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« L'écologie, c'est ce que je mange, c'est comment je m'habille. […] C'est une attitude, une façon d'être », explique dans cette entrevue le responsable de la Campagne climat et énergie de Greenpeace Canada. Steven Guilbault est l'un des deux membres de Greenpeace qui ont escaladé la tour du CN, à Toronto, juste avant l'ouverture de la Conférence de Bonn. Ils y ont déployé une bannière pour protester contre l'attitude de l'administration Bush et du gouvernement canadien en ce qui concerne le dossier des changements climatiques.

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L'écologie politique

Les rapports que la civilisation occidentale entretient avec la nature sont caractérisés par deux courants principaux.

Le premier a pour origine la Révolution française et, avant elle, la philosophie de Descartes selon laquelle il nous faudrait devenir « comme maîtres et possesseurs de la nature ». Dans cette conception rationaliste, la nature vierge évoque le chaos et suscite l'effroi. C'est pourquoi elle doit être maîtrisée, cultivée, « humanisée ». Seule une nature artificielle, où l'harmonie des figures géométriques renvoie à l'idée d'un ordre divin, peut fonder une communauté de droit et de respect mutuel entre les hommes. Les jardins à la française sont l'archétype de cette vision.

Le second courant s'enracine dans le romantisme tel qu'il s'est développé dans l'Allemagne du XIXe siècle et s'inscrit en réaction au premier. Ici, la nature véritable est liée à « l'authenticité originaire dont la civilisation des sciences et des arts, pour parler comme Rousseau, nous a fait perdre le sens ». Autrement dit, le naturel est ce qui n'est pas encore dénaturé par l'homme. Selon ce courant, il faut renouer avec nos origines perdues, quitte à aller contre la civilisation occidentale.

Dans son Essai sur le principe de population, publié en 1789, l'économiste britannique Thomas Malthus soutenait l'idée que la population augmente plus rapidement que la capacité de production agricole et prévoyait que ce déséquilibre conduirait l'humanité vers une crise, les ressources alimentaires ne suffisant plus à répondre à la demande.

La crise annoncée par Malthus ne s'est jamais produite, mais nous avons conservé le terme « malthusianisme » pour exprimer les préoccupations concernant l'équilibre entre la population et la production agricole. L'enseignement de Malthus est que l'humanité doit composer avec les limites naturelles de son environnement et prendre les mesures nécessaires pour assurer son bien-être collectif.

Ce n'est pas un hasard si ce qu'on appelle aujourd'hui l'écologie politique est traversée, pour ainsi dire, des mêmes deux courants. Le premier courant, qui est également le plus répandu, est sans doute moins doctrinaire. L'environnement n'est pas considéré comme doté d'une valeur intrinsèque : les droits de l'homme demeurent premiers par rapport à ceux de la nature. Il s'agit donc d'une conception « humaniste » de la nature. Cette dernière n'a pas de droits; ce sont les humains qui ont des devoirs envers elle et, en dernière instance, envers eux-mêmes.

Le second courant se rattache à ce que le monde anglo-saxon a l'habitude d'appeler « l'écologie profonde » (deep ecology), par opposition à « l'écologie superficielle » (shallow ecology), liée au premier courant. L'écologie profonde invite à un renversement de la perspective anthropocentriste de l'écologie superficielle : l'homme ne se situe pas au sommet de la hiérarchie du vivant, mais s'inscrit au contraire dans l'écosphère comme la partie s'insère dans le tout.

L'écologie profonde exerce une critique radicale de l'humanisme et tout particulièrement de la Déclaration des droits de l'homme, qui fait de celui-ci la source et le destinataire de toutes les valeurs morales et politiques. Afin de bien marquer la rupture avec la tradition libérale qui accorde toujours préséance au développement sur l'environnement, ses principes se présentent comme étant « inhumanistes » ou « suprahumanistes ». Comme le déclarait un jour une représentante de Greenpeace, lorsqu'on s'est engagé dans la mauvaise direction sur une autoroute, il ne sert à rien de ralentir; il faut carrément faire demi-tour !



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