Introduction

  
Protocole de Montréal

  Protocole de Kyoto
  Conférence de La Haye
  Conférence de Bonn
  Écologie politique



  
Qu'est-ce que le
  réchauffement planétaire?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une étude scandinave chiffre le futur marché mondial des permis négociables à quelque 66 milliards de dollars.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Protocole de Kyoto (1997)

Le protocole de Kyoto s'inscrivait dans le prolongement du Sommet de la Terre tenu à Rio de Janeiro, au Brésil, en 1992. En décembre 1997, quelque 160 pays se sont réunis à Kyoto, au Japon, pour discuter des mesures à prendre face au réchauffement planétaire.

 


« L'objectif ultime de la présente Convention [...] est de stabiliser, conformément aux dispositions pertinentes de la Convention, les concentrations de gaz à effet de serre dans l'atmosphère à un niveau qui empêche toute perturbation anthropique dangereuse du système climatique. »
-Article 2 de la Convention de Rio, aussi appelée Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC)

Les négociations sont difficiles, mais les participants s'entendent pour réduire entre 2008 et 2012 les émissions de six gaz à effet de serre de 5,2 % par rapport aux niveaux de 1990. Les trois gaz les plus importants (CO2, CH4 et N2O) sont mesurés par rapport aux niveaux de 1990, tandis que les gaz ayant une durée de vie plus longue (hydrofluocarbures, perfluocarbones et hexafluorures de soufre) le sont par rapport aux niveaux de 1990 ou de 1995. Les États-Unis doivent réduire leurs émissions de 7 %, le Canada, de 6 %, et l'Union européenne, de 8 %. La Chine, deuxième pollueur du monde, obtient une exemption…

L'accord doit entrer en vigueur après ratification par au moins 55 pays dont les émissions combinées représentent 55 % du total des émissions de 1990 par les pays développés.

Le protocole de Kyoto laisse cependant aux pays une certaine marge de manœuvre en ce qui concerne les moyens d'atteindre ces objectifs. C'est pourquoi certaines mesures dérogatoires ont été prévues, notamment :

  • Un mécanisme de développement propre : les pays industrialisés pourront obtenir des crédits d'émissions s'ils financent des projets de réduction d'émissions dans les pays en développement. Par exemple, une aciérie américaine devant réduire de 1000 tonnes ses rejets de carbone d'ici 2012 pourra payer une vielle aciérie indienne ou russe pour effectuer la même réduction, mais à un coût beaucoup moins élevé. Lors de la conférence de La Haye, le Canada a proposé que l'énergie nucléaire soit incluse dans ce mécanisme, car l'électricité produite à partir du nucléaire est une source d'énergie qui produit peu de GES.
  • Un programme d'échange de droits d'émissions : les pays ayant développé une technologie permettant de réduire les émissions pourront vendre un permis, équivalent à cette réduction, aux pays intéressés à se procurer des droits d'émissions supplémentaires. Cette idée de « permis négociables » a été proposée par les Américains en échange de la ratification du protocole.


« Ne soyons pas naïfs, explique Pierre Radanne, président de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie de France. Pour les Américains, les permis négociables représentent beaucoup plus que des économies d'argent. C'est aussi une fantastique opportunité de développer fortement leurs liens commerciaux avec les pays de l'Est. »

Contrairement à la Convention de Rio, le protocole de Kyoto prévoit aussi des sanctions pour les États qui ne respecteraient pas les dispositions de l'accord. Cependant, le texte de l'accord ne précise pas les contraintes qui pourraient être imposées dans ce cas.


Les États-Unis et le protocole de Kyoto

Sous Bill Clinton, les États-Unis se sont engagés à signer le protocole de Kyoto, mais le Sénat s'y est opposé. Avant de ratifier le protocole, le Sénat voulait avoir l'assurance que les engagements de réduction pouvaient être tenus en recourant sans limitation au mécanisme du marché et exigeait que les grands pays en développement comme l'Inde et la Chine s'engagent eux aussi à limiter leurs émissions.

Les Américains appliquent la logique suivante : même s'ils sont les plus grands producteurs d'émissions de gaz à effet de serre du monde (20 tonnes de CO2 par habitant par an, contre 10 tonnes par Allemand et 2,3 tonnes par Chinois), ils font davantage preuve d'efficacité énergétique que les autres. Un Américain est en effet beaucoup moins polluant que son homologue chinois quand on raisonne en tonnes de CO2 par unité de produit national brut (PNB) : selon les statistiques de l'Agence internationale de l'énergie, l'Américain émet 0,77 tonne de CO2 pour 90 dollars de PNB, alors qu'un Chinois en émet 3,54 tonnes pour le même montant. Autrement dit, les Américains font valoir que c'est l'inefficacité énergétique de certains pays qui met en péril l'atmosphère de la Terre, et non leur propre mode de vie.

Puis, l'élection de George W. Bush fait basculer le processus. Le 29 mars 2001, il annonce que les États-Unis ne ratifieront pas le protocole de Kyoto parce qu'il ne va pas dans le sens de leurs intérêts économiques. Le président préfère travailler avec ses alliés à un plan qui exigerait des pays en développement qu'ils se conforment eux aussi à certaines normes environnementales.

Écoutez une entrevue avec Pierre Marc Johnson,
président du Comité consultatif sur les effets environnementaux du commerce

[Point de presse, 8 avril 2001]



Cette décision a provoqué un tollé. Quelques jours plus tard, dix personnalités, dont Jimmy Carter et Mikhaïl Gorbatchev, ex-dirigeants des États-Unis et de l'Union soviétique, appellent le président Bush à revenir sur sa décision. Malgré le retrait des États-Unis, l'Union européenne décide pour sa part de maintenir ses objectifs à l'égard du protocole.



« George W. Bush est très lié aux milieux du pétrole et, comme tel, est persuadé que tout ce qui
est bon pour
le pétrole
est bon pour l'Amérique. »
-
Fabien Gruhier et Gérard PetitJean, Le Nouvel Observateur, 23-29 novembre 2000





Page suivante
Haut de pagePage précédente