le remboursement de la dette de ces pays. « En cette ère de prospérité inégalée dans bon nombre de pays industrialisés, nous ne pouvons accepter que la promesse de remboursement de la dette n'ai pas été tenue », déclarait alors le ministre des Finances, Paul Martin, dans le cadre d'une allocution prononcée lors des réunions annuelles du FMI et de la Banque mondiale.

« Bien que le ministre Martin ait fait appel à un assouplissement des conditions de l'accord envers les PPTE, le Canada n'a pas fléchi face aux politiques macro-économiques de libéralisation et de privatisation auxquelles les pays les plus pauvres doivent se soumettre », souligne toutefois un document du CCCI/Forum Afrique-Canada.

 

Par ailleurs, les dirigeants du G8 prennent toujours position sur un certain nombre de points concernant la situation internationale. Cette année, la question du Proche-Orient a bien failli éluder celle du développement de l'Afrique. Le Sommet a en effet été dominé par le désaccord qui existe entre les Européens et les Américains au sujet du Proche-Orient et, en particulier, du sort qui doit être réservé au président de l'Autorité palestinienne, Yasser Arafat. Washington est favorable au départ de M. Arafat tandis que les Européens estiment qu'il appartient aux seuls Palestiniens de choisir leurs dirigeants. Les participants ont tout de même tenté d'afficher un front uni à Kananaskis, se disant globalement contents des positions du président américain, George W. Bush.

 


Situation internationale : résumé des travaux du G8 effectués à Kananaskis

Détermination à oeuvrer pour favoriser la paix au Moyen-Orient sur la base de la vision de deux États, Israël et la Palestine, vivant côte à côte à l'intérieur de frontières sûres et reconnues; urgence de réformer les institutions et l'économie palestiniennes et de tenir des élections libres et justes;

Appui au gouvernement de transition en Afghanistan; éradiquer la production et le trafic de l'opium;

Discussions sur les tensions qui existent entre l'Inde et le Pakistan; le Pakistan devrait mettre un terme de façon permanente aux activités terroristes réalisées à partir du territoire sous son contrôle. Les deux pays doivent s'engager à maintenir un dialogue suivi sur les questions fondamentales qui les divisent;

La Russie assumera la présidence du G8 en 2006 et elle organisera un Sommet annuel cette même année.

 

 

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Kananaskis est un mot de la langue crie signifiant « au confluent des eaux ».

 

Neuf mois après les attentats du 11 septembre aux États-Unis, les autorités canadiennes pensaient - avec raison - que les risques d'attentats étaient minimes à Kananaskis.

 

Les groupes antimondialisation de l'est du pays avaient préparé des activités de protestation à Ottawa sous le thème « À l'assaut du capital, prenons la capitale! ».

 


Jusqu'à présent, 26 pays, dont 22 pays d'Afrique subsaharienne, ont bénéficié du programme d'allègement de la dette du FMI et de la Banque mondiale.

 

À Calgary, des manifestants rassemblés devant un magasin de vêtements GAP n'ont pas hésité à se dévêtir pour dénoncer les pratiques commerciales de l'entreprise.

 


 

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