La mondialisation

Les Sommets du G8
Le Sommet de Gleneagles 2005
 
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Les sommets du G8
Références
     Journaliste : Nicolas Duguay

Ils étaient nombreux, dans le monde, à se demander si les réputés greens de Gleneagles, en Écosse, qui recevaient, du 6 au 8 juillet 2005, les dirigeants des huit plus importantes puissances économiques du globe, seraient le point de départ d’une avancée significative dans la lutte contre la pauvreté en Afrique.

Toutefois, les questions de l'aide à l'Afrique et du changement climatique ont subitement été éclipsées par les attentats meurtriers qui ont frappé le cœur de Londres au second jour du sommet.

Après cela, malgré les déclarations des chefs d'État selon lesquelles le terrorisme n'allait pas les détourner de leur programme, le Sommet de Gleneagles n'a été, en définitive, qu'un autre sommet parmi tant d'autres; un autre sommet marqué par le refus américain de prendre au sérieux la question du réchauffement climatique; un autre sommet où les nations les plus puissantes ont pu discuter de la pauvreté endémique qui frappe l'Afrique.

De quoi, en fait, galvaniser davantage la contestation d'une société civile qui refuse d'être mise à l'écart et qui, à Gleneagles comme ailleurs dans le monde, a fait entendre sa voix.

L’Afrique et le réchauffement climatique à l’ordre du jour

Petits progrès à propos de l’aide à l’Afrique

L’Afrique, dont ont discuté les dirigeants du G8 à Gleneagles, est un vaste continent qui voit son revenu par habitant chuter depuis 20 ans; une terre où l’espérance de vie a encore diminué pour se limiter à 41 ans; une région du monde où dans certaines zones – trop nombreuses encore – un enfant sur six meurt avant d’avoir atteint ses cinq ans.

L’Afrique, c’est aussi une population de 900 millions de personnes dont près de la moitié vit sous le seuil de la pauvreté et le tiers dans ce qu’il est convenu d’appeler la pauvreté extrême. Et il y a le sida. Et il y a une corruption endémique qui coûte au continent quelque 182 milliards de dollars annuellement.

La corruption était d’ailleurs placée au centre des préoccupations américaines, Washington craignant que l’argent envoyé en Afrique sans contrôle strict ne soit gaspillé.

Doublement de l’aide d’ici 2010

Le plan global pour soutenir les progrès en Afrique promet d’accroître de 29 milliards de dollars d’ici 2010 l’aide publique au développement versée à l’Afrique par les pays riches, soit le double de ce qui a été versé en 2004.

Le souhait européen de porter l’aide à l’Afrique à 0,7 % du Produit intérieur brut (PIB) des pays industrialisés d’ici 2015 a cependant été mis au rancart. Les États-Unis, pour leur part, n’ont finalement accepté, quant à eux, que de doubler leur aide d’ici 2010 et de la porter à 5,3 milliards de dollars, soit à environ 0,32 % de leur PIB.

La demande de l’Union africaine pour que soient abolies les subventions agricoles et les barrières douanières s’est butée à l’intransigeance de la France et des États-Unis. Washington et Paris se sont en effet renvoyé la balle, chacun se disant bien prêt à abandonner les subventions agricoles si l’autre le fait avant…

Toujours d’ici 2010, les pays du G8 souhaitent, « dans la mesure du possible », un accès universel au traitement du VIH/SIDA pour tous ceux qui en sont atteints.

Enfin, le premier ministre britannique Tony Blair, s’il reconnaît que ce n’est pas à Gleneagles qu’auront été prises les décisions les plus révolutionnaires, n’en demeure pas moins satisfait de son sommet. « La politique, ce n’est pas réaliser forcément tout ce que vous rêviez de faire, c’est avancer pas à pas », a-t-il ainsi soutenu lors de la publication de la déclaration finale.


Environnement : le blocage américain

« J’ai refusé le protocole de Kyoto parce qu’il aurait endommagé l’économie américaine, il aurait détruit l’économie américaine, c’était un accord pourri pour l’économie américaine. » C’est ainsi que le président Bush a expliqué à la presse britannique, peu avant l’ouverture du Sommet de Gleneagles, les raisons pour lesquelles il refusait toujours qu’un quelconque accord à Gleneagles fasse allusion à Kyoto.

Une allusion à Kyoto, il y en a pourtant eu une – bien mince toutefois – dans les documents finaux : « ceux d’entre nous qui ont ratifié le protocole de Kyoto se félicitent de son entrée en vigueur et oeuvreront pour en assurer le succès ».

Voilà pour Kyoto, jeté rapidement entre deux phrases, sans aucun chiffre, sans aucun engagement concret, sans obligation aucune.

Pour le reste, le volet « réchauffement climatique » du Sommet de Gleneagles est demeuré bien tiède… Oui, Washington a accepté, du bout des lèvres, que la déclaration finale mentionne le rôle joué par les « énergies fossiles » et les « autres activités humaines » dans le réchauffement de la planète. Oui, Washington a accepté le fait qu’il faille « agir maintenant », mais, encore une fois, la déclaration commune ne comporte pas d’engagements concrets ou d’échéanciers précis.

Pourtant, selon des écologistes présents en marge de Gleneagles, tout accord qui n’est pas en mesure d’apporter un objectif ou un calendrier clair pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre n’est « pas un plan d’action, mais un plan d’inaction ».

En fait, l’isolationnisme américain en matière de perception du réchauffement climatique vient même conforter les pays émergents dans leurs habitudes polluantes. Comment, en effet, convaincre des économies en essor telles que la Chine, l’Inde ou le Brésil, de se plier aux exigences du protocole de Kyoto si le plus important joueur sur l’échiquier économique mondial s’y refuse ?

Le premier ministre Blair a bien cerné le problème en observant que « les grands pays émergents ne s’engageraient jamais dans la maîtrise de leurs rejets polluants si les États-Unis restaient à l’écart des efforts de la communauté internationale ». Et, tous les experts et les observateurs, s’entendent pour dire que Kyoto sans les États-Unis, la Chine, le Brésil ou le Mexique, c’est pratiquement inutile …

Les membres permanents du G8

L'Allemagne
Le Canada
Les États-Unis
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L'Italie
Le Japon
La Russie

 

 


HYPERLIEN :

LE SITE OFFICIEL DU SOMMET DE GLENEAGLES

DÉCLARATION DE LA PRÉSIDENCE

 



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Des sommets du G8 sous haute sécurité

Le premier sommet du G8 s’est tenu en 1975, à Rambouillet, en France. Depuis, chaque pays qui obtient la présidence tournante du groupe tient sur son territoire un sommet annuel.

Toutefois, depuis les graves émeutes du sommet de Gênes, en Italie, en 2001, qui s’étaient soldées par la mort d’un manifestant, les organisateurs des sommets du G8 tentent autant que possible de tenir leurs rencontres dans des lieux isolés.

En Écosse, le majestueux hôtel de Gleneagles ne déroge pas à cette règle et c’est tout le périmètre, en plein cœur de la campagne, qui sera sous la haute surveillance de quelque 10 000 policiers venus de toute la Grande-Bretagne.

 

Outre les pays-membres, le Sommet de Gleneagles accueillera aussi les représentants des pays à l’économie émergente que sont l’Inde, la Chine, le Mexique, le Brésil et l’Afrique du Sud. Des délégations du Nigeria, de l’Éthiopie, de la Tanzanie, du Ghana, du Sénégal, de l’Algérie et de l’Afrique du Sud participeront également aux ateliers sur l’Afrique.

 

Hyperliens

Le site officiel du Sommet de Gleneagles

Centre d’information sur le G8 sur le site de l'Université de Toronto.
Comprends notamment des textes d'analyse sur la participation canadienne au G8.


Live 8 : site des organisateurs des concerts qui ont eu lieu dans autant de villes et de pays, le 2 juillet, pour attirer l'attention du monde sur la pauvreté en Afrique.


Site du gouvernement canadien sur le G8


Notre dossier sur le Protocole de Kyoto


Le site du NEPAD, organisme de l’Union africaine destiné à lutter contre la pauvreté en Afrique


 

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