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La population la plus pauvre des Amériques


Haïti est caractérisé par sa pauvreté de masse, surtout dans le nord du pays. En tout, 80 % de la population vit sous le seuil de pauvreté. En 2000, Haïti est classé au 150rang sur 174, selon l'indice de développement humain (IDH) du Programme des Nations unies pour le développement. Il se classe ainsi devant le Rwanda (qui occupe le 162rang), mais derrière l'Afrique du Sud (107rang). Cet indice prend en compte l'espérance de vie, le niveau d'instruction et le produit intérieur brut par habitant des pays. À Port-au-Prince, deux habitants sur trois vivent avec moins de 56 $ par mois.

Des inégalités sociales criantes

Du point de vue de la répartition des richesses, on estime que :
• 4 % de la population possèdent 66 % des ressources du pays;
• 16 % en détiennent 14 %;
• 70 % en possèdent à peine 20 %, les 10 % restants étant totalement démunis.


Des conditions sanitaires désastreuses

D'après l'Unicef, seulement 37 % de la population a accès à l'eau potable. Et le peu de moyens alloués à la prévention des maladies entraîne la propagation de nombreuses maladies infectieuses.

Le pourcentage d'enfants de moins de un an vaccinés en 1998, toujours selon l'Unicef, est de :
• 51 % contre la tuberculose;
• 40 % contre la diphtérie/tétanos/coqueluche;
• 39 % contre la poliomyélite;
• 49 % contre la rougeole.

Photo : Mélanie De Bellefeuille

En conséquence, la poliomyélite a réapparu. Des cas de charbon, de méningite et de tuberculose ont été enregistrés. Le paludisme et l'anémie sont légion. La forte mortalité infantile (111 pour 1000 naissances) s'explique aussi par les nombreuses diarrhées et infections de l'appareil respiratoire, en partie causées par la mauvaise qualité de l'eau. Enfin, le sida a connu une très forte progression. La prévalence du VIH/sida est estimée à 7 % à l'échelle nationale. Les estimations vont jusqu'à 11 % pour les zones urbaines.

Jusqu'en 1990, la population a perçu les bénéfices de l'aide internationale, qui a été coupée en 1991 après le renversement du président Aristide. La suspension de l'aide internationale et de prêts ces dernières années a contribué à la détérioration des conditions de vie des Haïtiens. Ils représentent une somme de 12 milliards de dollars (dont 4,5 de la part de l'Union européenne), promise lors du rétablissement du président Aristide en 1994. Cet argent est principalement destiné au développement du pays. Mais les irrégularités enregistrées lors des élections législatives et présidentielles en 2000 ont conduit, de nouveau, à leur gel.

L'espoir d'une vie meilleure… ailleurs

Tous ces facteurs, ajoutés aux problèmes politiques, poussent une partie de la population à fuir le pays. Entre 1 et 2 millions d'Haïtiens vivraient à l'étranger, en majorité aux États-Unis (surtout en Floride) et au Canada. Ils s'embarquent souvent sur des bateaux de fortune et n'hésitent pas à se jeter à la mer lorsque les garde-côtes américains interceptent le navire, au risque de se noyer. La plupart du temps, ils sont renvoyés dans leur pays. La communauté haïtienne de Floride se mobilise : elle souhaite faire accepter au gouvernement américain un alignement de sa politique envers les réfugiés haïtiens sur celle réservée aux Cubains. En effet, dès qu'un ressortissant cubain atteint la côte américaine, il est automatiquement accueilli comme réfugié politique.