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Genèse de Kyoto

Le retrait des États-Unis

Sous la présidence de Bill Clinton, les États-Unis se sont engagés à signer le protocole de Kyoto. Cependant, le Sénat y était opposé car il voulait avoir l'assurance, avant de ratifier le protocole, que les engagements de réduction pouvaient être tenus en recourant sans limitation au mécanisme du marché. De plus, le Sénat exigeait que les grands pays en développement, comme l'Inde et la Chine, s'engagent eux aussi à limiter leurs émissions polluantes.

Les Américains appliquent le raisonnement suivant : même s'ils sont les plus grands producteurs d'émissions de gaz à effet de serre (GES) du monde (20 tonnes de CO2 par habitant par an, contre 10 tonnes par Allemand et 2,3 tonnes par Chinois), ils font davantage preuve d'efficacité énergétique que les autres. Un Américain est en effet beaucoup moins polluant que son homologue chinois quand on raisonne en tonnes de CO2 par unité de produit national brut (PNB) : selon les statistiques de l'Agence internationale de l'énergie, l'Américain émet 0,77 tonne de CO2 pour 90 dollars de PNB, alors qu'un Chinois en émet 3,54 tonnes pour le même montant. Autrement dit, les Américains font valoir que c'est l'inefficacité énergétique de certains pays qui met en péril l'atmosphère de la Terre, et non leur propre mode de vie.

Mais l'élection de George W. Bush à la Maison-Blanche au début de l'année 2001 fait basculer le processus. Le 29 mars 2001, le nouveau président américain annonce que les États-Unis ne ratifieront pas le protocole de Kyoto parce qu'il ne va pas dans le sens de leurs intérêts économiques. Le président républicain préfère travailler avec ses alliés à un plan qui exigerait des pays en développement qu'ils se conforment eux aussi à certaines normes environnementales.

Cette décision provoque un tollé. Quelques jours plus tard, dix personnalités, dont les ex-dirigeants américain et soviétique Jimmy Carter et Mikhaïl Gorbatchev, appellent le président Bush à revenir sur sa décision. De son côté, l'Union européenne décide de maintenir ses objectifs à l'égard du protocole, malgré le retrait des États-Unis.


Le 15 février 2002, George Bush annonce finalement un plan moins contraignant que le protocole de Kyoto pour réduire les gaz à effet de serre. Ce plan a pour objectif de réduire les émissions de GES de 18 % en dix ans. En vertu de ce concept, les États-Unis devraient faire passer leurs GES de 183 à 151 tonnes d'ici 2010.

- Les émissions de dioxyde de souffre seront réduites de 73 % par l'imposition d'un plafond qui les fera passer de 11 millions de tonnes à 4,5 millions de tonnes en 2010 et à 3 millions de tonnes en 2018.

- Les oxydes d'azote seront pour leur part réduits de 5 millions de tonnes à 2,1 millions de tonnes en 2008 et à 1,7 million de tonnes en 2018.

- Quant au mercure, principalement craché par les centrales thermiques, les émissions actuelles de 48 tonnes par an devront être ramenées à 26 tonnes en 2010 et à 15 tonnes en 2018.

Le plan Bush est doté d'un budget de 4,6 milliards de dollars, dont 920 millions sont consacrés au développement des énergies alternatives. Il demeure un programme volontaire : les entreprises inscrivent leurs réductions dans un registre national afin qu'elles leur soient reconnues sous la forme de crédits d'émissions.

Mais le nouvel indice d'intensité des GES mis de l'avant par les États-Unis est fortement contesté. Selon les différents calculs disponibles, ce mode de calcul masquerait en réalité une augmentation de 14 % à 25 % de leurs émissions.

 

« George W. Bush est très lié aux milieux du pétrole et, comme tel, est persuadé que tout ce qui est bon pour
le pétrole est bon pour l'Amérique. »


- Fabien Gruhier et Gérard Petitjean, Le Nouvel Observateur, 23-29 novembre 2000

 

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